White Cube

Un article de Nezumi.

White Cube désigne d'abord un concept de mode d'accrochage de l'art contemporain. La galerie White Cube est une galerie britannique fondée sur ce concept.

Le concept White Cube

En 1976, l’essayiste et artiste américain Brian O’Doherty a écrit pour le compte du magazine Artforum une série d’essais regroupés sous le titre White Cube : Ideology of the gallery space. Il y identifie le « cube blanc », pôle complémentaire de l’œuvre moderniste comme un « espace sans ombre, blanc, propre, artificiel, dédié à la technologie de l’esthétique ». Ces essais ont consacré le white cube ; tant que le concept est devenu un véritable topique du monde de l’art — ce que l’architecte Rem Koolhaas désigne comme « architectural inevitability ».

Cependant, le contexte du White cube a connu des révolutions depuis les années 1970 et son paradigme a profondément muté. Les médias exposés ont considérablement augmenté et se sont dématérialisés, art vidéo, art numérique, performances, etc. Parallèlement, la recherche artistique a suivi son cours et le postmodernisme est devenu norme. La révolution numérique et l’Internet 2.0 ont modifié notre rapport à l’œuvre et questionné le commissariat d’exposition, aujourd’hui considéré comme acte artistique à part entière. Enfin, le modèle économique attaché au réseau des galeries d’art s’est transformé : les flots de liquidités des années 1980 et 1990 ont consacré le collectionneur et le marché comme nouvelles figures prescriptrices, au détriment de la critique , et les modes d’acquisition ont évolué au profit des foires, qui se multiplient vertigineusement. Enfin, le marché a achevé son mouvement de globalisation, soumettant les galeries à une concurrence internationale toujours plus forte.

Le déploiement du cube blanc, dans sa pureté originelle et intemporelle, est l’un des triomphes du modernisme : un déploiement tout à la fois commercial, esthétique et technologique : le white cube jouit ainsi d’une légitimité impétueuse. Sa pertinence provient de son essence même, issue du long processus d’autodéfinition de l’art moderne. La galerie d’art comme cube blanc est un espace indétrônable afin de présenter l’art.

Cependant, le cœur des démonstrations de Brian O’Doherty n’embrasse pas la légitimité historique du white cube, mais sa paradoxale non-neutralité. Pour lui, le white cube n’est pas un espace neutre, mais une construction historique. Un lieu qui efface le contexte extérieur, dont le contexte devient le contenu, dont le contenu, l’art, est sacralisé. En son sein, le white cube abstrait le visiteur de toutes manifestations extérieures et pose l’art comme objet sacré. Ainsi, l’objet devient « Art » parce qu’il est admis dans sa structure. Le white cube crée une claire dichotomie entre ce qu’il accepte d’intégrer en son sein, et d’adouber en tant qu’art, et ce qui reste à sa porte.

La galerie White Cube

Le White Cube est une galerie d'art contemporain détenue par Jay Jopling. Le site historique de Duke Street à Londres a été inauguré en 1993 et a fermé en 2002, suivi par Hoxton Square dans East End de 2000 à fin 2012. Le siège actuel se trouve à Londres (Mason's Yard dans le centre) depuis 2006. L'autre site londonien est à Bermondsey dans le Sud-Est, depuis 2006; des succursales existent à Hong Kong (50 Connaught Road, ouvert début 2012) et une à São Paulo (ouvert en 2012).

La galerie est devenue célèbre en assurant la promotion des artistes comme Damien Hirst, Tracey Emin ou Marc Quinn.

Site de la galerie

Artistes représentés:

Vues

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White Cube Mason's Yard
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White Cube Bermondsey, intérieur

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