Walter De Maria

Un article de Nezumi.

Walter De Maria, plasticien contemporain américain né le 1er octobre 1935 à Albany en Californie et mort le 25 juillet 2013 à New York.

Biographie et œuvre

Walter De Maria est diplômé en 1957 de l’université de Californie à Berkeley, où il obtient son M.F.A. en peinture deux ans plus tard. Avec son ami le compositeur La Monte Young, il participe à des happenings ainsi qu'à des productions théâtrales dans la région de San Francisco.

En 1960 il s’installe à New York où il écrit des essais sur l’art, lesquels seront publiés par La Monte Young et Jackson McLow dans An Anthology of Chance Operations. Il continue à prendre part à des happenings. En 1961 il fait ses premières sculptures de boîtes en bois. En 1963, De Maria et Robert Whitman ouvrent la 9 Great Jones Street Gallery à New York. La même année la première exposition solo de sculptures de De Maria y est présentée. La même année il travaille avec le batteur du groupe de rock emblématique de l’époque, The Velvet Underground, alors mené par Lou Reed. Il continue la sculpture sur bois, commence ses « invisible drawings » (littéralement les « dessins/schémas invisibles ») et compose de la musique. Avec l’aide du collectionneur Robert C. Scull, il commence la création de pièces en métal en 1965.

Ces œuvres en métal (aluminium) les plus connues sont les suivantes :

  • Museum Piece (1966) représente la Swaztika.
  • Cross. (1965-66) représente la croix chrétienne.
  • Star (1972) représente l'étoile du judaïsme.

Ces œuvres ont été conçues séparément mais sont maintenant réunies au musée Guggenheim. L’idée de ces œuvres était de détourner les trois symboles de leur signification originelle. Par le simple fait de les exposer dans un musée, il les réduisait à de simples œuvres visuelles sans aucune autre connotation.

En 1968, De Maria s'impose comme l'une des figures majeures du Land Art en remplissant de terre le sol de la galerie Heiner Friedrich à Munich. La même année il conçoit Mile Long Drawing dans le Désert des Mojaves, une œuvre qui fait écho à Walls in the Desert, projet non réalisé, dessiné entre 1961 et 1963, qui consistait en la construction de deux murs parallèles longs d’un mile chacun dans le Sahara. En 1972, l'artiste fait l'objet d'une importante exposition au Kunstmuseum de Bâle.

Il continue tout au long des années 1970 à étudier ou à réaliser des œuvres de plus en plus à l'échelle du grand paysage, voire de la planète comme en témoigne son Three Continent Project, une sculpture commencée en 1969 qui devait prendre la forme d'une gigantesque croix à cheval sur l'Inde, l'Afrique, et les États-Unis.

De Maria commence à travailler sur son célèbre The Lightning Field en 1969. Cette œuvre est achevée finalement en 1977 à Quemado, au Nouveau-Mexique, à 2 200 m d'altitude, au milieu d'un plateau désert. L'œuvre consiste en 400 poteaux en acier inoxydable de 2 pouces de diamètre (5 cm), plantés selon une grille rectangulaire de 1 mille de long (1,609 km) sur 1 km de large, chaque poteau étant distant du précédent de 220 pieds (67 m). Comme le terrain ondule légèrement, la hauteur des poteaux est variable : le plus court mesure 15 pieds (4,57 m, le plus long 26 pieds 9 pouces (8,15 m) ; l'ensemble des sommets des poteaux forment ainsi un même plan. Chaque poteau se termine par une pointe et est fixé dans un socle en béton de 90 cm de hauteur et 30 cm de diamètre, enterré à 30 cm sous la surface. Les poteaux sont conçus pour résister à des vents atteignant 180 km/h. Le visiteur est contraint de séjourner 24 heures afin de faire l'expérience du site. L’œuvre a été implantée à proximité de la Log Cabin, une cabane en rondins construite dans les années 1930 permettant d'accueillir un groupe de 6 personnes et dans laquelle se trouve le minimum vital, ainsi qu'un descriptif précis de la construction de l’œuvre. Selon l'artiste, la zone est propice aux orages, ce dont témoignent les photographies spectaculaires qu'il a fait réaliser sur place. The Lightning Field est géré par la DIA Art Foundation de New York, seule institution habilitée à délivrer les billets d'entrée.

Dans les années 1960 et 1970, De Maria crée des œuvres urbaines, dont The Vertical Earth Kilometer (1977), The New York Earth Room (1977) et The Broken Kilometer (1979).

En 1989, De Maria est lauréat d'un appel à projet international pour la réalisation d'une sculpture dans la cour d'honneur du Palais Bourbon, commandée à l'occasion du bicentenaire de la Révolution française. Cette œuvre se compose de plusieurs parties : une boule de granit gris massif de Bretagne posée sur un piédestal en calcaire classique, sur lequel sont inscrites les dates 1789 et 1989 et à l'intérieur duquel est placé un cœur doré de la taille d'une main ; un parterre engazonné de forme circulaire mettant en scène ce dispositif ; et une table de lecture en calcaire, installée en demi-cercle autour du parterre, sur laquelle ont été fixées onze plaques de bronze rectangulaires reprenant le préambule de la Déclaration des Droits de l'Homme.

Il réalise en 2000 une œuvre pour la fondation Benesse à Naoshima (Japon) Seen/Unseen Known/Unknown, formée de 2 sphères de granit poli.

En 2001, Walter De Maria est le premier lauréat du Prix Haftmann, décerné par la Fondation Roswitha Haftmann, une fondation suisse, à un « artiste vivant ayant produit une œuvre de première importance. »

Galerie

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The Lightning Field
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The 2000 Sculpture, LACMA
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Dans l'île de Naoshima, Seen/Unseen Known/Unknown

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