Vivement demain

Un article de Nezumi.

Vivement demain est le 5e parcours des collections permanentes du Musée d'art contemporain du Val-de-Marne, présenté en 2012 et 2013.

Propos

Cet accrochage de la collection du MAC/VAL, orchestré par Alexia Fabre, Conservateur en chef, mise sur la couleur et les toutes nouvelles acquisitions du musée, ainsi que sur deux invitations lancées à Annette Messager et Kader Attia. Au travers des propositions d’une cinquantaine d’artistes, c’est une incantation à l’avenir qui est ici proposée.

Sous le titre de « Vivement demain », l’exposition peut se lire au travers de quatre axes :

  • L’univers dans lequel nous vivons, qui fait surgir la marge pour exister, s’inventer ; avec des pièces de Valérie Jouve, Anri Sala, Thierry Fontaine.
  • Les utopies, urbaines ou politiques, avec des œuvres d’Alain Bublex, Kader Attia
  • La question de l’enfance et ce qu’elle suscite comme espoirs en l’avenir, illustrée par Sarkis, Françoise Pétrovitch, Anri Sala.
  • Celle de la Nature avec notamment l’œuvre de Pierre Huyghe, Streamside Day, qui cristallise ce Parcours #5 en questionnant le vivre ensemble et les liens sur lesquels on bâtit une communauté : de quoi nourrir nos interrogations sur le devenir de notre société !

Selon que l’on soit de nature optimiste ou plus enclin au désenchantement, chacun pourra mettre dans ce « Vivement demain » la tonalité qui lui chante, selon son humeur.

Édito d'Alexia Fabre, Conservateur en chef

Échafauder des hypothèses, tirer des plans sur la comète, construire des châteaux en Espagne, se projeter dans le futur, penser à demain, espérer… Voilà qui est l’inévitable nature de l’homme, tel est son destin. Vivre dans le présent, parfois ne pas s’en satisfaire et espérer mieux.

C’est cette projection vers de plus beaux lendemains que racontent les oeuvres aujourd’hui montrées dans ce cinquième Parcours dans la collection départementale, des oeuvres rassemblées de façon thématique, pour mieux résonner avec le présent. Aujourd’hui, il est donc question de demain et de ce pouvoir d’anticipation qui est le propre de l’homme. N’est-il pas aussi ce pouvoir visionnaire que nous attribuons souvent aux artistes ? Ceux-ci appartiennent-ils à cette race à part des pythies, voyants et autres prophètes ? En interprétant ou décryptant sur les modes poétiques, personnels et métaphoriques le monde, l’artiste porte-t-il en lui la prémonition des temps à venir ? Sa clairvoyance fait-elle de lui le messie de nos sociétés ?

Sans pouvoir ni vouloir apporter de réponse, nous posons ici la question, à laquelle seul le temps à venir pourra répondre. Les œuvres de ce cinquième Parcours traversent l’histoire de la collection du musée. Celles « anciennement » acquises (depuis 1982), telles les œuvres de Marino Di Teana, de Raymond Hains ou de Jacques Villeglé, racontent cette histoire, du Fonds départemental d’art contemporain au musée.

D’autres sont elles aussi des connaissances du public, rassemblées il y a quelques années, comme celles de Delphine Coindet, Claude Lévêque, Shilpa Gupta… Enfin, ce Parcours comprend de très récentes acquisitions, comme L’Arbre et le Lierre de Pierre Malphettes ou le Paramour de Jean-Luc Verna, produit à l’invitation du MAC/VAL pour l’exposition « Let’s Dance » en 2010, célébrant les cinq ans du musée.

Nombreuses sont par ailleurs les œuvres issues des programmes de résidence du musée. Si la collection est en effet consacrée à l’art contemporain en France, nous tentons de l’enrichir en invitant régulièrement des artistes étrangers à venir travailler et produire des œuvres sur notre sol. Ces œuvres sont autant de nouveaux regards sur notre territoire, celui d’implantation et d’existence du musée, mais aussi, de façon plus large, sur l’approche de la ville, de la périphérie, sur des espaces en mouvement et en métamorphose.

L’avenir est ici au cœur des œuvres qui regardent résolument, et en couleur cette fois-ci, vers demain. Mais hier n’est jamais lointain, surtout dans un musée, carrefour des temps plus anciens et du présent pour lequel il est missionné. Les œuvres sont donc réunies autour de quelques grandes thématiques qui proposent un récit de ce futur qui nous attend : sont ainsi envisagés l’espace imaginaire qui subsiste pour s’inventer dans un présent qui résiste, le devenir de la nature… et le nôtre, les utopies passées et leurs promesses non tenues, politiques, urbanistiques, et celles à venir.

La naissance et l’enfance symbolisent la projection de soi, une utopie, un espoir fervent et irraisonné en l’avenir. Cris, chansons, murmures et silence traversent ces images qui explorent les possibles, un avenir à prendre ou à subir. La question du choix est souvent en jeu : « Should I stay or should I go ? » chantait The Clash, cité dans la vidéo Le Clash d’Anri Sala. Quelle phrase pourrait mieux traduire cet état d’incertitude face auquel le monde nous place tant ? Quand on a encore le choix…

Chaque œuvre devient donc une hypothèse du futur, optimiste ou inquiète, réaliste, fébrile ou désenchantée, autant de façons d’être au monde. C’est le sens de l’invitation qui a été faite à Annette Messager et à Kader Attia de proposer pour la collection et pour cet accrochage qui en révèle l’essence, une œuvre nouvelle, résolument chargée de ce souhait ou de cette inquiétude pour demain.

Les artistes présentés

Galerie

Richard Fauguet, fumisterie, 2011

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Cécile Paris Le bel été, vidéo 2010

Thierry Fontaine : Cocos-peinture, le fabricant de rêves, 2008

Valérie Jouve, Jerusalem, 2009

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