Villages historiques de Shirakawa-gô et Gokayama

Un article de Nezumi.

Les villages historiques de Shirakawa-gô et Gokayama sont inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1995

Shirakawa-gō (白川郷, le village de la rivière blanche) dans la Préfecture de Gifu et le village de Gokayama (五箇山, la montagne aux 5 parties) dans la Préfecture de Toyama sont des villages situés dans le centre du Japon, région du Chûbu, au nord de la ville de Nagoya.

Description

Ces villages sont surtout connus pour leurs maisons typiques de style architectural appelé gasshō-zukuri (合掌造り, lit. construction aux paumes des mains jointes) qui désigne les maisons au toit très pentu afin de supporter les chutes de neige très abondantes de cette région montagneuse. En effet, les montagnes et les forêts occupent 96 % du territoire dans les régions de Shirakawa et Gokayama, laissant 4 % de territoire pour les terres cultivées.

La partie centrale du village d'Ogimachi se trouve sur un plateau en terrasses à l'est du cours de la Sho. La plupart des maisons se trouvent sur des lots individuels séparés par des parcelles de terre cultivées, selon l'utilisation traditionnelle du terrain. Sur les pentes, vers la base de la montagne, les maisons se trouvent sur des terrasses contenues par des murs de soutènement construits en pierre. Les limites sont marquées par des rues, des canaux d'irrigation ou des parcelles cultivées, sans murs ni haies, et créent ainsi un paysage ouvert ; beaucoup de lots sont occupés par des annexes, entrepôts aux parois de bois, abris pour sécher les grains, qui se trouvaient loin des maisons d'habitation pour minimiser les risques d'incendie. Les lots des maisons sont entourés par des champs de riz irrigués et par des cultures potagères, également sous forme de petites parcelles aux formes irrégulières.

Le groupe d'édifices historiques classé se compose de 117 maisons et de 7 autres structures. Six d'entre elles, pour la plupart construites au cours du XIXe , sont dans le style gassho  ; elles se disposent parallèlement à la rive de la Sho, créant ainsi un paysage aussi harmonieux qu'impressionnant. Sept maisons ont des structures à poteaux et poutres avec une toiture à chevrons ; construites au XXe siècle, elles présentent une ressemblance générale avec le style gassho . Le village possède deux temples bouddhiques, le Myozen-ji et le Honkaku-ji. La divinité tutélaire du village se trouve dans le sanctuaire shinto, le Hachiman Jinja, construit à la base de la montagne, au milieu d'une forêt de cèdres.

Le village d'Ainokura se trouve également sur un plateau en terrasses, au-dessus du cours de la Sho. Son plan s'organise à partir de l'ancienne route principale. Les maisons et les lots de terrain sont semblables à ceux d'Ogimachi. Le groupe d'édifices historiques inclut 20 maisons de style gassho , dont la plupart présentent un plan carré, subdivisé en quatre pièces. La divinité tutélaire du village se trouve dans le sanctuaire shinto de Jinushi Jinja, et son centre bouddhique est le temple de Shonen-ji, de la secte Jôdo Shinshu.

Le village de Suganuma est comparable à ceux d'Ogimachi et d'Ainokura, et occupe une terrasse dominant le cours de la Sho, mais il est beaucoup plus petit, avec seulement 8 maisonnées et une population de 40 personnes. Le village conserve 9 maisons de style gassho , dont la plus récente n'a été construite qu'en 1929. Elles ressemblent à celles d'Ainokura plus qu'à celles d'Ogimachi.

Histoire

Au 7ème siècle de notre ère, la région de Shirakawa-go et de Gokayama fut ouverte comme lieu d'ascèse et de prière, centré sur le mont Hakusan, à un ordre qui associait les croyances pré-bouddhiques antiques et le bouddhisme ésotérique. A la fin du 13ème siècle, cet ordre passa sous l'influence de la puissante secte ésotérique Tendai qui fut à son tour remplacée par la secte Jodo Shinshu qui reste encore aujourd'hui très influente dans cette région. Ses enseignements jouèrent un rôle important dans l'évolution de la structure sociale de la région, organisée selon le système kumi de coopération mutuelle entre familles voisines.

Les plus anciens documents écrits confirment le nom de Shirakawa-go comme étant celui de la région dès le milieu du 12ème siècle. Gokayama, quant à lui n'apparaît qu'au début du 16ème siècle. Le nom du village d'Ogimachi apparaît dans des documents de la fin du 15ème siècle, celui d'Ainokura au milieu du 16ème siècle et celui de suganuma au début du 17ème siècle. Shirakawa-go faisait partie du territoire du clan Takayama au commencement de la période Edo mais à partir de la fin du 17ème siècle, et jusqu'à la restauration Meiji en 1868, elle fut sous le contrôle direct du gouvernement militaire d'Edo Bakufu. Gokayama était sous l'autorité du clan Kanazawa tout au long de la période Edo.

En raison du relief montagneux, la culture traditionnelle japonaise du riz n'était pas très productive dans cette région, ce qui explique que les paysans se soient tournés vers d'autres cultures céréalières telles le sarrasin et le millet qui acceptent des champs plus petits. Malgré ces difficultés, les récoltes étaient très légèrement excédentaires. Les quelques produits commercialisa blés de la région étaient le papier japonais (washi) fait de fibres de mûrier, arbre que l'on rencontre dans la région, le nitrate de calcium pour la fabrication de poudre à canon et les produits de base de la sériciculture, vers à soie et fil à soie brut.

La production de papier se poursuivit tout au long de la période Edo mais déclina quand les procédés de fabrication occidentaux apparurent au 19ème siècle. La production de nitrate qui avait commencé au milieu du 17ème siècle disparut avec l'arrivée au 19ème siècle au salpêtre européen très peu coûteux. L'industrie de la soie survécut plus longtemps, au 17ème siècle jusque dans les années 1970. Le besoin de grands espaces pour l'élevage des vers à soie et le stockage des feuilles de mûrier eurent une incidence très forte sur la multiplication des maisons de type gassno.

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