The Soul Trembles
Un article de Nezumi.
The Soul Trembles (Les Frémissements de l’âme) exposition personnelle de Chiharu Shiota, réalisée en 2024, au Grand Palais
Propos
Organisée par la RMN (Réunion des Musées nationaux en collaboration avec le Musée d'art contemporain Mori de Tokyo. Ce musée a créé cette rétrospective en 2019, qui mettait en scène 20 ans de la carrière de Chiharu Shiota. Après avoir été présentée dans le monde (Asie, Australie), ce projet est adapté au Grand Palais. Il s’agit de la première monographie consacrée en France à cette artiste contemporaine. L’exposition qui retrace son parcours, comprend des installations monumentales spectaculaires, des sculptures, une maquette de projet de scène, des photographies, des dessins, des vidéos de performance et des documents d’archives.
Déclarations de Chiharu Shiota
Lorsque j'étudiais la peinture, je me sentais bloquée. J'avais l'impression que tout ce que je créais avait déjà été fait. Il n'y avait pas d'émotion, c'était juste de la couleur sur une toile. Lorsque j'étudiais en Allemagne, j'aspirais à avoir mon propre espace. J'avais déménagé 9 fois en l'espace de 3 ans et il m'arrivait de ne plus savoir où j'étais en me réveillant le matin. J'ai pris du fil que j'avais dans ma chambre et j'ai commencé à tisser une toile autour de mon corps et de mon lit. J'avais l'impression de dessiner dans ma chambre. J'ai créé une peinture en trois dimensions et, en même temps, c'est un miroir de mes sentiments. Avec le fil, j'ai enfin trouvé mon matériau.
Au début j'utilisai mon corps physique, mais je l'ai remplacé par les objets du quotidien que je collectionne. Mon art s'inspire toujours de ma vie personnelle et de mes expériences, mais je veux étendre ces sentiments à quelque chose d'universel. C'est le thème de mon travail, l'existence dans l'absence. Je crois que les objets qui nous entourent accumulent notre mémoire et donc notre existence.
Tout mon travail est axé sur la connexion et l'émotion. J'ai recommencé à dessiner après le diagnostic de mon cancer en 2005. Auparavant, j'avais l'impression que la peinture n'était qu'une question de technique, mais après mon diagnostic, j'ai voulu peindre mes sentiments. C'est comme si je tenais un journal, je dessine tous les jours.
Les installations de fils sont généralement jetées après l'exposition, elles n'existent que dans la mémoire des spectateurs. Lorsque le cancer est réapparu, j'ai pensé à mon corps et à ce qui resterait lorsqu’il ne serait plus là. C'est pourquoi j'ai voulu travailler avec des matériaux qui resteraient après ma disparition physique. Les objets en verre ressemblent à des organes enveloppés dans du fil de fer. Le fil limite le verre et en même temps lui donne une nouvelle forme. C'est une incarnation du stress physique que mon corps a subi pendant ma chimiothérapie.
Je pense qu'il existe des similitudes entre mon travail et les scénographies. On y trouve les mêmes thématiques sur la vie et la mort et tout ce qui se trouve entre les deux. Les opéras et les pièces incluent les mêmes aspects de la vie tels que l'amour, le destin, la tragédie, l'espoir et la mort. Cependant, je dois travailler avec les interprètes, les chorégraphes ou les metteurs en scène et c'est souvent difficile. L'opéra comporte de nombreux aspects différents et chacun a son rôle à jouer, mais je trouve très intéressant d’œuvrer ensemble à un objectif commun, de créer quelque chose ensemble.
Galerie
Peinture, 1992 |
Devenir Peinture, 1994 |
Memory of skin, 2001 |
State of Beeing, 2008 |
After the dream, 2010 |
Wall, Vidéo, 2010 |
Essayer de rentrer chez soi, performance 1997 Performance , 2001 Inside, Outside , 2009 |
Accumulation, Black and White , 1994 Out of my Body , 2019 |
Décors d'opéra
Matsukaze, Théâtre royal de la Monnaie, Bruxelles, 2011 |
Le Crépuscule des Dieux, 2018 |
Where are we going, 2017 |
Reflexion of Space and Time, 2018 |
Connecting Small Memories, 2019 |
Accumulation, Searching for the Destination, 2016 |



