Tôhoku

Un article de Nezumi.

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La région de Tôhoku (東北地方, Tôhoku-chihô) est une région du Japon. Tôhoku signifie nord-est en japonais ; cette région couvre le nord-est de l'île de Honshû

Présentation

La région de Tôhoku est assez montagneuse, étant traversée du nord au sud des massifs en amande de la chaîne des monts Ôu. Elle culmine au mont Iwate (2 038 m), dans la préfecture du même nom et au nord-ouest de la ville de Morioka. On peut également citer les monts Hakkoda (1 585 m au mont Ôdake), le volcan Zaô (1 841 m, frontière entre les préfectures de Yamagata et Miyagi) et le mont Azuma (1 705 m, aussi appelé Kofuji ou « petit Fuji »).

Ces montagnes sont entrecoupées de trois bassins effondrés formant des vallées d'axe nord-sud, souvent coupées de l'océan par le relief et ordonnées en un réseau de cols bas, où se concentrent l'essentiel de la population. Les côtes sont généralement rocheuses et très découpées, ayant empêché sur une large partie du littoral l'installation du port. Les habitants de cette région se sont donc répartis d'une façon originale par rapport au reste du Japon, avec une importance de l'intérieur, et donc une dépendance historiquement aux transports terrestres plutôt que maritimes et à l'agriculture plutôt qu'à la pêche.

Le climat y est relativement rude, très enneigé et brumeux. Le versant occidental connaît des hivers très froids et un été court mais chaud et étouffant. Le versant oriental subit plus nettement l'influence océanique du Pacifique, et connaît donc des précipitations plus importantes. L'intérieur est plutôt de type continental et est plus sec.

L'économie de la région repose principalement, et traditionnellement, sur l'agriculture, le Tôhoku ayant longtemps eu une réputation de « grenier du Japon » : la région a historiquement fourni les marchés de Tôkyô-Yokohama et de Sendai en riz et en autres produits agricoles. La riziculture est dominante dans les plaines de l'intérieur. À l'heure actuelle, la région de Tôhoku procure 20 % de la production nationale de riz, bien que le climat, plus rude que dans d'autres régions de production, ne permette qu'une récolte annuelle.

Dans le Nord, les arbres fruitiers prévalent avec surtout les pommes Fuji et Mutsu d'Aomori (exportées dans tout l'Extrême-Orient, la ville de Hirosaki servant de centre pour le commerce de la pomme au Japon), mais aussi du raisin et des cerises. Le tabac est également produit en culture industrielle. Une des spécificités de la région consiste en l'emploi ancien des chevaux, élevés déjà à l'époque de Heian.

La pêche est surtout développée autour des villes de Hachinohe, Aomori, Misawa dans la préfecture d'Aomori.

Autre activité traditionnelle très développée, l'artisanat, et les spécificités de la production locale, fut favorisé par l'isolement de la région. Il est fondé sur l'utilisation de la paille de riz (sandales, sacs, nattes), du bois (jouets, poupées, objets laqués), du métal (bouilloires en fonte). Morioka a acquis une réputation mondiale pour ses productions artisanales, notamment la fonte traditionnelle depuis le XVIe siècle (le Nambu Tekki 南部鉄器) et les célèbres théières en fonte de Morioka, mais aussi ses activités de tissage et de teintures , ses laques Hidehira-nuri (秀衡漆) et ses poupées en bois Kokeshi (小芥子).

L'industrie, assez limitée, a bénéficié de la présence du plus grand champ pétrolier du Japon (celui d’Akita Yuden, dans la plaine et la préfecture du même nom, produisant 50 000 barils par an soit 20 % de la production totale du pays). Les foyers industriels sont très dispersés et spécialisés : métallurgie à Kamaishi (Iwate), les industries chimiques à Hachinohe (Aomori) et pétrochimiques à Akita ainsi que d'autres industries lourdes, dont le développement remonte principalement aux années 1960. La préfecture de Fukushima a bénéficié de la proximité du Kantô pour développer une industrie plus diversifiée.

Préfectures

Le Tôhoku compte 6 préfectures:

Préfecture Chef lieu Population Superficie (km²)
Akita     秋田県 Akita      1 100 000 11 612
Aomori     青森県 Aomori     1 385 000 9 600
Fukushima     福島県 Fukushima 2 040 000 13 780
Iwate     岩手県 Morioka 1 343 000 15 280
Miyagi     宮城県 Sendai 2 350 000 7 285
Yamagata     山形県 Yamagata 1 180 000 9 323

Histoire

Le Tôhoku est la dernière région de Honshû à avoir été peuplée par la population japonaise (qu'à partir d'une période comprise entre les VIIe et IXe siècles, soit bien après l'établissement de la civilisation japonaise dans le centre et le sud-ouest du Japon), et l'avant-dernière du Japon avant Hokkaidô. Avec cette dernière, elle est la seule à disposer d'une communauté Aïnou, certainement présente dans la région depuis plus longtemps.

Après que le pouvoir japonais a commencé à y étendre son influence au VIIe siècle, il y crée la province de Mutsu en 712 (correspondant à la partie sud-est de la région actuelle) et celle occidentale est rattaché à la jusque là minuscule province de Dewa (créée en 708 à partir de la limite nord de la province d'Echigo). Ces deux provinces vont ensuite s'étendre tout au long des VIIIe et IXe siècles jusqu'à l'extrémité nord de Honshû pour couvrir l'actuel territoire de la région, notamment grâce aux conquêtes sur les Emishi de Sakanoue no Tamuramaro.

À la fin de l'époque de Heian, surtout aux XIe et XIIe siècles, la région est sous la domination du clan des Ôshû Fujiwara. Leur capitale, Hiraizumi dans l'actuelle préfecture d'Iwate, à l'origine simple fortin, devient au XIIe siècle une cité florissante après avoir fait venir de nombreux artisans de Kyôto, avec qui elle rivalisait en splendeur et sophistication. Ils dirigeaient un royaume quasi-indépendant qui tirait sa richesse du minage de l'or, du commerce de chevaux et de leur situation d'intermédiaires dans le commerce de produits de luxe importés d'Asie continentale et des communautés Emishi-Aïnous. Ils sont néanmoins vaincus et la région conquise en 1189 par le shogun Minamoto no Yoritomo, fondateur du premier bakufu (ou gouvernement militaire des shoguns), le « Shogunat de Kamakura », faisant entrer le Japon dans son « ère féodale ».

Plusieurs clans se partagent la région par la suite. Le clan Uesugi, propriétaire de la province voisine d'Echigo, à Wakamatsu (dans l'actuelle préfecture de Fukushima, au sud-ouest de la province), le clan Date, qui va s'étendre sur un vaste territoire comprenant plus ou moins les actuelles préfectures de Fukushima et de Miyagi, le clan Nambu est installé dans la région depuis le XIVe siècle, et domine une grande partie des actuelles préfectures d'Iwate et d'Aomori à partir de leur place-forte de Morioka, le clan Oura, branche cadette du clan Nambu, le clan Mogami reçoit un vaste domaine dans ce qui correspond essentiellement à l'actuelle préfecture de Yamagata, également les clans Sakai et Akita.

En 1868, au début de l'ère Meiji, la province de Mutsu est réorganisée en cinq nouvelles provinces (du sud au nord : Iwashiro, Iwaki, Rikuzen, Rikuchû et Mutsu) et celle de Dewa en deux (Uzen au sud et Ugo au nord). Après l'abolition du système des fiefs en 1871, les sept provinces deviennent les actuelles préfectures de la région.

Le 11 mars 2011, la région est frappée par un séisme dévastateur, de magnitude de 9,0 dont l'épicentre se situe au large des côtes est face à la ville de Sendaï. Il est probablement le plus violent de l'histoire du Japon, et l'un des plus puissants séismes meurtriers jamais enregistré sur la planète depuis 1900. Il est suivi d'un tsunami encore plus meurtrier et de la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daishi.

Voir Séisme et tsunami en 2011 au Tôhoku

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