Sutra du Lotus

Un article de Nezumi.

(Redirigé depuis Sutra du lotus)

Le Sûtra du Lotus ou plus complètement le Sûtra du Lotus de la merveilleuse loi, en japonais Myôhôrengekyô, est, par excellence, le grand texte bouddhiste de l'Extrême-Orient. Il doit sa fortune à la superbe traduction en chinois de Kumârajîva composée en l'an 406 de notre ère ainsi qu'à son style particulier où abondent paraboles et histoires merveilleuses. L'ouvrage, qui relève de la littérature du Grand Véhicule, expose, entre autres, la doctrine du "Véhicule unique". En Chine, l'école Tientai, encore dénommée École du Lotus, fondée par Zhiyi (538-597) en fit son texte fondateur le considérant comme l'enseignement ultime du Bouddha.

Au Japon, Dôgen (1200-1253), fondateur de l'école Zen Sôtô avait une dévotion infinie pour ce texte. Il est également reconnu par les écoles Shingon et Tendai, le versant japonais de l'école Tientai.

Dans l'école Zen japonaise, on privilégie plus particulièrement deux chapitres, le seizième, "La longévité de l'Ainsi-Venu" et le vingt-cinquième, "La porte universelle du bodhisattva Qui Considère les voix du Monde", en japonais Nyorai juryôhon et Kanzeon bosatsu fumonhon.

Le but de Shakyamuni était de permettre à tous les êtres humains, sans distinction, d'atteindre la boddhéité. La vérité que tous les êtres humains ont la capacité d'atteindre la boddhéité n'a été révélé que dans le Sûtra du Lotus.

Du 1° au 14 chapitre, il révèle l'enseignement théorique, dont le 2° chapitre, Hoben, est le plus important. Shakyamuni le commence par ces mots : « La sagesse de tous les Bouddhas est infiniment profonde et incommensurable ». Puis, il présente les Dix Aspects et le remplacement des Trois Véhicules par le Véhicule unique. Il révèle pour la première fois que tout le monde a la possibilité d'atteindre la boddhéité.

Du 15° au 28°, c'est l'enseignement essentiel, dont le 16° chapitre, Juryo, est le plus important. Shakyamuni y révèle qu'il a atteint la boddhéité dans un passé très lointain et que depuis il a enseigné la Loi à d'innombrables personnes. Grâce à sa propre expérience, il révèle l'état de bouddha inhérent à toute vie. La loi que suivit Shakyamuni pour parvenir à la boddhéité n'est autre que Nam Myoho Renge Kyo.

Le vingt-cinquième chapitre consacré à Avalokiteshvara est le plus célèbre des chapitres bien qu'il soit à l'évidence un ajout ultérieur qui ne fait pas directement suite au corps du texte. Il circule parfois sous une forme indépendante et prend alors le titre de Sûtra de Celui qui considère les appels (jap. Kannongyô). Il s'agit d'un hymne au bodhisattva Avalokitesvara, Kannon, "Qui Considère les voix", ou Kanzeon, "Qui Considère les voix du Monde", ou encore Kanjizai, "Seigneur de la contemplation", en japonais. Il suffit de l'invoquer dans les plus grands périls et souffrances pour en être délivré.

Tous les moines connaissent par coeur les stances de ces deux chapitres qui sont utilisés lors des cérémonials. Celle de "La porte universelle du bodhisattva Qui Considère les voix du Monde" est même récitée quotidiennement avec le passage final du chapitre.

La stance de la Porte universelle de l'être d'Eveil Considérant les Voix du Monde

-Stance de reprise du vingt-cinquième chapitre, "La porte universelle du bodhisattva Qui Considère les voix du Monde" (Kanzeon bosatsu fumonhon).

Kannon, "Qui Considère les voix", ou Kanzeon, "Qui Considère les voix du Monde", est l'une des grandes figures du bouddhisme du Grand Véhicule, la plus vénérée peut-être parmi toutes les divinités bouddhistes, la figure par excellence de l'amour et de la compassion.

Connue en Inde sous le nom d'Avalokitesvara, son culte se répandit largement dans l'ensemble du continent asiatique. Au Tibet, les Dalai-lama sont considérés comme ses réincarnations successives. En Chine et au Japon, peut-être sous l'influence du culte marial propagé par des écoles gnostiques, il est le plus souvent représenté sous un aspect féminin. Il est le sauveur du monde, celui qui vient en aide à tous les êtres, le grand miséricordieux.

Dans tous les temples zen, les moines récitent chaque matin cette stance qui est un long hommage à l'activité compatissante de Kanzeon.-)


Vénéré du monde, pourvu de la totalité des marques merveilleuses, J'interroge maintenant derechef à son propos : pour quelles raisons le fils d'Eveillé s'appelle-t-il considérant les voix du monde ?

Le Vénéré pourvu de la totalité des marques merveilleuses répondit à Intention-inépuisable :

Écoute combien la pratique de Celui qui Considère nos Appels
s'adapte avec maîtrise aux diverses directions ;
son vaste serment est profond comme la mer,
inconcevables sont les éons au long desquels
il a servi de nombreux milliers de myriades d'Éveillés
pour déployer son grand voeu de pureté.
Je te l'exposerai en bref :
entendre son nom, voir son corps,
le commémorer en pensée n'est pas une vaine erreur :
il est capable d'anéantir les douleurs de l'existence.
À supposer qu'animé d'une intention de nuire,
on fasse basculer quelqu'un dans une grande fosse de feu :
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
la fosse ignée se transformera en étang.
Ou bien dérivant sur le grand Océan,
parmi les périls des dragons, des poissons, des démons,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
les flots ne pourront l'engloutir.
Ou bien qu'au sommet du Sumeru,
quelqu'un veuille le précipiter,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
comme le soleil, il demeurera dans l'espace.
Ou bien que, poursuivi par les méchants,
il soit jeté des monts de Diamant,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels
il n'aura pas un cheveu d'abîmé.
Qu'il se trouve encerclé d'ennemis,
chacun brandissant une épée pour l'agresser,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
ils concevront tous alors une pensée de compassion.
Qu'il soit en butte aux persécutions d'un roi,
au moment de l'exécution, quand sa vie va prendre fin,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
l'épée se brisera aussitôt en morceaux.
Qu'il soit captif de gangue et chaînes,
mains et pieds liés de menottes et entraves,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
il se trouvera libre comme l'air.
Que, par envoûtement ou empoisonnement,
quelqu'un veuille le léser corporellement,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
cela se retournera contre l'instigateur.
Qu'il rencontre de méchants ogres,
des dragons venimeux, d'autres démons,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
aucun d'eux n'osera jamais lui faire de mal.
Qu'il soit entouré de bêtes cruelles,
effrayantes, aux crocs et griffes acérés,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
elles s'enfuiront rapidement dans d'infinies directions.
Face aux basilics, serpents, vipères, scorpions,
aux miasmes brûlants et enflammés,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
à sa voix ils partiront d'eux-mêmes.
Que des nuées d'orage retentissent d'éclairs,
qu'il grêle, que de grandes pluies se déversent,
s'il pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
tout se trouvera dissipé sur l'instant.
Que les êtres se trouvent pressés de périls,
que d'innombrables douleurs leur harcèlent le corps,
grâce à la sublime sagesse de Celui qui Considère nos Appels,
ils pourront être sauvés des souffrances de ce monde.
Muni de toute la force des pouvoirs miraculeux,
il exerce amplement sagesse et expédients salvifiques;
parmi les royaumes des dix directions,
nulle terre où il n'apparaisse en son corps.
Les mauvaises destinées dans leur diversité,
les êtres infernaux, les démons, les animaux,
la douleur de la naissance, de la vieillesse, de la maladie, de la mort,
il les mène graduellement à complète Disparition.
Vrai à considérer, pur à considérer,
de vaste et grande sagesse à considérer,
compatissant à considérer, miséricordieux à considérer,
nous souhaitons l'adorer toujours.
Lumière pure, immaculée,
soleil de sagesse qui supprime les ténèbres,
capable de réprimer les calamités du vent et du feu,
qui universellement illunine les mondes;
le tonnerre grondant de la moralité, substance de sa compassion,
les grandes nuées de merveille, intention de sa miséricorde,
déversent comme l'ambroisie la pluie de la Loi
et éteignent les flammes des passions.
Passant en procès devant les tribunaux,
plongé dans l'effroi des batailles,
si l'on pense à la force de Celui qui Considère nos Appels,
la meute des ennemis sera complètement dispersée.
Considérant les Voix du Monde, à la voix sublime,
à la voix brahmique, à la voix océanique,
dépasse les voix et les sons de ce monde.
C'est pourquoi il faut constamment fixer son intention,
de pensée en pensée, sans concevoir de doute
sur Considérant les Voix du Monde, le saint de pureté;
dans les affres de la douleur, dans les dangers mortels,
il saura se faire notre appui et notre soutien.
Muni de l'ensemble des mérites,
il regarde les êtres d'un oeil compatissant,
incommensurable est l'océan de ses bénédictions,
voilà pourquoi il convient de s'incliner en hommage devant lui.

Alors l'être d'Eveil Soutien de la Terre se leva de son siège, s'avança et s'adressa à l'Eveillé : "Vénéré du monde, s'il se trouve des êtres pour entendre ce chapitre de l'être d'Eveil Considérant les Voix du Monde, son acttion souveraine, la révélation de sa porte universelle, la force de ses pouvoirs miraculeux, les mérites de ces personnes, sachons-le, ne seront pas peu nombreux."

Tandis que l'Eveillé exposait ce chapitre de la Porte Universelle, quatre-vingt-quatre mille êtres, parmi la multitude, déployèrent la pensée d'Eveil complet et parfait sans supérieur.

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