Robert Mapplethorpe, Grand Palais

Un article de Nezumi.

Rétrospective Robert Mapplethorpe au Grand Palais, Paris

Propos

L’exposition présente la dimension classique du travail de l’artiste et sa recherche de la perfection esthétique, à travers plus de 200 images qui couvre toute sa carrière du début des années 1970 à sa mort précoce en 1989. Au-delà de la puissance érotique qui fait la célébrité de l’œuvre de Mapplethorpe, c’est avec un noir et blanc extrêmement stylisé qu’il réalise portraits, nus, et natures mortes.

Cette première rétrospective en France de Robert Mapplethorpe, depuis sa mort, présente quelque deux cent cinquante images, pour rendre compte des différents thèmes de son œuvre. Corps de bronze et sculptures de chair, géométries et chorégraphies, natures mortes et détails anatomiques, fleurs végétales et corporelles, portraits de cours et clichés de nuit, érotisme soft et hard, tout l’art de Mapplethorpe est déroulé, scandé par ses autoportraits sous tous les avatars. Un art dont on peut voir, en refermant l’exposition par le début de la carrière du photographe, que le programme était déjà clairement annoncé dans les polaroïds de sa jeunesse.

L’exposition est construite "À rebours". Partir de l’autoportrait à la tête de mort, c’est commencer par l’image d’un jeune homme déjà vieux, tragédie de la vie fauchée en plein élan par le sida. C’est aussi marquer la posture fantastique d’un maître du royaume des ombres (la photographie), Orphée qui semble, par-delà la mort, encore (un peu) vivant mais déjà dans la postérité de son œuvre, nous invitant de sa canne satanique à le suivre dans les enfers de son histoire, à la recherche de son désir.

Robert Mapplethorpe est un artiste obsédé par une quête esthétique de la perfection. Sculpteur dans l’âme et dans l’imagination, il veut « que les gens voient [ses] œuvres d’abord comme de l’art, ensuite comme de la photographie . » Sous le signe de Michel-Ange, Mapplethorpe se positionne en héraut d’un idéalisme classique revu et corrigé dans le New York libertaire des seventies. Explorant les techniques de tirage les plus raffinées, il enrichit sa création de pièces uniques, compositions mixtes, encadrements spéciaux.

« La photographie et la sexualité sont comparables, explique Mapplethorpe. Elles sont toutes deux inconnues. Et c’est cela qui m’excite le plus. » Il a exploré la photo - graphie du corps jusqu’à la frontière de la pornographie, comme peut-être aucun artiste avant lui. Le désir qu’on lit dans ces images, c’est souvent celui du photographe, mais c’est aussi la vie d’un certain New York des années 1970-1980, en pleine libération sexuelle. « J’essaie d’enregistrer le moment dans lequel je vis, qui s’avère être à New York. J’essaie de capter cette folie et d’y mettre un peu d’ordre. »

Galerie

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Keith Haring
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Autoportrait
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