Richard Long

Un article de Nezumi.

Richard Long né le 2 juin 1945 à Bristol (Angleterre). C'est l'un des principaux artistes du Land Art.

Long étudie à Bristol puis à Londres, en particulier la sculpture à la Saint Martin School of Arts, entre 1966 et 1968. Il travaille déjà à l'échelle du paysage. Il fait ses premières œuvres en extérieur en 1964 et 1965, et voyage systématiquement depuis 1967 sur tous les continents, arpentant des sites naturels choisis (Amérique du Nord et du Sud, Europe, Japon, Inde, Afrique).

Il expose depuis 1968 avec des photos d'installations sur place et en rapportant des matériaux disposés dans l'espace d'exposition. Il participe à des expositions collectives (souvent au côté des conceptuels), comme l'exposition historique « Quand les attitudes deviennent forme » en 1969 à Berne, ainsi qu'aux grandes rencontres internationales (Documenta de Cassel en 1972, Biennale de Venise en 1976). Il participe à toutes les expositions sur le Land Art dont il demeure une figure, et poursuit ses expositions personnelles comme autant de carnets de voyage (ainsi au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, 1993).

La démarche de Richard Long s'approche d'une affirmation philosophique dépassant les frontières floues de l'esthétique. Ses œuvres extérieures et ses installations in situ ont la propriété de prendre la matière telle qu'elle existe, sans autre transformation que la manipulation directe, souvent utilisée pour engendrer une symbolique simpliste, cercle, ligne droite.
Elle signifie seulement le passage d'une intelligence modeste en un lieu précis, au fil d'un périple où l'œuvre n'est qu'un détail parmi d'autres. Souvent les œuvres extérieures sont réalisées en quelques heures au milieu d'une marche solitaire qui peut durer de 4 à 20 jours.

Déclarations

« Ce qui me distingue de mes confrères du Land Art, les Américains notamment, c'est qu'eux font des monuments. Mon travail est le fait d'un individualiste. Je peux le faire seul. Et je le fais seul. Sans assistant, sans avion, sans machine. Avec mes pieds, mes mains, ma propre énergie. Au fond, je suis un artiste paysagiste ! La nature est le cœur de mon travail. »

Article publié pour la première fois dans le catalogue de l'exposition de Richard Long à la Royal West of England Academy, Bristol, 21 mai - 8 juillet 2000:

L'Art en tant que description formelle et holistique de l'espace réel et expérience du paysage et de ses matériaux les plus élémentaires.

La nature a toujours été reproduite par les artistes, des peintures rupestres préhistoriques à la photographie de paysage du XXe siècle. Je voulais moi aussi faire de la nature le sujet de mon travail, mais de façon nouvelle. J'ai commencé par travailler à l'extérieur en me servant de matériaux naturels comme l'herbe et l'eau, ce qui a évolué jusqu'à l'idée de faire une sculpture en marchant.
La marche elle-même possède une histoire culturelle, des pèlerins aux poètes marcheurs japonais, aux romantiques anglais et aux marcheurs contemporains sur longues distances.

Ma première marche, en 1967, était une ligne droite dans un pré, qui était également mon chemin, vers "nulle part." Dans les premiers travaux cartographiques qui suivirent, qui enregistraient des promenades simples mais précises dans les landes d'Exmoor et de Dartmoor, mon intention était de faire un art nouveau qui soit également une nouvelle façon de marcher: marcher en tant qu'art.
Chaque marche suivait l'itinéraire que j'avais déterminé, précis, unique, pour une raison spécifique, différente d'autres catégories de marche comme le voyage, par exemple. Chaque marche, bien que non conceptuelle par définition, mettait en œuvre une idée particulière.
Ainsi marcher, en tant que art, m'offrait les moyens idéaux d'explorer les relations entre le temps, la distance, la géographie et la mesure.
Ces marches ont été enregistrées ou décrites dans mon œuvre de trois façons, cartes, photographies ou textes et en utilisant la forme la plus appropriée à chaque idée. Toutes ces formes nourrissant l'imagination, sont une sorte de distillation de l'expérience.

Marcher m'a également permis d'étendre les limites de la sculpture, qui du coup possédait le potentiel d'être déconstruite dans l'espace, le temps de ces longues marches. La sculpture pouvait maintenant s'intéresser au lieu autant qu'au matériau et à la forme. Je considère que mes sculptures de paysage occupent un riche territoire entre deux positions idéologiques, en l'espèce faire des "monuments" ou l'inverse "ne laisser que des empreintes de pas."

Au cours de années, ces sculptures ont exploré certaines variables de nature transitoire, de permanence, de visibilité ou de reconnaissance. Les pierres peuvent servir de marqueurs du temps ou de la distance, ou exister comme parties d'une sculpture gigantesque mais anonyme. Au cours d'une marche dans les montagnes, une sculpture pouvait être faite au dessus des nuages, peut-être dans une région isolée, apporter la liberté d'imaginer comment et où l'art peut être fait sur cette terre.
Richard Long, Bristol 2000.


Galerie


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