République d'Irlande

Un article de Nezumi.

République d'Irlande, ou État libre d'Irlande (en gaélique, Poblacht nah-Éireann), pays occupant le nord-ouest et le sud de l'île d'Irlande dans l'océan Atlantique, à l'ouest de la Grande-Bretagne dont elle est séparée par la mer d'Irlande et le canal Saint George.

La république d'Irlande, dont la capitale est Dublin, couvre 70 280km² sur les 84 000km² de superficie totale de l'île.

Indépendant depuis 1921, après sept siècles de domination britannique contre laquelle s'est forgée l'identité nationale, le pays comprend les provinces historiques de Leinster, Munster et Connacht ainsi que trois des neuf comtés d'Ulster. Les six autres comtés de cette province forment l'Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord.

Histoire

Géographie

Le relief de l'Irlande porte l'empreinte des glaciations quaternaires; il est constitué d'une alternance de plissements et de dépressions. Au centre, l'érosion a dégagé, sur le socle calédonien, une vaste plaine centrale calcaire (Burren), sillonnée de longues rides de gravier et de sable (os ou eskers). La région est parsemée de lacs et de tourbières, ainsi que de dépôts morainiques formant des collines de forme allongée, les drumlins, qui s'élèvent sensiblement au nord-ouest (monts Donegal, 750m).

La plaine est entourée par des massifs côtiers que séparent des vallées et de petites plaines, ouvrant l'accès à la mer. L'altitude n'est guère élevée: les formations de grès rouge des monts de Kerry, au sud-ouest, culminent à 1041m au Carrantuohill. À l'est, les monts granitiques de Wicklow s'élèvent à 930m. Le relief karstique du Burren, dans le comté de Clare, prolonge à l'ouest le massif cristallin des monts de Connemara (820m) et au nord-est le plateau basaltique d'Antrim.

Les côtes se caractérisent par leur dissymétrie: basses et sablonneuses à l'est, elles se transforment en falaises abruptes et sont très découpées à l'ouest. La mer pénètre souvent loin à l'intérieur des terres, dans les fjords profonds, comme à Carlingfdord et à Killary, ainsi que dans les rias (baie de Dingle) façonnées par l'érosion glaciaire et la variation du niveau des océans. Les côtes irlandaises offrent ainsi de multiples ports naturels en eaux profondes, tel celui de la baie de Bantry, dans l'ouest du Kerry, l'un des mouillages les plus profonds d'Europe occidentale. Au large de la côte atlantique subsistent des chapelets d'îles (îles d'Aran, île Achill) autrefois rattachées à la grande terre.

L'incertaine déclivité de la cuvette centrale, faisant obstacle au bon écoulement des eaux, a provoqué la formation de tourbières (bogs), situées principalement dans le Centre et dans l'Ouest, et qui occupent près du cinquième de la superficie de l'île. Sous l'action des glaciers sont nés de multiples lacs (loughs), entre lesquels circulent les cours d'eau. Le Shannon, principal fleuve d'Irlande et le plus long des îles Britanniques, s'écoule ainsi lentement d'un lac à l'autre sur 368km, depuis les collines du nord-ouest jusqu'à Limerick, où il se jette dans l'Atlantique. Rivières et fleuves, le Liffey, la Barrow, la Nore, la Boyne, la Blackwater, le Moy et le Suir, sont abondants et sinueux, en raison du peu de relief et du climat très humide.

En dépit de sa situation relativement septentrionale, l'Irlande bénéficie d'un climat relativement doux, typiquement océanique, marqué par l'influence régulatrice du Gulf Stream qui réchauffe les eaux atlantiques. La nébulosité et les brouillards sont prédominants. L'uniformité climatique prévaut, le relief ne constituant nulle part un obstacle, et l'amplitude thermique annuelle est faible: les températures moyennes oscillent de 4°C à 7°C en janvier et de 14°C à 16°C en juillet. La douceur contraste avec l'humidité du climat: l'Irlande reçoit chaque année en moyenne 1500 mm de pluie, répartis sur plus de 200 jours avec un maximum hivernal. La côte occidentale est plus exposée aux perturbations océaniques et aux forts vents d'ouest, porteurs de pluie et d'embruns: elle reçoit en moyenne 2500 mm d'eau.

L'humidité entretient dans la «verte Erin» des prairies permanentes couvrant 68% de la superficie du pays. Le vert des herbages contraste avec les teintes rouges et noires des tourbières, autre élément essentiel du paysage irlandais. Les reliefs sont couverts de landes d'ajoncs et de bruyères. La douceur du climat permet à certaines espèces végétales méditerranéennes de se développer, notamment dans la baie de Bantry, au sud. La violence des vents d'ouest explique, en revanche, la faible couverture forestière, encore réduite lors de la colonisation anglaise. Ainsi, la forêt ne couvre aujourd'hui que 4% du territoire, ce qui fait du pays l'un des moins boisés d'Europe.

Démographie

La république d'Irlande est peu peuplée, elle compte environ 4,6 millions d'habitants en 2013 et la croissance démographique annuelle s'éleve à 2,5 %, un chiffre particulièrement élevé pour l'Europe. La densité toutefois reste assez faible : avec un peu plus de 60 hab/km2, elle est presque deux fois moindre que la moyenne de l'Union européenne, ensemble dont l'Irlande regroupe moins d'1 % de la population.

La croissance démographique n'a commencé que dans les années 1960. Auparavant, la région s'était fortement dépeuplée. Elle comptait 6,5 millions d'habitants en 1841, et passe à 5,1 millions en 1850 du fait d'une grande famine accompagnée d'une émigration massive. L'émigration s'est poursuivie pendant le XIXe siècle et une bonne partie du XXe siècle, et a fait plus que contrebalancer l'excédent naturel. La population a donc globalement continué à décroître jusque dans les années 1960 : 3,2 millions d'habitants en 1901 et 2,8 millions en 1961. À partir de cette date la population a crû de nouveau. Dans les années 1990, et plus encore les années 2000, la population immigrée a fortement augmenté. En 2013, 600 000 non-nationaux vivaient en Irlande, soit une augmentation de 143 % par rapport au recensement de 2002. La plupart viennent d'Europe, du Royaume-Uni pour plus de la moitié, d'Europe de l'Est pour une part importante et en rapide augmentation.

Villes principales
Dublin: 505 739, Cork: 119 143, Galway: 72 111, Limerick: 52 560, Waterford: 45 748

La république d'Irlande est divisée en 26 comtés et en 4 bourgs-comtés: les villes de Dublin, Cork, Limerick, Waterford, dont les municipalités sont administrativement indépendantes des comtés. Les conseils de comté et les county borough corporations, les collectivités représentant les 4bourgs-comtés, sont élus pour cinq ans, de même que les conseils de district urbain et les conseils municipaux, qui ont compétence, au niveau local, dans les domaines tels que la politique de santé, du logement ou la distribution d'eau.

Malgré les mutations économiques et sociales des dernières décennies, le taux d'urbanisation demeure très inférieur à celui des autres pays européens.

Gouvernement et vie publique

Aux termes de la Constitution de 1937, qui ne peut être modifiée sans l'approbation de la population, par voie référendaire, l'Irlande est une démocratie parlementaire. Le chef de l'État est le président de la République, élu au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans!; c'est une fonction essentiellement représentative. Le Premier ministre, responsable devant la Chambre des représentants (Dáil), détient le pouvoir exécutif. Il est nommé par le président sur avis du Dáil. Les membres du gouvernement sont choisis par lui, après approbation des représentants du peuple, et nommés par le président de la République.

Le Parlement irlandais est bicaméral. Le Dáil compte 166représentants, élus pour cinq ans au suffrage universel direct, selon un mode de scrutin proportionnel. Le Sénat (Seanad) est constitué de 60membres, dont 11 sont nommés par le Premier ministre, 6 sont élus par des universitaires et 43 sont choisis au sein d'un collège électoral de quelque 900représentants des collectivités locales, du monde du travail, de l'Administration, des services sociaux, du commerce et de l'industrie, ainsi que de la culture. Le Sénat vote les lois mais ne peut défaire un gouvernement.

La vie politique irlandaise a longtemps été dominée par deux partis de droite dont l'opposition remontait à l'indépendance, en 1922: le Fianna Fáil («Guerriers de la destinée», 1926) et le Fine Gael («Famille des Gaels», 1933). Fondé par Eamon DeValera, père de l'indépendance irlandaise, le Fianna Fáil représentait traditionnellement la petite bourgeoisie nationaliste, les classes moyennes et les petits fermiers. Plus modéré, le Fine Gael, parti de centre droite, recrutait davantage au sein de la grande bourgeoisie, des professions libérales et des gros agriculteurs.
Depuis le début des années trente, tous les Premiers ministres appartiennent à l'un ou l'autre parti, mais une recomposition politique s'est amorcée depuis la fin des années quatre-vingt, avec une progression de la gauche. Cette recomposition a été marquée, en 1990, par l'élection à la présidence de la République de Mary Robinson, soutenue par le Parti travailliste (Labour Party) et la Gauche démocratique. La Gauche démocratique est une formation émanant d'un mouvement marxiste fondé dans les années soixante-dix par une partie du Sinn Féin, branche politique de l'Armée républicaine irlandaise (Irish Republican Army, IRA).

L'anglais et le gaélique, la langue nationale, sont les deux langues officielles du pays. Environ 10% des Irlandais pratiquent le gaélique, que les gouvernements successifs, depuis l'indépendance, ont cherché à promouvoir. Les écoles du pays enseignent les deux langues.

La liberté de culte est garantie par la Constitution. Le catholicisme est la religion de 95% des habitants. Les protestants, appartenant principalement à l'Église d'Irlande, anglicane, à l'Église méthodiste et à l'Église presbytérienne, sont davantage représentés à Dublin que dans le reste du pays.

L'autorité suprême de l'Église catholique est exercée par l'évêque d'Armagh (Irlande du Nord), primat d'Irlande, l'évêque de Dublin n'étant que primat de l'Eire (république d'Irlande). Le catholicisme a joué un rôle essentiel dans la définition d'une identité irlandaise, par opposition à l'Angleterre protestante. Sous la domination britannique, la revendication de l'appartenance religieuse et du libre exercice du culte catholique -les offices publics ont été interdits jusqu'à la fin du XIXesiècle- était indissociable de la lutte pour les droits civiques et pour l'indépendance.

Arts et vie culturelle

Voir Culture de l'Irlande

Économie

Pendant des siècles, l’Irlande a été marquée par l'émigration, une forte pauvreté et des famines fréquentes du fait d'un système agricole et de structures foncières archaïques. À partir de l'indépendance (1922) est menée une véritable politique d'industrialisation, mais l'Irlande reste pauvre en 1985, classé avant-dernier au sein de la Communauté économique européenne. Elle a également bénéficié de la politique européenne des fonds structurels.

Au milieu des années 1980, une prise de conscience collective a abouti en 1987 à un consensus national visant à sortir du sous-développement chronique qui caractérisait l'Irlande depuis la Grande Famine de 1851 (crise de la pomme de terre).

L'économie de l'Irlande était alors très dépendante de son voisin le Royaume-Uni, qui recevait encore plus la moitié des exportations au début des années 1980. Les exportations irlandaises étaient alors constituées pour beaucoup de produits agro-alimentaires, de textile artisanal et de produits industriels à faible valeur ajoutée. Ce retard de développement caractéristique de l'Irlande se traduisait par une émigration massive (plus de 30 000 personnes par an, soit 10 % de la population chaque décennie), un chômage endémique (17 % en 1987) et une misère autant rurale qu'urbaine, particulièrement visible dans les quartiers nord de Dublin.

De 1995 à 2007, l'économie irlandaise croît en moyenne de 6 % par an, lui valant le surnom de « tigre celtique ». Comme quinze autres pays européens, l'Irlande a abandonné sa monnaie nationale, la livre irlandaise, pour adopter l'euro le 1er janvier 1999.

Les réformes d'inspiration libérale menées depuis 1987 ont cependant été conduites de manière pragmatique par les gouvernements successifs quelle que soit leur couleur politique, Fianna Fáil (centre-droit national) ou Fine Gael (centre-droit libéral).

La volonté des gouvernements visant à ouvrir l'Irlande sur le monde ont dopé l'attractivité du pays pour les multinationales avec des taux d'imposition sur les sociétés très bas (12,5 % contre 33,3 % en France) et une fiscalité directe sur les particuliers elle aussi très favorable. Le taux de prélèvements obligatoires est particulièrement bas (30 % du PIB en 2007 en Irlande, contre 44 % en France ou 37 % au Royaume-Uni).

Une meilleure compétitivité et l'implantation de nombreuses compagnies étrangères ont permis la création de centaines de milliers d'emplois, dans tout le secteur de l'industrie et des services. La population étant anglophone et d'un bon niveau de formation, les firmes informatiques et pharmaceutiques, ainsi que les centres d'appel ont trouvé en Irlande dans les années 1990 un lieu idéal où s'installer en Europe. Suite à cela, le tourisme, le commerce de détail, et la construction ont connu un développement exceptionnel jusqu'au crash de 2008.

Les lotissements de maisons à l'américaine ont poussé comme des champignons dans les années 1990 et 2000 à la périphérie de Dublin, Galway et Cork. Les prix de l'immobilier tant à la location qu'à l'acquisition ont ainsi atteint des sommets à Dublin (le prix du mètre carré étant plus cher qu'à Paris en 2007).

Ainsi, l'économie irlandaise a décollé de manière remarquable. Les taux de croissance économique ont été exceptionnels (+9 % par an entre 1995 et 2000), et la croissance des échanges fulgurante. Le niveau de vie des Irlandais était en 2007 parmi les plus élevés au monde, entraînant le retour au pays d'émigrés américains. Mais, à la veille de la crise de 2008, les déséquilibres paraissaient évidents : l'endettement des Irlandais par les « mortgages » (prêts hypothécaires) était démesuré alors que leur taux d'épargne demeurait très faible.

La crise, à partir de 2008 a balayé de plein fouet l'économie celtique. La récession est particulièrement violente avec une contraction du PIB de 3 % en 2008, 7 % en 2009 et 0,4 % en 2010 . Ainsi le taux de chômage était de 14,8 % de la population active en 2012. Les années 2011 et 2012 semblent ouvrir la porte à une légère embellie, avec une hausse du PIB de 0,7 % et 0,5 % (estimation) respectivement. Ce retour à la croissance peut s'expliquer en grande partie par la bonne tenue des exportations (multinationales installées en Irlande), la demande intérieure demeurant faible.

Le déficit budgétaire, à cause de l'effondrement des recettes fiscales et de la hausse des dépenses sociales, explose. Les difficultés financières s'accumulant depuis plusieurs mois, le gouvernement de Brian Cowen s'est résigné, en 2010, sous la pression des dirigeants européens, à accepter l'aide financière du FMI pilotée par l'Union Européenne. Ce « plan de sauvetage » sous la forme d'un emprunt de 85 milliards d'euros au taux de 6,7 %, est largement décrié par la population du fait de son coût prohibitif et du plan d'austérité qui y est associé.

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