Pondichéry

Un article de Nezumi.

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Pondichéry ou Puducherry (en tamoul, புதுச்சேரி Putuccēri ; en anglais Pondicherry) est une ville du sud-est de l'Inde, capitale du territoire de Pondichéry et enclavée dans l'État du Tamil Nadu.

La ville

Son intense activité portuaire est liée à son activité de tissage du coton. Sa population, en 2014, était de 270 000 habitants, pour la seule ville, et de 750 000 habitants pour l'ensemble de l'agglomération. Une minorité francophone est présente. Les langues officielles y sont le français, l'anglais, le malayalam, le tamoul et le télougou.

Pondichéry entre dans l'histoire de France lorsque la Compagnie des Indes achète en 1673 un petit village côtier au sultan de Bijapur. Pondichéry devient ainsi la tête de pont des intérêts commerciaux de la France en Inde. Il faut cependant attendre 1685 pour que François Martin, nommé « directeur de la côte de Coromandel », mette Pondichéry sur la voie de la prospérité.

Le site est médiocre pour la navigation, car la côte est basse, sableuse, avec des lagunes et une barre de vagues brisantes. Les navires doivent stationner au large en utilisant des embarcations locales, les chelingues, pour le transbordement des marchandises, mais la zone est favorable pour le commerce car la proche embouchure d'une rivière permet de pénétrer aisément à l'intérieur du pays et les tisserands sont nombreux dans la région.

Les frictions avec les Hollandais, implantés dans la région depuis bien plus longtemps que les Français, et la mort de Martin en 1706, ralentissent le développement de la ville. Il faut attendre l'arrivée de Joseph François Dupleix en 1742 pour que les affaires reprennent. C'est sous le mandat de ce dernier, et grâce à lui, que Pondichéry connaît son apogée. Grâce à ses victoires militaires contre les Britanniques, il étend le territoire autour de la ville et dans le sud de l'Inde, et exerce une influence considérable dans les affaires des princes et souverains de la région. En 1748, pendant la Guerre de succession d'Autriche, Pondichéry est défendue avec brio par Dupleix qui résiste à un long siège anglais, terrestre et naval.

Après une troisième occupation anglaise en 1793-1814 (pendant les guerres révolutionnaires et napoléoniennes), les Français en récupèrent le contrôle total seulement en 1816, sans jamais cependant y retrouver la gloire de jadis, avec interdiction d'y posséder fortification et garnison (police seule autorisée). Au XIXe siècle, la ville apparait comme une enclave française dans un pays désormais entièrement dominé par les Britanniques. Elle n'a plus d'importance militaire, mais connait un bon développement économique. Pondichéry sert aussi d'escale vers l'Indochine où se focalise l'intérêt de la France en Asie pendant le XIXe siècle. En 1848, tous les habitants des comptoirs sont déclarés citoyens français, à la faveur de la Révolution de 1848 et de l'abolition de l'esclavage. Pondichéry et ses consœurs sont donc représentées au Parlement français sous la IIIe République.

Alors que l'Inde se prépare à l'indépendance, les comptoirs français, peuplés d'environ 300 000 habitants, deviennent le 27 octobre 1946 un territoire d'outre-mer avec un statut particulier, représentés par un député et deux conseillers de la République. L'Union indienne, indépendante depuis le 15 août 1947 réclame le retour des comptoirs coloniaux français, rejetant leur transformation en ville libre. Le 28 juin 1948, la France s'engage à restituer les comptoirs à l'Inde par la procédure d'un référendum dans chacun d'entre eux. Chandernagor, située dans la banlieue de Calcutta organise immédiatement celui-ci, ce qui aboutit à la cession de la ville à l'Inde dès août 1949. La situation est plus compliquée dans les autres comptoirs, car le gouvernement indien met en place un blocus douanier et policier qui interdit toute relation entre eux. Le gouvernement indien durcit encore sa position en exigeant la cession pure et simple, ce que le gouvernement français refuse par crainte d'un effet de contamination sur l'Indochine.

Le gouvernement français de Pierre Mendès France, après avoir songé à un transfert de facto, tente de sauver la face : le référendum rejeté par l'Inde est remplacé par une consultation des conseillers municipaux, qui votent le rattachement à l'Inde par 170 voix contre 8. Vote complété par un accord franco-indien, non publié au Journal Officiel, qui prévoit la prise en charge de l'administration des comptoirs par le gouvernement indien. Il est suivi d'un traité signé le 28 mai 1956 qui entérine la cession de souveraineté. Le gouvernement du général de Gaulle (revenu au pouvoir en 1958) fait patienter l'Inde jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie pour faire ratifier le traité par le Parlement (août 1962, transfert de jure). Pendant une période de six mois, les habitants des comptoirs ont la faculté d'opter pour la nationalité indienne ou française, selon leur domiciliation au moment du transfert, et suivant les modalités du traité, ou ne rien faire (perte de l'ancienne nationalité).

Centres d'intérêt

Quartier Français

Le quartier français se signale par son plan en damier, des noms des rues français (signalisation bilingue français/tamoul), la présence de trottoirs des grandes villas de style colonial. Les grandes familles des castes dominantes Naïdu (caste des érudits), Chetiar (caste du monde des affaires) et Brahman (caste des religieux) de Pondichéry habitent cette zone aux jardins calmes , en bordure d'océan. C'est ainsi devenu une villégiature pour les personnalités indiennes ayant fait fortune dans l'industrie ou dans le secteur tertiaire.

Ashram de Sri Aurobindo

Fondé à Pondichéry par Sri Aurobindo le 24 novembre 1926 .

Aurobindo Ghose dit Sri Aurobindo, né le15 août 1872 à Calcutta et décédé 5 décembre 1950 à Pondichéry est un des leaders du mouvement pour l'indépendance de l'Inde, un philosophe, poète et écrivain spiritualiste. Il a développé une approche nouvelle du yoga, le yoga intégral. Après ses études en Angleterre à Cambridge, il retourne en Inde, commence à étudier les grandes traditions de son pays avant de militer pour l'indépendance.

En 1909, il passe un an en prison pour ses activités indépendantistes. Il était soupçonné d'avoir participé de près ou de loin à des attentats : il reconnaîtra d'ailleurs ultérieurement que sa philosophie spirituelle ne conduit pas à militer pour la non-violence comme celle de Gandhi. Pendant cette année de prison, il dit avoir vécu une série d'expériences spirituelles qui l'auraient conduit à expérimenter des états de conscience au-delà du Nirvana. Pour échapper aux Anglais, le 4 avril 1910, il finit par s'établir à Pondichéry, ville sous autorité française. Affirmant alors qu'il y a une lutte pour l'avenir de l'humanité au-delà de la lutte légitime pour l'indépendance de l'Inde, il se consacre à ses recherches spirituelles et à la composition de ses œuvres. De plus en plus de disciples commencent à venir pour vivre auprès de lui et de sa collaboratrice française, Mirra Alfassa, que lui et ses disciples nomment « Mère ». Cette dernière prendra la direction matérielle de l'âshram fondé officiellement dans les années 1920.

Autres lieux

  • Le Parc Bharathi ou Place du Gouvernement
  • Le Jardin botanique
  • La plage Sérénité
  • L'église du Sacré Cœur de Jésus
  • L'église de Notre Dame de l’Immaculée Conception
  • Le temple Manakula Vinayagar Koil
  • Le Temple Varadaraja Perumal
  • Le Temple Kanniga Parameswari
  • La Mosquée Jama
  • La statue de Dupleix
  • La statue de Gandhi

Territoire de Pondichéry

Le Territoire de Pondichéry (en anglais Union Territory of Puducherry, en tamoul புதுச்சேரி Putuccēri) est un territoire de l'Inde formé de quatre districts issus des anciens Établissements français de l'Inde : Pondichéry (qui abrite la capitale du territoire Pondichéry), Kârikâl (tous deux enclavés dans le Tamil Nadu), Mahé (enclavé dans le Kerala) et Yanaon (enclavé dans l'Andhra Pradesh).

Le Territoire de Pondichéry (Pondicherry en anglais) a été officiellement renommé Puducherry en septembre 2006 pour correspondre au nom tamoul.

La superficie totale du territoire est de 492 km2, répartie de la façon suivante :

  • Pondichéry : 293 km2 ;
  • Kârikâl : 160 km2 ;
  • Mahé : 9 km2 ;
  • Yanaon : 30 km2.

Ces quatre districts sont parfois eux-mêmes divisés en plusieurs petites enclaves appelées localement pockets en anglais : Pondichéry comprend ainsi douze de ces fragments non contigus enclavés dans le Tamil Nadu et Mahé deux. Cette géographie inhabituelle est due au fait que le territoire a gardé les frontières des anciens Établissements français de l'Inde dont ils sont issus.

Le Territoire de Pondichéry est un territoire de l'Union Indienne, et non pas un État : le gouvernement et l'administration relèvent donc directement du gouvernement central à New Delhi. Cependant, Pondichéry est avec Delhi l'un des deux seuls territoires à disposer d'une Vidhan Sabha, une assemblée législative élue composée de 30 membres, et d'un gouvernement. Cependant, la législation du territoire requiert parfois la ratification du Gouvernement central ou du Président de l'Inde. Comparé à un État, le gouvernement central participe également plus fortement aux finances du territoire, permettant à Pondichéry de bénéficier d'impôts plus faibles.

Le gouvernement central est représenté dans le territoire par un lieutenant-gouverneur qui réside au Raj Nivas, l'ancien palais du gouverneur français. Le Traité de cession de 1956 garantissait aux anciens établissements français en Inde de conserver leur statut administratif spécial. Son article II précise : « Les établissements garderont l'avantage du statut administratif spécial qui était en vigueur avant le 1er novembre 1954. Tous les changements constitutionnels de ce statut qui pourront être faits plus tard seront faits après s'être assuré des souhaits des personnes. » Parmi les particularités de ce statut, le français fait partie des langues officielles du territoire.

Galerie

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Ashram de Sri Aurobindo


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Palais du Gouverneur


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Rue du quartier français

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