Pierre Soulages

Un article de Nezumi.

Pierre Soulages , peintre contemporain français, né le 24 décembre 1919 à Rodez (Aveyron).

Source et compléments sur Pierre Soulages

Biographie

Pierre Soulages est fasciné par les vieilles pierres, les matériaux patinés et érodés par le temps, l'artisanat de son pays du Rouergue et ses âpres paysages, particulièrement les Causses.

Il commence à peindre dans son Aveyron natal avant de « monter à Paris » à dix-huit ans pour préparer le professorat de dessin et le concours d'entrée à l'école des beaux-arts. Il y est admis en 1938 mais il est vite découragé par la médiocrité de l'enseignement qu'on y reçoit et retourne à Rodez. Pendant ce bref séjour à Paris, il fréquente le musée du Louvre et voit des expositions de Cézanne et Picasso qui sont pour lui des révélations.


En 1946, il s'installe dans la banlieue parisienne et se consacre désormais entièrement à la peinture. Il commence à peindre des toiles abstraites où le noir domine. Il les expose au Salon des indépendants en 1947, où ses toiles sombres détonnent au milieu des autres, très colorées : « Vous allez vous faire beaucoup d'ennemis », le prévient alors Picabia.

En 1979 il expose au MNAM, Centre Georges Pompidou ses premières peintures monopigmentaires fondées sur la réflexion de la lumière par les états de surface du noir. Cette lumière picturale naissant de la différence entre deux obscurités porte en elle un grand pouvoir d'émotion et de grandes possibilités de développement, on l'appellera plus tard "noir-lumière" et "outrenoir".

De 1987 à 1994, il réalise les 104 vitraux de l'abbatiale de Conques.

Le noir est sa couleur presque exclusive, on trouve rarement des bleus foncés ou des bruns. La ligne est le principal moyen d'expression de Soulages et ce dès le début de sa carrière. Dans cette oeuvre à la fois ascétique, puissante et équilibrée, toute référence à la nature ou à l'anecdote est éliminée. Ce refus de la description n'est pas une forme de décision opportuniste ou circonstancielle, mais une nécessité impérieuse répondant au besoin d'intensité picturale qui, depuis l'origine, l'habite .

Les formes rectangulaires dominent, construites sur un jeu profond d'horizontales et de verticales. À ses débuts, Soulages peint beaucoup sur papier, au brou de noix, à l'essence ou à l'huile. Ensuite, le couteau, la spatule et la brosse se substituent au pinceau, pour mieux travailler la matière picturale et obtenir ainsi des effets contrastants d'aplats et de stries. Le relief ainsi créé devient le support du reflet, réagit à la réception de la lumière, la piège pour la transformer, la lumière modifiant à son tour l'espace du tableau.

Depuis peu, d'autres oeuvres sont apparues où rythme, espace et lumière naissent des contacts violents du noir et du blanc sur l'entière surface de la toile, c'est une toute autre lumière picturale.


Citations

  • « J’aime l’autorité du noir. C’est une couleur qui ne transige pas. Une couleur violente mais qui incite pourtant à l’intériorisation. A la fois couleur et non-couleur. Quand la lumière s’y reflète, il la transforme, la transmute. Il ouvre un champ mental qui lui est propre. »
  • « Après tout un arbre noir en hiver c’est une sorte de sculpture abstraite. Ce qui m’intéressait était le tracé des branches, leur mouvement dans l'espace...»
  • « Je veux que celui qui regarde le tableau soit avec lui, pas avec moi. Je veux qu'il voie ce qu'il y a sur la toile. Rien d'autre. Le noir est formidable pour ça, il reflète. Les mouvements qui comptent ce sont ceux de celui qui regarde. »
  • « L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire. » (cité par Françoise Jaunin, art. cit.)
  • « Il faut regarder le tableau en appréciant la lumière reflétée par la surface noire. C'est essentiel. Si l'on ne voit que du noir, c'est qu'on ne regarde pas la toile. Si, en revanche, on est plus attentif, on aperçoit la lumière réfléchie par la toile. L'espace de cette dernière n'est pas sur le mur, il est devant le mur, et nous qui regardons, nous sommes dans cet espace-là. C'est une relation à l'espace différente de celle que nous avons dans la peinture traditionnelle. Ce phénomène ne peut pas être photographié. La photo transforme cette lumière en une peinture banale où les valeurs sont fixes et produites par des gris différents. »
  • « Plus les moyens sont limités, plus l'expression est forte. »
  • « La pratique est inséparable de l'art qui se fait jour avec elle. Autrement dit, le fond et la forme ne font qu'un. Je n'ai cessé d'inventer des instruments, le plus souvent dans l'urgence. N'arrivant plus à produire quelque chose, je m'empare de ce que j'ai sous la main. »

Voir aussi

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