Pierre Alechinsky

Un article de Nezumi.

Pierre Alechinsky plasticien contemporain belge né en 1927 à Bruxelles, naturalisé français

Source et compléments sur Pierre Alechinsky

Biographie et œuvre

Le père de Pierre Alechinsky est russe, avec des origines juives, et sa mère est belge, d'origine wallonne. Tous deux sont médecins. Dans les années 1930, Alechinsky étudie à l'école Decroly à Bruxelles. De 1944 à 1948, il étudie l'illustration du livre, la typographie, les techniques de l'imprimerie et la photographie à l'École nationale supérieure d'Architecture et des Arts visuels de La Cambre à Bruxelles. C'est pendant cette période qu'il découvre l'œuvre d'Henri Michaux, de Jean Dubuffet et des surréalistes. Il rencontre et se lie d'amitié avec le critique d'art Jacques Putman, qui consacre de nombreux écrits à son œuvre. Il commence à peindre en 1947 et fait alors partie du groupe Jeune Peinture belge, qui réunit notamment Louis Van Lint, Jan Cox, et Marc Mendelson.

Pierre Alechinsky devient très rapidement l'un des acteurs majeurs du monde artistique belge de l'après-guerre. Il fonde avec Olivier Strebelle et Michel Olyff dans une maison communautaire, les Ateliers du Marais. Après sa rencontre avec le poète Christian Dotremont, l'un des fondateurs du groupe CoBrA, il adhère en 1949 à ce mouvement d'avant-garde artistique, rejoignant Karel Appel, Constant, Corneille, Jan Nieuwenhuys et Asger Jorn. Il participe aussitôt à la première exposition internationale de Cobra au Stedelijk Museum.

Pendant la brève existence du groupe, il s'y implique très fortement, organisant des expositions, comme la deuxième exposition internationale d'art expérimental Cobra au palais des beaux-arts de Bruxelles en 1951 et contribuant à la réalisation de la revue Cobra. Le rôle capital que joue pour lui le mouvement Cobra tient autant aux personnes qu'aux idées défendues : spontanéité sans frein dans l'art, d'où rejet de l'abstraction pure et du « réalisme socialiste », refus de la spécialisation.

Après la dissolution du groupe Cobra, dont il perpétue l'esprit , Pierre Alechinsky s'installe à Paris, où il côtoie les surréalistes. Il complète sa formation de graveur et s'initie à de nouvelles techniques à l'Atelier 17, dirigé par Stanley Hayter. C'est l'époque, à partir de 1952, où il se lie d'amitié avec Alberto Giacometti, Bram van Velde, Victor Brauner et où il commence une correspondance régulière avec le calligraphe japonais Morita Shiryū de Kyōto.

Le style de Pierre Alechinsky a été influencé par plusieurs courants artistiques au cours de sa carrière. On peut distinguer quelques caractéristiques principales de son œuvre :

  • Il a été membre du groupe CoBrA, qui prônait une expression spontanée, libre et colorée, inspirée de l’art primitif, de l’enfance et du surréalisme.
  • Il a été attiré par la calligraphie japonaise, qu’il a apprise lors d’un séjour au Japon en 1955. Il a intégré des éléments calligraphiques dans ses peintures, en utilisant souvent l’encre de Chine et des pinceaux spéciaux.
  • Il a pratiqué la gravure, la lithographie et la céramique, en collaborant avec des imprimeurs renommés. Ses œuvres graphiques sont riches en formes organiques et abstraites, qui créent un contraste entre le centre et les marges de la composition.
  • Il a été influencé par l’expressionnisme abstrait, l’abstraction lyrique et le tachisme, qui sont des styles abstraits basés sur le geste, la couleur et la matière. Il a peint au sol ou sur de grands formats, en laissant libre cours à son imagination.
  • Il a été inspiré par le fantastique et le bizarre, en référence aux maîtres flamands comme Brueghel ou Bosch. Il a introduit des motifs narratifs ou humoristiques dans ses œuvres, qui témoignent de son sens de l’ironie et de la dérision.

En 1954, il abandonne progressivement l'huile pour des matériaux plus rapides et plus souples comme l'encre, qui lui permet de donner libre cours à un style fluide et sensible. Fasciné par la calligraphie orientale, dont la spontanéité l'attire, il effectue plusieurs voyages en Extrême-Orient et tourne en 1955 à Kyōto un film documentaire sur la calligraphie japonaise. Soutenu par la galerie de France, il effectue, à partir des années 1960, de fréquents séjours à New York, où il découvre en 1965 une technique qui lui convient bien, la peinture acrylique, à laquelle l'initie Walasse Ting. Cette même année, il crée son œuvre la plus célèbre Central Park, avec laquelle il inaugure la peinture « à remarques marginales », inspirée de la bande dessinée, où l'image centrale est entourée, sur les quatre côtés, d'une série de vignettes destinées à compléter le sens du tableau. L'interaction entre les deux zones est à la fois énigmatique et fascinante. Toujours en 1965, André Breton, un an avant sa mort, invite Pierre Alechinsky à participer à la 21e Exposition internationale du Surréalisme, L'Écart Absolu.

Expositions (sélection)

  • 1965 21e Exposition internationale du Surréalisme, L'Écart Absolu
  • 1974 musée d'Art moderne de la ville de Paris
  • 1976 Arte Fiera de Bologne
  • 1998 galerie nationale du Jeu de Paume
  • 2004 Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, Paris
  • 2023 rétrospective Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire

Galerie

Site de l'artiste, Galerie Lelong


DSC06755.JPG

DSC06758.JPG

Autres projets

Voir aussi Les films d' Ann ; le cinéma de Nezumi; les Artistes contemporains / Randonnées dans les Pyrénées

Voyages : les merveilles du Japon; Les temples et des montagnes du Népal