Philippe Cognée

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Philippe Cognée plasticien contemporain français, peintre, graveur né en 1957 à Sautron (Loire-Atlantique)

Biographie et œuvre

Après avoir passé son enfance au Bénin, Philippe Cognée rentre en France en 1974 et intègre l'école des beaux-arts de Nantes. Il y obtient son diplôme d'arts plastiques en 1982. Il vit et travaille à Vertou, près de Nantes.

La technique de Philippe Cognée lui est particulière : il photographie ses sujets, ou bien les filme en vidéo puis en photographie quelques images diffusées sur l'écran d'un moniteur. Ces images, telles quelles ou déconstruites, ré-assemblées, sont ensuite projetées sur le support (toile ou bois). Il utilise alors une peinture à l'encaustique faite de cire d'abeille et de pigments de couleur pour reproduire les images choisies. Il dispose cette peinture au pinceau sur la toile, puis recouvre ensuite celle-ci d'un film plastique sur lequel un fer à repasser chauffe la cire pour la liquéfier, étalant et déformant les formes, ce qui a pour effet de créer un enfouissement trouble du sujet dans la matière. Le film plastique, lorsqu'il est décollé, produit à certains endroits des manques dus à l'arrachage de la couche picturale. L'image semble alors piégée sous une surface glacée.

Cognée évoque cet effet de « floutage et amélioration » de l’image comme une manière d’effacer le geste pictural du peintre, sa signature. Cependant l'artiste est conscient que cette technique, devenue récurrente dans son œuvre, est devenue à son tour sa signature.

Philippe Cognée s'inspire de vues familières et banales puisées dans son environnement géographique ou personnel (architectures, containers, objets, foules…). Sa technique lui permet de transcender la banalité quotidienne, qui devient mystérieuse en perdant le sujet dans le flou. Il offre ainsi une vision d'un monde à reconstruire. C'est pourquoi l'un de ses sujets préférés est l'architecture. Son exposition Triades était composée de toiles représentant Hong Kong, Le Caire, Rome, Paris ou New York, qui accrochaient le regard tant par leur format imposant que par les structures représentées, des monuments et des paysages urbains disloqués, déstructurés et transformés, épousant les formes du regard personnel de l'artiste.

Ce thème lui permet de s'interroger sur la relation entre psychisme et architecture, des monuments tels que le centre Georges Pompidou, la basilique Saint-Pierre de Rome ou le musée Guggenheim de Bilbao sont montrés, non dans leur structure réelle et objective mais tels qu'ils pourraient exister dans la mémoire du spectateur. Ce que Cognée projette sur la toile, c'est sa vision personnelle de ces paysages urbains, la réalité altérée par le souvenir, des images de monuments filtrés par le prisme de la subjectivité de l'artiste. C'est ainsi que ces lieux connus de tous apparaissent tour à tour fondants sous la chaleur ou vus à travers une fenêtre embuée, restituant des impressions plutôt que des visions.

La société de consommation est un autre thème récurrent dans l’œuvre de Philippe Cognée, parce qu’il travaille depuis 2000 sur les supermarchés devenus emblématiques d’une consommation débridée et de masse, les dépeignant tels des portraits de société et en même temps comme des lieux soigneusement architecturés. L’artiste peint aussi cette société de consommation au travers des abattoirs, où il aime se promener, trouvant ces lieux en phase avec notre époque troublée.

Depuis 2006, Philippe Cognée exploite un nouveau gisement d'images, les clichés par satellite diffusés sur Internet ainsi que les clichés Google Street View à 360° qui lui permettent d'explorer le monde entier depuis son atelier, de travailler sur les bâtiments et d’observer les différents régionalismes et particularismes architecturaux, proposant ce que l’artiste appelle des « portraits de maisons ». Il déclare : « Les images de villes que montre Google Earth sont inimaginables puisque ce sont des vues prises par satellite : on peut jouer à en saisir des plans très rapprochés vraiment impressionnants qui frisent l'abstraction ».

Depuis 2002, il est représenté par la Galerie Daniel Templon à Paris et Bruxelles.

En 2004, Philippe Cognée est nommé au Prix Marcel Duchamp

Expositions (sélection)

  • 2018 Persona grata, Mac/Val
  • 2014 Biennale de Busan, Busan, Corée du Sud
  • 2013 Vues d’en haut, Centre Pompidou Metz, France
  • 2011 Le réel est inadmissible, Le Hangar à Bananes, Nantes, et Musée de Monaco,
  • 2011 French Window: Looking at Contemporary Art through the Marcel Duchamp Prize, Musée d'art contemporain Mori, Tokyo
  • 2010 Nevermore 2010 au Mac/Val

Galerie

Philippe Cognée, Galerie Daniel Templon


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