La Vie de C. B.

Un article de Nezumi.

La Vie de C. B. ou Le Pacte avec le diable de Tasmanie ou encore L’œuvre ultime est une œuvre de Christian Boltanski commencée en 2010.
NB : Aucune dénomination officielle n'est définie pour cette œuvre

Depuis le 1er janvier 2010 et jusqu’à sa mort, l’artiste est filmé en continu dans son atelier par quatre caméras et les images sont retransmises dans une caverne en Tasmanie. Son atelier est un vaste espace minimaliste blanc et noir dans une impasse de Malakoff (Hauts-de-Seine), où se mêlent quelques photos, de petites figurines en métal, des couvertures de survie, des cartons à moitié ouverts et des publicités sur le sol. Les images seront stockées sur DVD et l'acheteur n'aura "pas le droit d'en faire quoi que ce soit" du vivant de l'artiste.

David Walsh incarne dans cette affaire le diable de Tasmanie puisqu’il a acheté cette œuvre en viager. (Pour mémoire le diable de Tasmanie est un marsupial carnivore). David Walsh est un collectionneur tasmanien qui a fait sa fortune au casino. 'Cet homme pense qu'il est plus fort que le hasard et qu'il ne perd jamais. Tout être qui ne perd jamais ou qui pense qu'il ne perd jamais est le diable forcément', déclare Christian Boltanski. C'est Boltanski qui a eu l'idée du viager et a fixé "la règle du jeu". Il a vendu cette œuvre en viager, au lieu de recevoir tout l'argent immédiatement. Le montant du viager a été calculé pour que la somme convenue soit payée en 8 ans. "Si je meurs dans trois ans, il est gagnant. Si je meurs dans dix ans, il est perdant", avoue Boltanski, hanté depuis toujours par l'idée de la mort."Lui m'a assuré que je mourrai avant huit ans puisqu'il ne perd jamais. Il a sans peut-être raison. Je m'occupe peu de ma santé. En tout cas, je vais essayer de survivre. On peut toujours se battre avec le diable".

L'idée d'être bientôt filmé en permanence n'a pas l'air de préoccuper Boltanski. "Ce n'est pas ma chambre à coucher, c'est mon atelier", souligne-t-il. Et puis les images vont en Tasmanie, île lointaine d'Australie, où "jamais personne ne va", selon lui.

David Walsh, qui a une collection de momies égyptiennes, a une passion pour les choses un peu macabres. Boltanski déclare  : " Dès 1969, j'ai écrit que je voulais mettre ma vie en boîte pour essayer de la conserver. Là encore, c'est l'idée d'essayer de conserver la vie tout en sachant que c'est impossible. Cet homme voulait acheter mes cendres, j'ai refusé. Je ne veux pas finir en Tasmanie. Il y a en revanche un petit temple au Japon qui me conviendrait très bien".

Boltanski déclare encore :"La particularité de cette œuvre, c'est que c'est mon œuvre ultime, elle va jusqu'à ma mort.

Boltanski en son atelier

Voir aussi les fiches cinéma Ann ; le cinéma de Nezumi; les artistes contemporains / Randonnées dans les Pyrénées

Voyages : les merveilles du Japon; mystérieux Viêt Nam; les temples et des montagnes du Népal ; le grand Istanbul; Afrique