Olivier Debré

Un article de Nezumi.

Olivie Debré plasticien contemporain français né en 1920 et mort en 1999 à Paris.
Il est considéré comme un des représentants majeurs de l'abstraction lyrique en France.
Il est le fils du professeur Robert Debré, le frère de Michel Debré et l'oncle de Jean-Louis Debré.

Biographie et œuvre

Troisième enfant de Robert Debré et de Jeanne Debat-Ponsan (fille du peintre Édouard Debat-Ponsan), le jeune Olivier est un bon élève au lycée Montaigne. Il passe ses vacances à Nazelles chez son grand-père maternel, Édouard Debat-Ponsan, qui l'encourage à peindre, dessiner et sculpter, puis à partir de 1933, dans le domaine Les Madères acquis par son père à Vernou-sur-Brenne, et où il a installé depuis lors un de ses ateliers. Il s'inscrit en 1937 pour des études d'architecture à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de son oncle Jacques Debat-Ponsan, et s'inscrit à la Sorbonne pour une licence d'histoire qu'il obtient en 1942. Il fréquente l'atelier de Le Corbusier.

Il est remarqué par Dunoyer de Segonzac et Picasso qu'il rencontre en 1941, ce dernier l’invitant à son atelier pendant l’hiver 1942-1943. C'est à cette époque que Georges Aubry expose ses premières toiles abstraites. En 1944, il épouse Denise Coulon, qui est l'arrière-petite-fille d'Eugène Scribe avec qui il aura deux enfants, Patrice et Sylvie ; puis il rejoint son père et son frère dans la Résistance. Il peindra dans la propriété familiale de sa femme à Saint-Georges-de-Didonne ainsi que sur le port de Royan jusqu'à sa mort. Durant la Seconde Guerre mondiale, le dessin lui permet de traduire toute l'horreur de la guerre : Le Mort de Dachau, Le Sourire sadique du Nazi, Le Mort et son âme. En 1946, il installe un atelier à Cachan, il y peint une toile de 8 m de long : La Vérité et la Justice poursuivant le crime. Il rencontre André Lanskoy.

En 1950, il fait la connaissance de ses grands aînés, les peintres abstraits Hans Hartung, Gérard Schneider, Serge Poliakoff, Maria Helena Vieira da Silva. Il réalise ses premiers Signes-personnages. Autour de 1950, il privilégie la matière et les couleurs sourdes. 1953 correspond à une période charnière dans l'œuvre d'Olivier Debré qui délaisse les signes-personnages pour les signes-paysages. C'est à cette époque qu'il prend conscience des possibilités multiples offertes par la technique de la lithographie qu'il n'a jamais cessé de pratiquer.

Au tournant des années 1960, il revient au paysage, sa peinture est plus fluide avec des ponctuations de concrétions épaisses qui délimitent et créent l'espace. Il qualifie alors sa peinture d’abstraction fervente car elle symbolise l'émotion ressentie devant le paysage. Le temps de la maturité correspond aux grandes réalisations pour des commandes et à la reconnaissance internationale. Ainsi, 1965 marque la réalisation de grandes toiles pour le lycée de Royan.

À partir de 1967, Olivier Debré participe à de nombreuses expositions collectives et personnelles ; il reçoit plusieurs commandes pour des établissements d'enseignement, lycées et facultés.

De 1980 à 1985, Olivier Debré est nommé professeur, chef d'atelier de peinture murale à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il réalise une céramique pour le mur extérieur de l'hôtel Nikko à Paris.

Abstraite et solidement construite dans les années 1940-1950, sa peinture a évolué à partir des années 1960 vers une spatialité qui renvoie à la liberté et à l'impermanence de la nature. Grand coloriste, son intervention sur l'espace pictural exalte la couleur. Dans les années 1970, sa peinture atteint un équilibre formel dans une suite de toiles d’un format carré.

Olivier Debré a parfois peint de très grandes toiles en faisant glisser une sorte de pinceau-balai sur la toile au sol, peignant toujours dehors, quel que soit le temps. Il a dessiné également un timbre-poste, des vitraux, peint plusieurs rideaux de scène, pour la Comédie-Française, pour l'Opéra de Hong Kong et le nouvel Opéra de Shanghai en Chine, ainsi que les fresques murales du Théâtre des Abbesses à Paris.

Il a aussi été sculpteur et illustrateur, entre autres des livres de Michel Déon, Francis Ponge, Edmond Jabès et Julien Gracq. Il a publié quelques essais artistiques, notamment pour donner sa vision de l'évolution des formes, et proposé une nouvelle architecture adaptée à la ville contemporaine.

Le 17 mars 1999, quelques mois avant sa mort en juin, Olivier Debré est élu membre de l'Institut de France, à l'Académie des beaux-arts.

À son décès, un hommage lui est rendu le 5 juin devant son atelier aux Madères et le 9 juin à la Comédie-Française. Il est enterré au cimetière de Nazelles.

Expositions et œuvres publiques (sélection)

  • 1949 : première exposition personnelle à la galerie Bing, à Paris
  • 1950 : salon d'automne de Paris
  • 1951 : la librairie-galerie la Hune présente pour la première fois les gravures d'Olivier Debré.
  • 1954 : salon Comparaisons, Paris
  • 1956 : galerie Michel Warren, Paris
  • 1959 : Phillips Gallery à Washington
  • 1963 : double exposition à la galerie Knoedler à Paris puis à New York
  • 1967 : Exposition internationale de Montréal « Expo 67 ». Il réalise une gigantesque peinture de 5 m × 2,5 m, Signe d'homme, pour le pavillon français.
  • 1970 : première exposition au Japon, à la Nippon Gallery à Tokyo
  • 1985 : rétrospective musées d'Orléans et de Metz
  • 1986 : Olivier Debré réalise le rideau de scène et de fer de la Comédie-Française
  • 1992 : mur extérieur de la Villa Kujoyama à Kyoto
  • 1993 : céramique destinée au temple Daikakuji à Kyoto
  • 1995 : rétrospective à la galerie nationale du Jeu de Paume à Paris

Galerie

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Bleu le soir à Royans, 1965, (Musée de Grenoble)


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Longue jaune de Loire, 1975


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Rouge couleur de Touraine, 1990

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