Olafur Eliasson

Un article de Nezumi.

Olafur Eliasson, né à Copenhague en 1967, plasticien contemporain danois.

Biographie

Olafur Eliasson a passé son enfance en Islande, vit et travaille à Berlin. Le thème principal de son travail est la lumière et l'eau. Ainsi Beauty, en 1993, consiste en un tuyau d’arrosage crevé par des trous duquel s’écoule de l’eau. Ce tuyau est éclairé de manière à ce que sous certains angles, le spectateur aperçoit un arc-en-ciel.

Son œuvre explore la relation existant entre la nature et la technologie, comme lorsque des éléments tels que la température, l'olfactif ou encore l'air se convertit en partie en éléments sculpturaux et en concepts artistiques.

Le 16 mai 2007, il reçoit le Prix international d’art contemporain Joan Mirò, organisé conjointement par la Fondation Joan Miró de Barcelone et la Fondation Caixa Girona. Une dotation de 70 000 € a été remise à l’artiste en même temps qu’un trophée dessiné par André Ricard. La Fondation Joan Miró et le Centre culturel Caixa Girona accueille, en juin 2008, une exposition de l’artiste spécialement créée pour ces deux lieux.

Sa pratique de l’art n’est pas limitée aux musées et aux galeries, elle touche une sphère beaucoup plus large à travers des projets architecturaux et des interventions dans l’espace public.

Le Studio Olafur Eliasson, situé à Berlin, rassemble quelques 85 personnes, dont des artisans, des techniciens spécialisés, architectes, archivistes, administrateurs, historiens d’art, web designers, graphistes, réalisateurs et cuisiniers.

Principaux projets

  • 1993 Beauty installation exposée aux musées d'art moderne de San Francisco, New York et Dallas.
    Grâce à l'utilisation de l'eau et du principe de la diffraction de la lumière, un arc-en-ciel plongé dans une pièce obscure apparaît. Un tuyau d'arrosage percé est disposé au plafond : sous la pression l'eau jaillit, créant un véritable rideau brumeux multicolore. L'intensité de l'arc-en-ciel varie selon l'endroit où le visiteur se trouve et la position qu'il adopte. Le voile d'eau représente ici la fragilité allant de paire avec la notion d'éphémère, tandis que les ondes lumineuses visibles composant la lumière blanche symbolisent la beauté.
  • 1999 Camera Obscura.
    Olafur Eliasson réutilise le principe de la camera obscura, connu depuis le XIe siècle. Ce dispositif optique se base sur l'émission d'un faisceau lumineux à travers une faille inscrite dans la paroi d'une pièce obscure. Cela permet d'obtenir une image inversée de l'extérieur. Dans sa première réalisation, l'artiste met en place un miroir reflétant une image de l'extérieur. Une lentille permet de concentrer l'image sur une surface horizontale dans la pièce. Cette installation a été mise en œuvre au Musée d'Art Moderne de la ville de Paris en 2002, où une partie de la tour Eiffel était ainsi projetée.
  • 1998-2001 Green River.
    Projet réalisé dans 6 lieux différents : Brême (Allemagne, 1998), Moss (Norvège, 1998), Route du bas Fjallabak (Islande, 1998), Los Angeles (États-Unis, 1999), Stockholm (Suède, 2000), et Tokyo (Japon, 2001). Le principe est de déverser de l'uranine dans des cours d'eau afin de modifier de manière radicale leur apparence et la relation qu'ils entretiennent avec l'environnement immédiat. Ce bouleversement visuel et physique a suscité diverses réactions de la population selon leur localisation géographique. Le produit introduit dans l'eau est une teinture soluble et non toxique, la fluorescéine, utilisée pour détecter les différents courants marins et océaniques. La couleur verte habituellement associée à la Nature transparaît dans ces contextes de manière très artificielle.
  • 2001 Kaléidoscope :
    De forme hexagonale, il se compose de 6 panneaux de miroir. La structure est suspendue au plafond. Ouverte à ses deux extrémités, le tunnel offre une vision démultipliée de l'espace et de ses spectateurs. Celui-ci a été exposé au ZKM à Karlsruhe en Allemagne. Le principe du kaléidoscope a fait l'objet de nombreuses expérimentations. L'artiste s'intéresse à la structure des cristaux, composée d'une multitude de facettes. Cela lui permet d'augmenter la surface de ses œuvres.
  • 2001 The Mediated Motion, Le Mouvement maîtrisé
    Série d'installations à la Kunsthaus de Bregenz, en Autriche avec lequel l'artiste et le paysagiste Günther Vogt ont tenté d'établir un réel dialogue. Celles-ci s'organisent sur 4 niveaux. Le rez-de-chaussée accueille un amas de bûches sur lequel se développent des champignons (lentuna edodes). Au premier niveau, on trouve une série de pontons survolant un bassin rempli d'une multitude de lentilles aquatiques (lemna minor). Le parcours se poursuit au deuxième étage, où de la terre compressée formant une pente douce recouvre entièrement le sol. Pour accéder au dernier niveau le visiteur emprunte un escalier en bois brut (superposé à l'escalier de béton existant) afin de ne pas interrompre le lien d'un paysage à un autre. Une passerelle suspendue, se termine brusquement sur un mur aveugle, obligeant le promeneur à rebrousser chemin. Cet effet de rupture est d'autant plus fort que la pièce est plongée dans un épais brouillard. Il s'agit d'une réelle promenade architecturale. Pour Eliasson le musée représente une «machine de vision» défiant nos sens et nos pensées.
  • 2002 Your Spiral View.
    Tunnel, composé de deux spirales imbriquées en acier à poli miroir. Le spectateur bénéficie d'une vue légèrement surélevée. La géométrie génère une impression de mouvement, dont la direction est difficile à discerner, l'image est répétée à l'infini.
  • 2003 La Situazione Antispettiva (50e Biennale de Venise).
    Pavillon islandais composé d'environ 250 cônes polygonaux en acier inoxydable, chacun poli sur sa face intérieure, et laissé brut à l'extérieur avec des boulons apparents en acier non traité. Les visiteurs peuvent apercevoir depuis l'extérieur, l'intérieur du kaléidoscope à travers les extrémités tronquées des cônes. Une fois à l'intérieur, le visiteur bénéficie d'une vue à 360°, où son image est reflétée à l'infini grâce aux nombreuses imbrications des facettes.
  • 2003 The Weather Project, Hall de Turbine de la Tate Modern de Londres.
    Un écran semi-circulaire est suspendu à 7,70m du fond de la salle. Ce dernier est rétroéclairé par environ 200 ampoules à monofréquence. Des cadres en aluminium sont suspendus sur un plafond tendus d'un film miroir, donnant l'impression que le volume est deux fois plus important. Derrière cette installation les visiteurs peuvent découvrir la mise en œuvre de ce dispositif de même que la partie supérieure du miroir est visible depuis l'étage supérieur du musée. Les visiteurs sont plongés dans un brouillard artificiel, grâce à la présence d'humidificateurs, ce qui permet de renforcer le jeu d'illusion et de désillusion instauré par l'artiste.
  • 2005 Your Invisible House .
    Pavillon réalisé en acier et vitres en verre-miroir, comportant deux parties similaires disposées l'une à l'intérieur de l'autre. Cette construction géométrique permet d'obtenir une multitude de perspectives différentes. Le cadre naturel se reflète dans les facettes brillantes du pavillon : l'environnement et la structure, ainsi dématérialisée, fusionnent.
  • 2006 Eye see you.
    Commande de Louis Vuitton, pour ses boutiques de luxe, installée dans 360 boutiques à travers le monde durant la période de Noël. Olafur Eliasson a utilisé le principe du four solaire, généralement employé pour la cuisson des aliments grâce au rayonnement solaire. Celui-ci est réalisé en miroir poli. En son centre, une lampe au sodium émettant une lumière monofréquence illumine la rue et crée des jeux de réflexion avec les voitures ainsi qu'avec le vitrage des magasins avoisinants. La perception de cet « objet » varie en fonction de la position du spectateur grâce à la présence d'un disque de verre chromatique devant la lampe. Ce projet fait référence à la notion de « regarder » et « d'être regardé » : les passants peuvent observer l'objet dans la vitrine qui leur renvoie leur propre image. Ce reflet incarne le désir envers un objet de consommation inabordable pour beaucoup.
  • 2007 Your Mobile Expectations, projet de la BMW H2R. La firme BMW a fait appel à Olafur Eliasson pour créer une "Art Car". Le travail sur ce projet a débuté en 2005, avec la livraison d'une BMW H2R à moteur hydrogène. Une équipe formée d'architectes, de designers, de scientifiques et de théoriciens a participé à l'élaboration de ce projet. Les objectifs étaient de travailler sur la mobilité, la perception, le design et l'architecture. Complètement dépouillé de sa carrosserie d'origine, le véhicule a reçu un nouveau cadre constitué de barres en acier. Dans un premier temps, le dôme géodésique ainsi créé fut entièrement recouvert de glace - le véhicule étant conservé dans un pavillon où la température était inférieure à 0°C. Lors de la seconde étape, deux milles litres d'eau ont été projetés sur la structure en acier soudé et miroirs. Une peau de glace et des stalactites se sont développées entre les deux couches. Enfin, la art car fut mise en lumière depuis l'intérieur par une lampe monofréquence.
  • 2008 The New-York City Waterfalls, installation temporaire réalisée de juillet à octobre 2008 à la suite d'une commande du Public Art Fund de New York.
    Dans le secteur de l'East River, quatre cascades artificielles ont été créées grâce à des structures imposantes (30 à 40 m de haut) composées d'échafaudages, et de pompes reliées à des tuyaux. L'une était située sous le pont de Brooklyn, une autre entre les appontements 4 et 5 de Brooklyn, et les deux dernières à Lower Manhattan (appontement 35) et sur Governors Island.
  • 2009 Your Atmospheric Colour Atlas , Musée d'art contemporain de Kanazawa, au Japon.
    Dans cette installation, l'artiste parvient à capturer la lumière colorée dans la brume via une approche originale mêlant effets lumineux, eau et brouillard. L'utilisation de vert, de bleu et de rouge fluorescents permet aux spectateurs de percevoir toute la palette du spectre lumineux alors qu'ils déambulent dans la pièce. De cette manière, le visiteur s'immerge totalement dans une expérience sensible de l'espace.
  • 2011 Your Rainbow Panorama, ARos Kunstmuseum, Aarhus au Danemark.
    Des panneaux transparents aux couleurs du spectre chromatique bordent un couloir circulaire de 52 mètres de diamètre et de 3 mètres de large. Situé au sommet du bâtiment, la promenade offre une vue dégagée à 360° sur la ville danoise. Véritable arc-en-ciel en lévitation, les visiteurs suspendus entre la ville et le ciel, participent à une véritable expérience sensorielle.
  • 2013 Moon.
    Lors de la conférence Falling Walls, Eliasson a présenté avec Ai Weiwei, connecté via le web à partir de Pékin, leur collaboration sous forme de plate-forme numérique ouverte qui permet aux utilisateurs de dessiner sur une énorme réplique de la lune par l'intermédiaire de leur navigateur Web. La plate-forme est une déclaration en faveur de la liberté d'expression et de collaboration créative.
  • 2015 Contact exposition inaugurale de la Fondation Louis-Vuitton.
    Conçues spécifiquement pour la Fondation, les œuvres apparaissent comme une suite d’événements survenant au cours d’un voyage. Traversant les passages et les vastes installations, les visiteurs deviennent partie prenante d’une chorégraphie de lumières, de reflets, de formes géométriques et d’ombres mouvantes. Des dispositifs optiques et des modèles, disposés tout au long du parcours, témoignent des recherches de l’artiste sur les mécanismes de la perception et la construction de l’espace. L’exposition explore les liens entre corps, mouvement, perception de soi et les rapports entre les gens et leur environnement.

Versailles

  • 2016 Eliasson est l'artiste invité pour l'exposition annelle, du 6 juin au 30 octobre au Château de Versailles
    ‎Il déclare : Je suis enthousiasmé de travailler dans un lieu aussi emblématique que Versailles. Le Château et ses Jardins sont si riches de sens et d’histoire, de politique, de rêve, de vision, c’est un défi exaltant de créer une intervention artistique qui modifie le sentiment des visiteurs et offre un point de vue contemporain sur cet héritage fort. Je considère que l’art est un coproducteur du réel, de notre sens du présent, de la société et de l’unité des hommes. C’est très inspirant d’avoir à travers l’art l’opportunité de coproduire la perception actuelle de Versailles »

Galerie

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Versailles 2016



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Contact, Fondation Louis-Vuitton, 2015

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