Mounir Fatmi

Un article de Nezumi.

Mounir Fatmi plasticien contemporain marocain, né en 1970 à Tanger. Il souhaite que son nom soit imprimé mounir fatmi.

Biographie

mounir fatmi construit des espaces et des jeux de langage qui libèrent tout particulièrement la parole de ceux qui les regardent. Ses vidéos, installations, dessins, peintures ou sculptures mettent au jour nos ambiguïtés, nos doutes, nos peurs, nos désirs.

Ils pointent l'actuel de notre monde, ce qui survient dans l'accident et révèle la structure, ils désignent nos critères et nos symptômes. Son regard sur le monde devient notre regard : l'hyper-densité du flux continu d'informations qui nous traverse tisse un réseau entre transparence et malentendu.

mounir fatmi travaille avec une variété de médias, dessin, vidéo, sculpture, installation. Il s’inspire de l’arabesque, de la calligraphie, mais part aussi de matériaux tout simples, des fils électriques, des boîtes de cassettes vidéo, tous éléments d’échange, de communication ou de propagande.

Chez mounir fatmi, la création, l’étincelle viennent du bi-culturalisme de l’artiste, pont entre deux mondes, enrichi par chacune de ses deux cultures, capable de porter un regard critique sur les deux côtés de la Méditerranée. Il s’est d’abord rebellé contre l’omnipotence du père, contre la chape de plomb des sociétés traditionnelles, ainsi son installation à l’entrée d’Africa Remix en 2005 (Mon père a perdu toutes ses dents).

Il porte un regard ironique, décalé, différent. Il utilise les signes, les symboles, les médias pour les détourner, leur donner un autre sens, nous révéler une dimension nouvelle. Ainsi de ce Rubik’s Cube qui devient une Ka’aba (Casse-tête pour musulman modéré), de ce crâne où s’inscrit une sourate (ci-contre, Tête dure), de ces drapeaux dont la hampe est un balai brosse (G8). Des “terroristes” portent une ceinture, non d’explosifs, mais de livres, autrement plus dangereux in fine (L’évolution ou la mort) .

En 2006, il reçoit le Grand Prix Léopold Sédar Senghor, la plus haute récompense de la 7ème Biennale de Dakar, ainsi que le Uriôt prize de la Rijksakademie, Amsterdam.

Son travail a reçu plusieurs prix et nominations dont le prix de la meilleure création vidéo au 8e Festival international de la vidéo, Îles Canaries, le Uriôt prize, stichting kunstprijs Willem F.C, à la Rijksakademie, Amsterdam.

mounir fatmi refuse toujours de céder à une forme acquise, jusqu'à son nom et son prénom dont il ôte les majuscules.

Quelques Œuvres

  • Embargo 1997
  • Body bags, 1999
  • Bordersickness, 2001
  • May God Forgive me, 2001-2004
  • Save Manhattan 2003
  • Obstacle, 2004
  • Commercial, 2004
  • Hard head, 2006
  • Out of history, 2006
  • Underneath, 2007
  • J'aime l'Amérique, 2007 à la Maison rouge, hommage à Jacques Derrida
    J’aime l’Amérique est une construction-déconstruction du drapeau américain à la manière de Jacques Derrida. En revisitant l’histoire de l’art, passant de Jasper Johns à Joseph Beuys, du Pop art à l’Arte povera, de l’art tout court à la politique, Mounir Fatmi transforme la bannière étoilée en un immense obstacle impossible à surmonter.
  • Keeping faith, 2007

Expositions collectives récentes

  • 2005 : Africa Remix au centre Georges Pompidou Paris
  • 2007 : 52ème Biennale de Venise
    • 1ère Triennale de Luanda
    • 8ème Biennale de Sharjah
    • 24 ème Biennale Memorial de Nadezda Petrovic, Serbie
  • 2008 : Paradise Now ! Essential French Avant-garde Cinema 1890-2008 à la Tate Modern de Londres
    • Flow, Studio Museum de Harlem, New York
    • Traces du Sacré, au Haus der Kunst, Münich et au Centre Georges Pompidou à Paris
  • 2009 : Salina Art Center
    • Beirut Art Center
    • Art Tel Aviv
    • Centro de Arte de Santa Monica
    • Kunstverein Medienturm Ilz
    • Biennale de Lyon 2009, Le Spectacle du quotidien
  • 2010 : Biennale Cuvée, Offenes Kulturhaus Oberösterreich, Linz, Autriche
    • One Shot!, Football et art contemporain, Charleroi, Belgique
    • Première Bienniale Méditerranéenne d'Haifa, campus Hanamal, Haifa, Israel

Voir aussi

Galerie


Ghosting Biennale de Lyon 2009
Pour Ghosting, ci dessus, à la Biennale 2009, l'artiste crée une œuvre composée de VHS dévidées sur un mur dont le rythme régulier des pivots de rembobinage blancs est rendu nébuleux par le flux des bandes vidéo qui serpentent jusqu'au sol et envahissent les photocopieurs situés à proximité. Sur les côtés, des projections vidéo diffusent des calligraphies arabes. La question de la duplication des mémoires, de leur usure, et par conséquent du bégaiement des transmissions culturelles et mentales est au cœur de cette œuvre.

Save Manhattan 2003, l'ombre de livres reconstitue les tours jumelles disparues de Manhattan

J'aime l'Amérique, 2007 à la Maison rouge

Voir aussi les fiches cinéma Ann ; le cinéma de Nezumi; les artistes contemporains / Randonnées dans les Pyrénées

Voyages : les merveilles du Japon; mystérieux Viêt Nam; les temples et des montagnes du Népal ; le grand Istanbul; Afrique