Mode d'emploi
Un article de Nezumi.
Mode d'emploi (suivre les instructions de l'artiste), exposition réalisée au Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg de septembre 2024 à juin 2025.
Commissariat : Philippe Bettinelli, conservateur au service Nouveaux médias du Musée national d’art moderne - Centre Pompidou, Anna Millers, conservatrice en charge de l’art contemporain au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg
Propos
Le titre est un clin d’œil au chef d’œuvre de Georges Perec, La Vie, mode d’emploi, dont le récit principal adopte le mode de la description comme point de départ de la narration. Ce projet d’exposition s’intéresse aux œuvres dites « à protocoles » qui parcourent la création contemporaine depuis les années 1960 à nos jours. Remettant en cause les notions d’auteur, d’originalité ou encore de pérennité, les œuvres à protocoles incarnent une pensée radicalement nouvelle de l’œuvre d’art que cette exposition invite à découvrir et expérimenter.
Ces œuvres présentent la plupart du temps les caractéristiques de l'Art conceptuel, et beaucoup sont liées à Fluxus
Une œuvre à protocole se manifeste à partir d’un énoncé formulé par l’artiste, sorte de mode d’emploi qui décrit les conditions de son apparition. À partir d’instructions données, écrites, orales, dessinées, l'œuvre peut être matérialisée le temps de son exposition. Ce modèle de création, dont l’origine est attribuée à Marcel Duchamp et László Moholy-Nagy, se développe à partir des années 1960. Il marque l’affirmation d’une nouvelle conception de l’œuvre d’art qui d’autographe (de la main de) devient allographe, c’est-à-dire que l'œuvre est activée par une autre personne que l’artiste. Ces œuvres se déploient dans l’espace de l’exposition aux côtés de documents et d’archives retraçant une histoire de la création protocolaire dans le domaine des arts plastiques mais aussi de la musique ou du design.
Artistes présentés
- Kader Attia
- Alice Aycock
- Ismaïl Bahri
- Robert Barry
- Cathy Berberian
- Samuel Bernier et Andréas Bhendf
- Michel Blazy
- George Brecht
- Daniel Buren
- John Cage
- Cornélius Cardew
- Claire Fontaine
- Claude Closky
- Grégoire D'Ablon
- Latifa Echakhch
- Morton Feldman
- Esther Ferrer
- Alicia Framis
- Yona Friedman
- Dora Garcia
- Felix Gonzalez-Torres
- Hans Haacke
- Mona Hatoum
- James Hennessey
- Dick Higgins
- Carsten Höller
- Fabrice Hyber
- IKHÉAOSERVICES
- Florence Jung
- Kapwani Kiwanga
- Alison Knowles
- Takehisa Kosugi (compositeur, 1938-2018)
- Jean-Noël Lafargue
- Tarek Lakhrissi
- Larva Labs
- La Monte Young (compositeur, né en 1935)
- Louise Lawler
- Sol LeWitt
- Annea Lockwood
- Christian Marclay
- Marianne Mispelaëre
- Vera Molnâr
- Claire Morel
- Bruce Nauman
- Pauline Oliveros
- Yoko Ono
- Nam June Paik
- Victor Papanek
- Pratchaya Phinthong
- Benoit Piéron
- Terry Riley
- Claude Rutault
- Matthieu Saladin
- Scratch Orchestra
- Mieko Shiomi
- Wadada Léo Smith
- James Tenney
- Rirkrit Tiravanija
- Capucine Vandebrouck
- Lawrence Weiner
- lan Wilson
- Erwin Wurm
Galerie
![]() Sur le mur: Sol LeWitt, 6 figures (3 sur la photo) au sol Claude Closky: Toutes les façons de fermer une boîte en carton ![]() Michel Blazy, Mur de pellicules rouges, 2015 ![]() Mieko Shiomi: Disappearing Music for Face, 11 min, 15 s, 1966. L’action consiste à passer graduellement du sourire au non-sourire. Ce film montre le sourire de Yoko Ono, filmé par le photographe Peter Moore à l’aide d’une caméra industrielle dont l’obturateur tourne à la vitesse de 2 000 images par seconde. Le film, projeté à vitesse normale, c’est-à-dire 24 images par seconde, produit un phénomène d’extrême ralenti ![]() Yoko Ono, Grapefruit, 1964, 200 instructions |
![]() George Brecht (1926-2008) Water Yam, édition de 1973 ![]() Takehisa Kosugi , Organic Music ![]() Esther Ferrer, Parcourir un carré, 1987 ![]() Alice Aycock; Clay # 2, 1971, Boîtes en bois, argile, FRAC Lorraine Alice Aycock visite en 1969 le parc mythique de l’Ouest américain, la Vallée de la Mort. Connue pour ses records de chaleur et son absence de précipitation, cette zone hyperaride garde notamment les traces cristallisées d’un lac évaporé il y a plusieurs milliers d’années. Véritable chantier, l’installation consiste en un coffrage de bois dans lequel l’artiste a coulé un mélange de poudre d’argile et d’eau. Une boue offerte à des processus d’évaporation et de craquèlement. |








