Miriam Cahn
Un article de Nezumi.
Myriam Cahn plasticienne contemporaine suisse née en juillet 1949 à Bale
Biographie et œuvre
Miriam Cahn naît en 1949 à Bâle. Son père, Herbert Adolf Cahn , est un archéologue et numismate allemand issu d'une famille juive de Francfort. La famille émigre en Suisse en 1933. En 1953, la famille vit à Rome.
De 1968 à 1973, Miriam Cahn fait ses études à l'école d'art appliqué la Gewerbeschule de Bâle auprès d'Armin Hofmann dans la section graphisme . Elle s'engage lors de cette période dans les mouvements féministes et écologistes. À sa sortie elle rejette cette forme de maîtrise de l'art et retourne au dessin : « l'urgence, l'existentialité, l'émotionalité évincées par le savoir-faire me manquaient » .
« Après la classe de graphisme, je me suis fait un plan quinquennal, c'est-à-dire je me suis donné cinq ans pour voir si l'art était vraiment ma voie. Mon père m'a donné de l'argent et je me suis jurée d'arriver à vivre de mon art à la fin de cette période. J'ai regardé comment travaillaient les galeries, entre autres à la foire Art. J'ai donné un carnet de dessin à la galerie Stampa. Puis en 1976, j'y ai fait ma première exposition. Ce fut le début. »
Miriam Cahn a commencé par utiliser le fusain et la craie. Elle fait essentiellement des dessins au fusain, à grande échelle sur papier et parfois à même les murs, à l'intérieur dans les espaces d'expositions mais aussi à l'extérieur dans l'espace public qu'elle occupe spontanément et sans autorisation préalable. Son travail se développe aussi autour de la sculpture, de la performance, du son et de la photographie.
Le travail de Miriam Cahn connaît une rupture formelle à la fin des années 1980 : elle commence à employer la couleur et en sus du dessin, se met progressivement à pratiquer la peinture, ne pouvant plus travailler au sol. Elle commence par frotter les pigments de couleur sur le papier, puis utilise la peinture à l'huile à partir des années 1990. Depuis cette même période, son travail se réfère de plus en plus aux grands conflits du monde (guerres de Yougoslavie, guerre du Golfe, attentats du 11 septembre 2001, printemps arabe, guerre en Ukraine).
En 2017, l'exposition à Paris Devoir-aimer, présente des silhouettes, hagardes, hydrocéphales, à la fois monstrueuses et attendrissantes. Miriam Cahn traite des sujets sociaux et politiques ; conflits armés, populations vulnérables, réfugiés. Pour cela, elle fait corps avec ses sujets mettant les corps représentés à dur épreuve.
Expositions (sélection)
- 1984 Biennale de Venise, elle représente la Suisse
- 2017 Documenta 14, Cassel
- 2021 Ouverture (Pinault-Paris) associé à Antonio Obá et Luc Tuymans
- 2022 59e Biennale de Venise The Milk of Dreams
- 2023 Ma pensée sérielle Palais de Tokyo
Première grande rétrospective consacrée au travail de l’artiste dans une institution française, elle réunit un ensemble de plus de deux cents œuvres de 1980 à nos jours. Miriam Cahn substitue à l’unicité de l’œuvre, un flux quasi organique d’images, organisées parfois comme dans un récit, en une écriture qui se refuse à toute linéarité au profit de clusters explosifs et d’échappées, autorisant une relecture des catégories de l’histoire de l’art. Ce qui relève du portrait, du paysage, de la peinture d’histoire, de l’intime, du collectif, se mêle pour composer une totalité organique. Les œuvres sont accrochées sans cadre, sans protection, comme des corps sans défense, dans un état de fragilité, de non fini, jonchant le sol. Comme si l’artiste avait dû s’échapper de l’espace muséal trop balisé, partager l’état d’errance de ces corps déplacés, expulsés qui souvent quittent le centre de la toile, la centralité du mur, pour migrer vers ses extrémités. Il n’y a pas de chef-d’œuvre à magnifier, à mettre en valeur pour satisfaire la demande du marché. Il n’y pas de hiérarchie entre les œuvres.
Galerie
![]() Bombe atomique, 1991 ![]() Fuck Abstraction Le tableau met en scène un personnage dominateur traité de façon assez réaliste et un personnage dominé à peine esquissé, comme s’il avait déjà commencé à s’effacer. Le contraste entre les deux corps renvoie aux rapports entre oppresseurs et oppressés qui sont au cœur des conflits. Ce tableau ne représente pas un enfant, mais une victime adulte, les mains liées dans le dos». Le tableau se veut une dénonciation de comment les viols sont utilisés, dans les guerres, comme armes et comment ils constituent des crimes contre l’humanité. «Ce n’est pas l’œuvre qui est violente mais la réalité de ce que vivent les soldats et les civils en temps de guerre et que dénonce Miriam Cahn dans son exposition. C’est d’ailleurs ce qui est indiqué sur place dans le texte d’avertissement accompagnant l’œuvre » |
Biennale de Venise 2022 ![]() Ma pensée sérielle Palais de Tokyo, 2023 |

Ma pensée sérielle Palais de Tokyo, 2023



