Mehryl Levisse
Un article de Nezumi.
Mehryl Feri Levisse plasticien contemporain français né en 1985 à Charleville-Mézieres
Biographie et œuvre
Diplômé d’un master en Théorie et pratique de l’art contemporain et des nouveaux médias avec pour sujets de recherche, la mise en scène du corps neutre, ainsi que l’évolution du religieux au profane des représentations des saints martyrs dans l’art contemporain. Il explore les frontières, les enjeux sociologiques et les représentations archétypales du corps, au travers de médiums tels que la photographie, l’installation ou les pratiques performatives.
En 2011 il part à Casablanca (Maroc) pour assister l’artiste contemporain Hassan Darsi ainsi que de la chorégraphe et danseuse contemporaine Meryem Jazouli, jusqu’en 2014. Cette même année 2011 afin de palier à l’absence de structure et de programmation dédiée à l’art contemporain à Charleville-Mézières, il fonde Balak, un espace temporaire d’art contemporain qui ouvre les portes d’une exposition une fois par an.
Dans son travail le corps n’est pas une fin mais un commencement, un matériau malléable et adaptable aux idées. Mehryl Levisse se met en scène dans des environnements de fortune inspirés par son histoire familiale, la littérature, les expériences de vie, la philosophie, la musique, la mythologie, le cinéma, les cultures populaires et beaucoup d’autres sources encore. Ses environnements à la fois pathétiques et critiques questionnent et parodient la société, utilisant les codes du théâtre et prenant le corps comme s’il était un objet. La transversalité de son travail l’incite à collaborer avec philosophes, théoriciens du langage, chorégraphes, marionnettistes, chercheurs, danseurs, sociologues.
Mehryl Levisse considère son travail photographique comme la trace documentaire de situations s’étant déroulées dans l’intimité de son atelier. Il construit soigneusement et patiemment ses environnements pièce après pièce au sein de son espace de travail, dans la volonté permanente de n’utiliser aucune retouche informatique une fois la captation photographique réalisée. Il vit et travaille entre Charleville-Mézières, Paris et Casablanca. Il est représenté depuis juin 2017 par la galerie New-Yorkaise Catinca Tabacaru.
La pratique de la danse a donné à Mehryl Levisse la faculté d’utiliser son corps dans tout son potentiel, de le penser au-delà du genre, d’anticiper les formes qu’il peut produire tout en connaissant ses limites. Un corps multiple que l’artiste introduit dans des installations au même titre que les objets provenant de ses nombreuses collections. Dès ses premières compositions, l’artiste a choisi de créer et d’aménager lui-même l’espace de ses mises en scène. Un moyen de contourner les contraintes architecturales et spatiales du lieu investi, un moyen aussi d’inventer un environnement complice pour le corps qui va l’occuper.
Si ces environnements n’existent pas réellement, ils sont le fruit d’une mise en place exigeante, rendue possible par la capacité de l’artiste à évaluer la présence d’un corps dans l’espace. Un travail que Mehryl Levisse exécute toujours seul afin de préserver la dimension intime du rapport entre l’objet et sa destination dans la composition scénique. Les choix qui président dans la constitution de ces environnements trouvent leur origine dans l’univers familial de l’artiste, dans les lieux où il a vécu et dans son histoire personnelle, de sa natale Champagne-Ardenne, au nord de l’Italie, en passant par le Maroc. Chaque bibelot, tenture, et souvenir renvoie à l’espace domestique, à la sphère du privé, à ces lieux de mémoire où s’expriment encore sentiments et émotions.
Depuis ses débuts, l’artiste collecte, classe et stocke tout les éléments qui pourraient lui servir à construire ses environnements et ses images, tous ceux qu’il a utilisés pour la production des précédentes compositions. Certaines de ces trouvailles peuvent parfois attendre des années avant de venir investir une mise en scène, d’autres s’y retrouvent de manière récurrente, comme le motif du crâne ou du trophée de chasse créant alors un lien entre les installations voire une narration entre les images. Un jeu de présence-absence entre ce qui apparaît dans l’image finale et les objets qui se trouvent face à lui qu’aucune retouche informatique ne vient accentuer. Un mécanisme narratif qui contribue d’ailleurs à la dimension de réalité, essentielle dans le travail de l’artiste et primordiale dans sa réception par le spectateur. Chaque scène est le fruit d’une action à la fois totalement fictionnelle et bien réelle, dont le public devient alors voyeur, et non pas le résultat d’une supercherie de photo-montage ou de retouche d’image.
Expositions (sélection)
- 2023 Histoires vraies au MAC/VAL
- Palais des congrès Montréal (CA) : La dernière fête
- 2022 ESAD - École Supérieure d'Art et de Design : Confidences pour confidences
- Frac Alsace : Perspectives #02 - Sélestat
- 2019 Institut Français de Casablanca : La lune est le soleil des statues - Casablanca (MA)
- 2016 Centre Pompidou - studio 13/16 : Images artifices
- FRAC Île-de-france - la vitrine de l’antenne : Société secrète -
- 2015 MONA : Museum of New Art : The selfie show - Detroit (USA)
- 2014 Galerie Duchamp Centre d'art contemporain : Les iconoclasses XVI - Yvetot
- 2013 Villa Douce - FRAC Champagne-Ardenne - hors les murs : Nuit des musées étudiantes #10 - Reims
Galerie
Welcome to the show espace 29 Bordeaux, 2021 MAC/VAL 2023, La lectrice, à gauche performance d'acteur, à droite mannequin |
Luxembourg Art week, 2022 2 acteurs et un mannequin |
