Lyon

Un article de Nezumi.

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Lyon, chef-lieu de la Région Rhône-Alpes et du département du Rhône, au confluent du Rhône et de la Saône, à 460 km au S.-E. de Paris et à 314 km au N. de Marseille.

  • Population : 483 181 hab. (recensement de 2008)
  • Population pour l'agglomération : 1 480 000 hab. (estimation pour 2013)

Présentation

La communauté urbaine de Lyon, le Grand Lyon, regroupe 55 communes et s'étend sur près de 50 000 ha. Sa population représente 75 % de la population du département du Rhône, pour une superficie qui ne représente que 15 % du territoire du département. L'ensemble de l'agglomération lyonnaise regroupe 85 % de la population du département.

La situation de Lyon a toujours été décrite comme un carrefour majeur sur l'axe mer du Nord-Méditerranée, à la convergence de voies transversales ouvrant par le haut Rhône vers la Suisse, par la Saône et les seuils de Bourgogne et d'Alsace vers les pays rhénans et germaniques, par les cols alpins vers l'Italie, et, dans une bien moindre mesure, par la vallée du Gier et les cols des monts du Lyonnais vers l'axe ligérien et l'Atlantique. Produit d'une semblable situation, le site de confluent a (fait rare) une valeur à la fois historique et actuelle, qui assure la pérennité de la fonction de transport fluvial et d'entrepôt, elle-même à la base de la vocation mercantile et financière qui devait assurer l'essor de Lyon. Mais ce site de confluent, combiné à celui d'oppidum (la Croix-Rousse, Fourvière), a largement été débordé par la croissance de la ville, qui, depuis le XVIIIe s., s'est étendue sur les îles stabilisées (Brotteaux) et les plaines alluviales fluvio-glaciaires de la rive gauche du Rhône, mais aussi sur les contreforts des monts du Lyonnais à l'ouest.

Liée à l'industrie textile, la chimie lyonnaise, à base pétrolière (plate-forme de Feyzin), produit des colorants, des matières plastiques, des fibres artificielles et synthétiques, des produits pharmaceutiques, aromatiques, photographiques. Ces activités sont complétées par le développement des biotechnologies. Si la soierie a assuré (canuts de la Croix-Rousse) la renommée de Lyon, elle ne présente plus, aujourd'hui, qu'une activité marginale et de haut luxe. L'essentiel de la production porte sur les textiles synthétiques et artificiels (filature, tissage, impression, confection). La métallurgie couvre une gamme de fabrications allant des biens intermédiaires (forges, fonderies) à la construction mécanique (machines-outils, machines textiles) ou automobile (camions, tracteurs, matériel de travaux publics) ou aux fabrications électromécaniques (moteurs de locomotives, machines tournantes). Ces productions se réalisent en unités de taille variable dans l'agglomération, mais font aussi appel à un réseau régional (Saint-Étienne, Grenoble) de sous-traitants. S'ajoutent à ces secteurs forts le bâtiment et les travaux publics et des industries plus traditionnelles (produits alimentaires, verrerie, papeterie, travail du cuir).

Le secteur tertiaire est aujourd'hui prépondérant. La fonction commerciale et de service, très diversifiée, a repris et amplifié les vieilles traditions marchandes, bancaires et culturelles : système financier, universités, École du service de santé des armées (la ville est également le siège d'une région militaire), Écoles normales supérieures, services juridiques, commerciaux (foire internationale), entreprises de transport et d'entrepôt (port Édouard-Herriot [conteneurs], centre d'affaires de la Part-Dieu). Si dans ce domaine Lyon souffre de la prééminence de Paris, son pouvoir s'exerce sur l'ensemble de la Région Rhône-Alpes. Une semblable diversité a engendré un tissu urbain complexe. Dans le vieux Lyon des bords de Saône, de Fourvière et de la presqu'île, les densités restent élevées et la modernisation est difficile en raison de la nature du tissu urbain et de l'importance du patrimoine historique et culturel (le site historique de Lyon est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1998). Autour, l'agglomération s'est développée selon des modalités différentes en fonction des époques et des activités dominantes.

L'élément essentiel est la rive gauche du Rhône avec ses plans géométriques associant quartiers industriels (Gerland), de résidence aisée (Tête-d'Or, Brotteaux), composites (Monplaisir), tandis qu'avec Villeurbanne, puis d'autres communes de la banlieue (Vaulx-en-Velin, Bron, Saint-Priest, Vénissieux), apparaît l'urbanisation plus récente (grands ensembles d'immeubles collectifs, zones industrielles, habitat pavillonnaire). C'est sur cette rive que les terres, abondantes et plates, permettent la réalisation des équipements lourds : port Édouard-Herriot, zones industrielles de Saint-Fons-Feyzin, de Vénissieux-Corbas-Saint-Priest, de Meyzieu, gare T.G.V., aéroport Lyon-Saint-Exupéry, anciennement Lyon-Satolas. La rive droite n'offre, au contraire, à l'expansion urbaine qu'un espace cloisonné par les reliefs. Mais la saturation du vieux Lyon explique l'extension de l'habitat collectif à la Duchère, Vaise, Sainte-Foy-lès-Lyon, tandis que le « balcon » sur la Saône, de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or à Saint-Germain-au-Mont-d'Or, devient un axe de résidences aisées, voire de luxe. La ségrégation spatiale urbaine qui en résulte alourdit, en dépit de coûteux aménagements (voies rapides sur berges, tunnels, rocades autoroutières), les difficultés de circulation dans l'agglomération. C'est, en partie, pour compenser ce déséquilibre que, en direction de Bourgoin-Jallieu et Grenoble, se développe, lentement, la ville récente de L'Isle-d'Abeau. Le grand projet urbain Lyon Confluence agrandit le centre de Lyon jusqu'au point de rencontre de la Saône et du Rhône. Ce nouveau quartier, dont la construction a commencé en 2006, associe des programmes résidentiels, tertiaires, commerciaux et d'équipements publics, le long du quai Rambaud, autour notamment de l'ancien bâtiment des Douanes, au sud-ouest de la gare de Perrache.

L'art à Lyon

La ville est devenue l'un des principaux centres de l'archéologie gallo-romaine. D'importants vestiges romains ont été dégagés sur la colline de Fourvière, où s'est ouvert en 1975 le musée de la civilisation gallo-romaine.

L'art roman s'est manifesté à Lyon avec vitalité. Trois abbayes déjà fort anciennes furent rebâties : l'Ile-Barbe, Saint-Pierre et Saint-Martin d'Ainay, cette dernière consacrée en 1107. Sa coupole sur trompes, son abside en cul-de-four suggèrent des rapprochements avec les édifices du Velay. Les églises des monts du Lyonnais et du Beaujolais ont des coupoles surmontées de la même tour-lanterne, et leurs absides sont également décorées d'arcatures, agrémentées à Ainay d'un décor antiquisant très raffiné. La seconde floraison romane, au milieu du XIIe s., semble déterminée par l'exemple de Vienne. L'ampleur des proportions, comparées à celles d'Ainay, le décor incrusté dans le mur – innovation venue d'Italie du Nord – se retrouvent dans le chœur de la cathédrale de Lyon, où des arcs trilobés rappellent des influences plus lointaines. Ce qui reste de roman dans l'église Saint-Paul se réfère encore aux origines viennoises. Les historiens de l'art médiéval ont raison de parler de « milieu rhodanien » plutôt que de « Lyonnais », marquant ainsi l'ouverture aux influences commandées par la géographie et par les dominations politiques et ecclésiastiques.

L'époque gothique est d'abord celle de l'achèvement de la cathédrale Saint-Jean, qui ne fut terminée qu'au XVe s. L'élévation de la nef transpose en gothique l'ordonnance du chœur roman. Les baies du triforium peuvent, à elles seules, retracer l'histoire de la construction, évoluant d'un style roman antiquisant à un gothique fleuri. Les remarquables reliefs sculptés aux soubassements des portails de façade, d'inspiration nordique, ont été comparés à ceux du transept de la cathédrale de Rouen. Les verrières témoignent de l'existence d'ateliers encore mal connus, sensibles à l'exemple chartrain au XIIe s., et d'une grande originalité iconographique. Deux églises symbolisent la croissance de la puissance bourgeoise et, avec elle, celle de la cité, qui, aux XIIIe et XIVe s., s'étend sur la presqu'île entre Rhône et Saône : Saint-Nizier, de style flamboyant (le portail est plus tardif), et Saint-Bonaventure, seule église franciscaine subsistant en France, toutes deux abritant des confréries artisanales. Il ne reste presque rien de l'architecture civile d'alors depuis le remplacement de l'ancien pont de la Guillotière.

De la Renaissance lyonnaise, au contraire, subsistent une cinquantaine d'hôtels urbains qui se ramènent au même type : sur des parcelles étroites et profondes, les bâtiments de façade et ceux de derrière sont reliés par des loggias superposées au-dessus de la cour, l'escalier à vis étant logé dans une tour d'angle plus haute que l'ensemble. L'exemple de choix, dans ce « Vieux Lyon » percé de « traboules » (passages à travers les immeubles), entre pentes de Fourvière et Saône, est l'hôtel de Gadagne, devenu musée historique de Lyon et musée de la Marionnette. Mais on chercherait en vain un monument grandiose. Un seul projet d'envergure, celui d'une sorte de palais des foires, sans doute réclamé par les marchands étrangers, fut peut-être confié à Philibert Delorme (auteur de la galerie de l'hôtel Bullioud) et encouragé par le roi ; mais celui-ci en laissant le financement aux Lyonnais, éprouvés par la conjoncture politique, et l'affaire en resta là. C'est dans les souvenirs des « Entrées » royales ou princières – récits ou dessins – et surtout dans l'art du livre, illustré par des créateurs comme le xylographe Bernard Salomon (connu de 1540 à 1561), que l'on perçoit l'esprit de la Renaissance.

L'époque classique est fertile en monuments. En 1646 fut commencée la construction d'une « maison de ville » ; l'allure primitive en a été bien modifiée par les restaurations de J. H.-Mansart et de Robert de Cotte, après un incendie où disparut l'ambitieux décor intérieur dû à Thomas Blanchet (1614 ou 1617-1689). C'était l'entreprise d'une municipalité qui avait perdu tout pouvoir réel depuis Henri IV. La royauté elle-même la poussait à se donner meilleure apparence et intervint aussi dans la restauration du couvent voisin des Dames-de-Saint-Pierre. L'austère façade de celui-ci doit beaucoup à l'architecture romaine du début du siècle ; la décoration intérieure du rez-de-chaussée révèle l'existence à Lyon d'un courant baroque plus fort qu'on ne l'attendrait d'une ville de tonalité sévère. La topographie urbaine, elle, ne pouvait guère se réclamer de celle des villes baroques : aucune percée dans la presqu'île, dont une grande part était aux mains des communautés religieuses. De la fin du XVIIe s., qui a également laissé plusieurs églises intéressantes, date la réalisation lyonnaise la plus connue, la place Bellecour (place Royale). Faute d'argent, cette campagne d'embellissement ne put être achevée que soixante ans plus tard (1738).

Les Révolutionnaires eurent le mérite de créer dans l'ancien monastère de Saint-Pierre le musée des Beaux-Arts, qui s'y trouve encore. Cette fondation put influencer les peintres lyonnais du XIXe s. En tout cas, c'est à la tradition davidienne que se rattache le double courant préraphaélite (Victor Orsel [1795-1850], Jean-Louis Janmot [1814-1892]) et ingriste (les frères Auguste [1804-1842], Hyppolyte [1809-1864] et Jean-Paul [1811-1902] Flandrin). Si l'on y ajoute le symbolisme de Puvis de Chavannes ainsi que les œuvres d'Auguste Ravier (1814-1895) et de Louis Carrand (1821-1899), qui décrivent la lumière extérieure à l'écart de l'impressionnisme et sans aucun esprit d'école, on perçoit l'existence d'un milieu riche, encore peu connu.

Au début du XXe s., Tony Garnier (1869-1948), guidé par une réflexion sociale, créa des édifices fonctionnels (hôpital Edouard-Herriot, stade, abattoirs…). Tandis qu'est entreprise la restauration du Vieux Lyon, des quartiers modernes se développent sur la rive gauche du Rhône. Les années 1970 voient le création du nouveau quartier de la Part-Dieu, centre culturel et commercial autour de la gare du TGV. Conçue par l'architecte Renzo Piano dans les années 1990, la Cité Internationale, aménagée entre le Rhône et le parc de la Tête-d'Or, est un vaste ensemble qui accueille notamment un Centre des Congrès internationaux, le nouveau siège d'Interpol, ainsi que le musée d'Art contemporain.

Le musée des Beaux-Arts, est l'un des quinze qui ont été institués en France par le décret consulaire de 1801 ; il occupe le palais Saint-Pierre, ancienne abbaye bénédictine des dames de Saint-Pierre (1659-1687). Il est riche d'une remarquable collection de sculptures (Mino da Fiesole, Coyzevox, les Coustou, Chinard, Daumier, etc.), ainsi que de peintures de toutes les écoles : œuvres de Largillière, Boucher, Prud'hon, Géricault (la Folle), Delacroix (Femme caressant un perroquet), Corot, Courbet (les Amants heureux), Manet, Claude Monet, Sisley, Gauguin (Nave nave Mahana), Braque, Dufy, etc. ; du Pérugin, de Q. Metsys, Cranach, Tintoret, Véronèse (Bethsabée), Rubens, Jordaens, Zurbarán, etc. (belle section hollandaise et flamande) ; rare série de peintres lyonnais du XIXe s. (Berjon, Janmot, les Flandrin…) ; décoration monumentale de Puvis de Chavannes.

Le musée de la Civilisation gallo-romaine, inauguré en 1975, a été creusé et aménagé par Bernard Zehrfuss aux flancs du théâtre gallo-romain de Fourvière. Il regroupe des collections relatives à l'antique Lugdunum (bronzes, statues, épigraphie, sarcophages, mosaïques, etc.). L'une des pièces majeures est sans doute la Table claudienne table de bronze gravée portant le discours prononcé au Sénat romain par l'empereur Claude (48 après J.-C.).

Le musée Guimet d'histoire naturelle, installé en 1912 dans le bâtiment précédemment consacré aux collections d'É. Guimet, contient des antiquités assyriennes, égyptiennes, de l'Inde et de l'Extrême-Orient, ainsi que des collections ethnographiques, paléontologiques, etc.

Le Musée historique de Lyon, fondé en 1921 dans l'ancien hôtel d'Amé de Pierrevive (XVIe s.), présente des fragments lapidaires, des étains, des faïences ; dans le même bâtiment, le musée de la Marionnette (dit « musée Gadagne »), fondé en 1946, fait une large place à Guignol et à Gnafron.

Le musée lyonnais des Arts décoratifs, dépendant de la Chambre de commerce de Lyon, a été installé dans l'hôtel Lacroix-Laval, construit par Soufflot (1739) ; très importante collection d'objets d'art.

Le Musée d'art contemporain de Lyon est un musée situé à la Cité internationale de Lyon, près du Parc de la Tête d'Or dans le 6e arrondissement de Lyon, et consacré à l’art contemporain. En 1984 le musée d'art contemporain, alors situé dans une aile de l'actuel Musée des Beaux-Arts de Lyon (musée Saint-Pierre art contemporain), s'intéresse particulièrement à la production in situ d'œuvres d'art. Ces productions sont l'occasion pour les artistes d'expérimenter des matières, des formes, des idées et des dimensions inhabituelles, et de créer des œuvres en harmonie avec le lieu. Le Musée rejoint son site actuel de la cité internationale en 1995.

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