Luciano Fabro
Un article de Nezumi.
Luciano Fabro (de son vrai nom Marcelino Fabro] plasticien contemporain italien né en 1936 à Turin, et mort en 2007 à Milan
Biographie et œuvre
Luciano Fabro est d'abord peintre. En 1959, il s'installe à Milan. Il se lie d'amitié avec Piero Manzoni et admire Lucio Fontana dont la conception de l'espace lui permet de définir l'un des principes majeurs de ses créations. En 1965, la galerie Vismara, à Milan, organise sa première exposition personnelle. Il y présente Buco (le trou), constitué d'une plaque de verre au centre de laquelle une image réticulée réfléchissante ménage une percée à hauteur du regard. Il déclare :« C'est la première œuvre qui résulte de la compénétration de deux espaces opposés, l'espace qui fait face au miroir et celui qui est derrière lui. » Il rédige une notice pour chaque pièce ainsi qu'une introduction pour le catalogue. Fabro souhaite par là établir personnellement le lien entre l'œuvre et le discours théorique susceptible de l'accompagner. De la même manière, il participe activement à la conception et à la mise en place de ses expositions.
En 1967, l'année de la participation de Luciano Fabro à la première des expositions Arte Povera, In spazio, l'artiste réalise In cubo. Il s'agit d'un cube de toile à cinq faces, le côté ouvert étant posé sur le sol. Réalisé selon les mesures de l'artiste, il peut se percevoir de l'extérieur comme une œuvre minimale, ou devenir pénétrable lorsque le spectateur le soulève et s'y installe. Il déclare « Le spectateur ne doit pas être seulement un spectateur, mais aussi le spectateur de lui-même, et l'œuvre est un filtre entre lui et les autres ».
Chacune de ses œuvres doit être comprise comme une réflexion sur les modes de perception, la nature des choses, nos façons de les considérer. Elle donne moins à voir qu'à recomposer mentalement, tel ce Carré (1965) composé de deux tiges de métal qui n'est carré qu'autant qu'il est placé de la bonne manière par rapport à des murs ou ces toiles qu'il réduit à leur condition première : au lieu d'être tendues sur un châssis pour recevoir de la peinture, elles pendent, froissées, pliées. Cette installation date de 1968. Elle fait écho aux expériences des minimalistes américains contemporaines et anticipe celles de Supports/Surfaces en France. La critique des modes traditionnels de la peinture et de la sculpture s'accomplit ainsi entre destruction et dérision.
Les cartes de l'Italie sont l'application politique et historique de cette démarche. Dans un contexte de troubles et de révoltes, Fabro, comme la plupart des membres de l'arte povera, prend le parti de la colère. En 1967, il commence la série des Pieds, installations monumentales modulées selon les lieux de présentation. Elles sont toutes composées selon le même principe : un "pied" de métal ou de pierre, plus ou moins figuratif ou allusif, prolongé par une longue "jambe" de soie colorée suspendue au plafond. Selon les matériaux et les lieux d'exposition, références et allusions changent : Antiquité, Renaissance, baroque, contemporain sont présents, de manière plus ou moins dissimulée.
Expositions (sélection)
- 1972 : Documenta 5, Cassel
- 1975 : Latin-Lover et Couronne de plomb à la Biennale de Paris
- 1987 : ARC Villeurbane
- 1992 : DOCUMENTA IX, Cassel
- 2004 : Musée Bourdelle, Paris
Posthumes
- 2008 : Quadriennale de Rome
- 2013 : Biennale de Lyon 2013
- 2015 : Slip of the Tongue, Fondation Pinault, Punta della Dogana, Venise
- 2024 : Arte Povera Collection Pinault Paris
Galerie

Lo Spirato, 1968

Pied, 1972

La doppia faccia del cielo, 1986

Italia all'asta, 1994
