Lucas Samaras

Un article de Nezumi.

Lucas Samaras plasticien contemporain américain d'origine grecque né le 14 septembre 1936 à Kastoria (Macédoine-Occidentale, Grèce).

Biographie

Le père de Lucas Samaras s'installe aux États-Unis en 1939, et il est rejoint en 1948 par sa femme et son fils. La famille vit à New York.

En 1951, Lucas Samaras est élève à la Memorial High School, en même temps que Fabian Zaccone. Entre 1955 et 1959, grâce à une bourse, il étudie à la Rutgers University de New Brunswick dans le New Jersey où il fait la connaissance d'Allan Kaprow et de George Segal : il participe aux happenings du premier et pose pour les sculptures en plastique du second. Claes Oldenburg, qui le fit également participer à des happenings, le rangera plus tard dans l'« École du New Jersey » (New Jersey school), aux côtés de Kaprow, Segal, George Brecht, Robert Whitman, Robert Watts, Geoffrey Hendricks et Roy Lichtenstein.

Grâce à la Bourse Woodrow Wilson, Samaras suit ensuite les cours d'histoire de l'art de la Columbia University de New York avec Meyer Schapiro (1959). En 1961, il est l'élève de Stella Adler au Conservatoire d'Art dramatique de New York.

Il se fait d'abord connaître comme peintre, sculpteur et performer avant de s'engager dans la photographie, se spécialisant dans des auto-portraits réalisés au polaroid et retouchés ensuite pour leur faire subir des déformations souvent inquiétantes. Il commence à exposer à la Reuben Gallery et à la Green Gallery de New York (1962) puis à la Pace Gallery, toujours à New York (1965).

Ses œuvres représentent l'intérieur à double titre. Imageries de l'inconscient, elles prennent place aussi bien dans le cerveau de Samaras que dans son appartement. La répétition des clichés et le processus de réapropriation permettent un travail de collage. C'est, à l'ère du multimédia, la technique des papiers collés, inventée par le cubisme, qui a été l'apanage du modernisme.

Lucas Samaras se compose une mythologie dont il est le héros autant que le héraut. Figure tautologique, figure du double, figure palindromique, figure de la gémellité, il explose les conventions et se met en scène en se mettant en jeu. Je est le sujet double et à mille facettes des compositions qui rappellent les photomontages des surréalistes de l'entre-deux-guerres. Lucas Samaras ajoute à cette prestigieuse filiation un esprit, une couleur toute psychédélique. Le travail chromatique est lui aussi essentiel dans les compositions. Que ce soient dans les tons les plus criards, les plus allumés, ou que ce soit dans le traitement du noir et blanc, le même soin est apporté à faire briller la couleur, à la rehausser.

Son travail n'est pas seulement un pur travail formel, il introduit une distorsion dans l'image. Le traitement de la couleur produit un flottement aqueux dans la photographie. La couleur sert de reflet déformant qui transforme le cliché en abstraction, qui conduit du réel vers le non figuratif. La transition s'opère par poésie, par abandon. Alors que le médium photographique est généralement conçu comme le reflet du réel, Samaras le détourne pour en faire le scrutateur de nos pensées enfouies, refoulées, inconscientes. Avec des tirages très travaillés, avec une attitude de plasticien, de bidouilleur, de gribouilleur, Lucas Samaras obtient des peintures photographiques.

Galerie

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