Les Compositions

Un article de Nezumi.

Les Compositions sont des œuvres de Christian Boltanski, réalisées de 1976 à 1984.

Christian Boltanski a beaucoup utilisé la photographie dès la fin des années soixante. Les premières œuvres comportaient en effet des photographies de petites tailles, en noir et blanc, des photographies tirées d'albums de famille ou à vocation documentaire, accompagnées de textes ou d'autres éléments. A partir de 1976, il redécouvre ce médium pour en faire un tout autre traitement. Désormais, de grandes photos en couleurs, toutes de la même dimension, assument à elles seules la force de l'œuvre. Boltanski crée ainsi une série qu'il intitule les Compositions.

Compositions (théâtrale, mythologique, classique, chevaleresque, décorative, héroïques, grotesques, architecturales, japonaises, enchantées, gastronomiques, etc. ) Les noms sont choisis en fonction des objets qu'elles représentent. Ce sont de grandes photographies au fond très noir qui sacralisent de menus objets ou des objets ordinaires. Leur dimension ainsi que leur éclairage clair-obscur leur procurent un air d'apparition. Ces objets se découpent, sur un fond noir, comme dans un théâtre d'ombres chinoises.

Les Compositions sont autant une mise à distance qu'une interrogation sur le statut de la peinture. En couleurs et monumentales, les " Compositions " de Boltanski naissent soit d'objets qu'il métamorphose par l'agrandissement photographique, soit d'objets qu'il bricole. Maniant l'image à l'époque de la reproduction, Boltanski obtient du tirage, qu'il encadre dans des coffrages de bois noir, l'effet du magique et du merveilleux qu'il tentait de retrouver depuis le commencement de son œuvre.

Les Compositions théâtrales de 1981 mettent en scène de minuscules pantins en carton ondulé que Boltanski fabrique pour l'occasion, avec du fil de fer et des attaches parisiennes. Ce sont de petits bricolages judicieux qui rappellent les objets en carton ondulé que Picasso réalisait dans les années dix. Mais, ici, ces jouets sont fabriqués par l'artiste pour lui-même. Ils appartiennent au registre du trésor personnel et relèvent de la sphère intime. Boltanski les compare à des fétiches vaudous, faits de bric et de broc, mais capables d'un fort pouvoir évocateur. Pour le public, ils n'apparaissent qu'à travers la photographie qui les monumentalise et les met à distance. La prise de vue est, selon Boltanski, l'étape du « refroidissement », de la séparation.

« L'objet est du côté de l'intime, du toucher, la photographie du domaine de la représentation », dit-il dans un entretien de 1984 (Boltanski, catalogue de l'exposition, Centre Pompidou). La photographie transfigure le travail manuel de la fabrication.


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Composition théâtrale 1981
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Composition chevaleresque 1984

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