Laurent Valère

Un article de Nezumi.

Laurent Valère plasticien contemporain français, d'origine martiniquaise, né en 1959 à Antony (92). il vit et travaille au Diamant (Martinique) et en Haïti.

Biographie et œuvre

Le parcours de Laurent Valère commence de manière très académique par un DESS de droit des affaires en 1983

Depuis les années 1990, Laurent Valère arpente les traces d’un art paradoxal proposant de conjuguer esthétisme, conscientisation, pour lui tout est message identitaire et naturaliste, et politesse dans la légèreté du propos lancé.

Son parcours est varié : d’abord Haïti et l’aventure de Charlemagne Péralte ce mulâtre nanti qui s’est opposé aux Américains au siècle dernier. Mêlant impressionnisme et symbolisme, Laurent s’y attardera de nombreuses années. Puis viendra Flore Gaillard, cette Sainte-lucienne qui mènera croisade contre le colonialisme anglais. Toujours ces grandes scènes avec dans un coin le héros et son mythe : l’homme face à l’histoire où le destin humain face au temps.

Son travail est constitué de grandes œuvres monumentales, dont le caractère hiératique impose à la réflexion. "Passant, qui rencontrez mon oeuvre, semble dire l’artiste, dépassez l’émotion esthétique et découvrez notre histoire". . Ainsi, alors que la plupart des monuments sont réalisés en bronze ou en marbre importés, il réalise ses sculptures à partir du bois ou du sable local. Aspect crayeux rappelant le deuil, la solennité et la tristesse; ce sont surtout des réalisations qui se fondent parfaitement dans la nature.

Expositions (sélection)

  • 1992 Exposition collective Mairie de Paris ; Antigua Art Show (Antigue)
  • 1993 Salon des Indépendants. Paris; Exposition collective à Castries, Sainte Lucie
  • 1998 Exposition collective Conseil général de la Martinique
  • 2003 Exposition Flore Gaillard au Marché d’Art Contemporain du Marin
  • 2005 Marché d’Art Contemporain du Marin
  • 2010 Pool Art Fair Basse-Terre, Guadeloupe
  • 2012 Exposition personnelle Hélico Fondation Clément, Le François - Martinique

Principales œuvres monumentales

  • Mémorial du Cap 110 au Diamant (1998), dans la nuit du 8 au 9 avril 1830, un bateau de traite clandestine transportant un nombre inconnu de captifs africains s’échoue sur les rochers de l’Anse Caffard, au nord de la ville du Diamant. Ce fait divers tragique, a pris une dimension historique et symbolique importante pour la ville du Diamant. Il s’agit du dernier naufrage de navire négrier de l'histoire de la Martinique. La commune a confié à Laurent Valère l’édification d’un mémorial sur le site présumé du naufrage, c'est-à-dire à l’Anse Caffard, au pied du Morne Larcher, face à la mer des Caraïbes.
  • Manmand’lo de la rade de Saint-Pierre (2004), sculpture monumentale (plus de 20 tonnes) représentant une sirène, une « manman dlo », version créole de la sirène qui selon les mythes fait chavirer les navires. Elle est un hommage à la mer et une invitation à sa protection. Elle est composée d’un visage et d’une nageoire placée à quelques mètres, comme si la « sirène » était enfouie dans le sable, regardant les bateaux passer à la surface.
  • Lambi des Anses d’Arlet (2009), une spirale de béton de 4m incrustée de lamelles de lambi marque la petite place des marin-pêcheurs des Anses d’Arlets. Elle brumise son petit nuage de gouttelettes d’eau à heures régulières. Le lambi est le symbole de la ville des Anses d’Arlets et cette œuvre participe à l’aménagement du front de mer.
  • Borne 0 (2012) Basse Pointe. Martinique
  • Totems Lélé Flags (2013), le bois lélé, appelé aussi bwa-lélé en créole est un petit bâtonnet façonné à sa terminaison dans un nœud de branches et servant à léler (mélanger des liquides). À l’entrée de la Ville de Saint Pierre, cinq bois lélés monumentaux de 6m de hauteur. Ils sont constitués d’un partie basse en bois de mahogany et de parties hautes métalliques et colorées. L’œuvre est intitulée « flags » (drapeaux), car elle mêle les couleurs du drapeau tricolore français (bleu-blanc-rouge) et celle du drapeau nationaliste (noir-vert-rouge)
  • Yemaya Saint Pierre (2015), à quelques dizaines de mètres de Manmand'lo, Yémaya, a été posée sur le fond sableux. C’est une sirène de 12 m de long, composée de trois pièces , laissant l’impression que le corps de la créature est partiellement ensablé.

Galerie


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Mémorial du Cap 110 au Diamant


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Lambi des Anses d’Arlet (2009)
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Sculpture sous-marine Manmand’lo
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Totems Lélé Flags , Saint-Pierre

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