L’œil vérité
Un article de Nezumi.
L’œil vérité , exposition réalisée au Musée d'art contemporain du Val-de-Marne, de mai 2023 à septembre 2024
Sous-titre : Une histoire de l’art contemporain en France, 1950-1990 et un peu au-delà
Commissariat général : Nicolas Surlapierre, assisté de Florence Cosson, Anaïs Linares et Margaut Segui
Propos
Cette exposition de la collection souhaite répondre à une demande : l’envie de voir ou de revoir des œuvres des collections permanentes qui, pour nombre d’entre elles, n’avaient pas été montrées depuis l’ouverture du musée en 2005. L'ambition est d’écrire, selon une unité de temps et de lieu, une sorte d’histoire de l’art contemporain en France depuis 1950. Entre la première œuvre de ce parcours et la dernière, « L’oeil vérité » éclaire la naissance d’une distinction entre art moderne et contemporain et ses ambivalences, celle-ci ne s’est pas faite immédiatement contrairement à ce que les historien-ne-s de l’art ont pu dire en avançant la date un peu trop commode de 1945.
En suivant les mouvements, cet accrochage relate les maints débats qui ont servi pour établir des signes distinctifs entre moderne et contemporain. Cet accrochage offre une réflexion sur le passage entre un art moderne, traditionnellement défini en rupture et un art contemporain qui ne se satisfait pas simplement de ce prérequis. Ce n’est donc plus simplement des notions historiques ou chronologiques mais une nouvelle relation aux problématiques de légitimation et de monstration. Il est important de noter que les œuvres semblent aussi transformer le public qui n’aura plus un rôle de consommation passive face à un récit trop bien ficelé.
Plutôt que de structurer l’accrochage des collections en donnant le nom des mouvements, l'œil a été choisi comme dénominateur commun, il joue et rompt à la fois avec certaines règles du regard et de la hauteur de vue et tente de prendre la vision sur le fait.
Un regard en 16 sections
- L’œil retors : comment appréhender les œuvres des collections depuis Marcel Duchamp, au premier et deuxième degré de l’art.
- L’œil abusé à la lumière d’une vraie fausse exposition de Jacques Charlier, rappelle les principaux discours sur la neutralité du regard moderne et son autonomie faisant fi du contexte.
- L’œil imprévisible pose les premiers jalons de cette histoire à l’aune des fausses ruptures et continuités,
- L’œil moteur parle des principaux acteurs du cinétisme, de l’art construit et du rôle joué par l’œil.
- L’œil impossible se livre à l’étrange exercice d’associer des artistes autour du souvenir de la couleur bleue, trois propositions qui interrogent la foi sans aucun prosélytisme lorsqu’elle devient un exercice formel et spirituel et invente des objets ou des postures de rituels.
- L’œil biface relate la révolution de la figuration narrative et son influence durable sur l’art contemporain.
- L’œil incompris évoque certaines évolutions issues des deux grandes tendances (figuration et abstraction) qui ont défini l’art, depuis la première œuvre abstraite en 1911 et ont simplifié les nombreuses ambiguïtés.
- L’œil curieux jouera de la relation que certaines artistes et certains artistes ont pour l’objet, le collage ou l’assemblage, créant au cœur du parcours un cabinet de curiosités comme un véritable bric-à-brac rétinien.
- L’œil pilote réinterroge le rôle surplombant que Jean Dubuffet a pu jouer.
- L’œil attendri est consacré à la photographie humaniste et à quelques-uns de ses développements.
- L’œil Restany n’est pas qu’un hommage au critique d’art, il met en espace et en forme quelques éléments essentiels du Nouveau réalisme qui, tel un chiffonnier roué, fouille dans les poubelles de l’Histoire.
- L’œil libéré met en avant l’incroyable longévité dans l’histoire de la contemporanéité du mouvement Supports/Surfaces.
- L’œil périphérique refuse de céder au trop long impérialisme de la vision centralisée.
- L’œil bobine évoque, d’une façon chorale, certains artistes de l'exposition qui, par le film, ont répondu aux mouvements qu’ils étaient censés représenter et les bénéfices et les doutes qu’ils ont su tirer de cette image-mouvement.
- L’œil fertile, en référence à Paul Eluard, leur est consacré, jouant sur la complétude des œuvres délibérément incomplètes et infinies.
- Enfin L’œil blessé synthétise, en onze plans fixes, le récit et le parcours d’une paupière irritée, celle que Sarkis a imaginée pour circuler dans les nuances entre l’histoire et la mémoire.
Artistes
- Valerio Adami
- Gilles Aillaud
- Arman
- Geneviève Asse
- Martin Barré
- Gilles Charles Roger Bec
- Claude Bellegarde
- Robert Breer
- Anne Brégeaut
- Joël Brisse
- Camille Bryen
- Marie-Claude Bugeaud
- Pierre Buraglio
- Daniel Buren
- Pol Bury
- César
- Jacques Charlier
- Roman Cieslewicz
- Delphine Coindet
- Émile Compard
- Olivier Debré
- Jean Degottex
- François Despatin & Christian Gobeli
- Daniel Dezeuze
- Erik Dietman
- Robert Doisneau
- Noël Dolla
- Jean Dubuffet
- François Dufrêne
- Erró
- Sylvie Fanchon
- Jacques Faujour
- Philippe Gronon
- Raymond Hains
- Hans Hartung
- Jean Hélion
- Pontus Hultén
- Christian Jaccard
- Alain Jacquet
- Asger Jorn
- Michèle Katz
- Ladislas Kijno
- Jiří Kolář
- François Kollar
- Jacqueline Lamba
- René Laubiès
- Philippe Lepeut
- Alberto Magnelli
- Robert Malaval
- Alfred Manessier
- Marino di Teana
- Jean Messagier
- Henri Michaux
- Bernard Moninot
- Jacques Monory
- Bernard Pagès
- Gina Pane
- Pavlos
- Bruno Peinado
- Daniel Pommereulle
- Clovis Prévost
- André Raffray
- Bernard Rancillac
- Martial Raysse
- Antonio Recalcati
- Judit Reigl
- Germaine Richier
- Willy Ronis
- François Rouan
- Sarkis
- Peter Saul
- Antonio Seguí
- Jean-Claude Silbermann
- Jesús-Rafael Soto
- Daniel Spoerri
- Peter Stämpfli
- Veit Stratmann
- Takis
- Hervé Télémaque
- Luis Tomasello
- Geer van Velde
- Vladimir Veličković
- Claude Viallat
- Jacques Villeglé
- Sabine Weiss
Galerie
Valerio Adami, 1963
Hervé Télémaque ,Tableau engagé, 1967
Bernard Rancillac, Le Retour de Mickey, 1964 Gina Pane, Ricordo avvolto di un mattino blu ( Souvenir enroulé d’un matin bleu), 1969 |
Sarkis, Trésors de la mémoire, 2002 Daniel Spoerri, L’éruption du Wesuwoff en Sibérie, 1985 |
