Kerala

Un article de Nezumi.

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Le Kerala (malayalam : കേരളം) est un État indien.

Géographie

Le Kerala, densément peuplé, s'étend sur près de 900 km au sud-ouest de la péninsule indienne. Il est couvert de denses forêts sur les contreforts des Ghats occidentaux et traversé d'un réseau de lagunes et canaux le long de la côte de la mer d'Arabie. Il est parfois surnommé « le pays de Dieu » (« God's own land »).

La capitale du Kerala est Thiruvananthapuram (900 000 habitants), connue sous sa forme coloniale de Trivandrum, et Kochi, connue comme Cochin (2 150 000 habitants) est la plus grande ville de l'État.

Le Kerala consiste en une étroite bande de terre le long de la côte sud ouest de l'Inde dont la largeur varie de 35 à 120 km. Il est bordé par la mer d'Arabie à l'ouest et par les Ghats occidentaux à l'est, culminant à l'Anamudi avec 2 695 m. Situé entre 8 °18' et 12 °48' de latitude nord et 74 °52' et 72 °22' de longitude est, sa modeste superficie, 38 852 km², représente 1,18 % du territoire indien.

Les États du Karnataka au nord et du Tamil Nadu à l'est sont les voisins immédiats du Kerala. Le district de Mahé qui fait partie du territoire de Pondichéry, est enclavé dans le Kerala.

Le Kerala est divisé en trois zones distinctes :

  • les montagnes et vallées profondes se situent à l'est, sur les contreforts des Ghats occidentaux. Elles sont couvertes de forêts denses et les courtes et nombreuses rivières kéralaises y prennent leurs sources pour se jeter dans la mer d'Arabie ;
  • la plaine centrale est constituée de collines et de larges vallées agricoles ;
  • sur la côte, longue de 580 km, les embouchures des fleuves abritent de nombreux ports. Longeant la côte, les Backwaters constituent un vaste réseau de lagunes reliées par des canaux communiquant avec la mer. De Thiruvanathapuram à Vadakara, ils représentent 450 km de voies navigables utilisées pour le transport avant de devenir une attraction touristique. Le lac Vembanad, entre Alappuzha et Cochin, est la plus importante réserve d'eau douce de l’État (200 km2).

Le climat du Kerala est tropical avec un régime de mousson du sud-ouest de juin à septembre. Les précipitations sont abondantes, 3 100 mm/an en moyenne (Inde : 1 197 mm/an) et il pleut entre 120 et 140 jours par an. En été, d'avril à juin, les températures atteignent 33 °C.

La variété géographique et le climat expliquent l'importance de la biodiversité. La forêt couvre 26 % de l’État, on y rencontre des essences recherchées telles que le teck, le bois de rose ou le santal ainsi que de nombreuses herbes aromatiques. Ces plantes donnent lieu à une activité économique appréciable : exportation de bois, artisanat, encens, huiles essentielles.

La faune est également très riche : léopards, tigres, éléphants, écureuils, singes, cerfs, ours et de nombreuses variétés d'oiseaux. Pour protéger cette richesse, nombre de ces plantes et animaux étant endémiques au Kerala, l’État a créé plusieurs parcs nationaux et réserves naturelles : Chinnar Wildlife Santuary, Eravikulan National Park, Jumarlom Bird Santuary, Periyar National Park, Silent Valley National Park.

Démographie et religions

Le Kerala possède un indicateur de développement humain élevé par rapport à son niveau de développement économique. L'espérance de vie et le taux d'alphabétisation sont très au-dessus de la moyenne nationale. De nombreuses personnes originaires du Kerala ont émigré à l'étranger, en grande partie dans les pays du Golfe. Les envois de fonds que ceux-ci effectuent équivalent à plus de 20 % du produit intérieur brut.

Avec 35 millions d'habitants pour 38 852 km2 en 2014, le Kerala a une densité de population de 890 habitants au km². C'est l'une des plus élevées du pays. La concentration de population la plus forte se rencontre dans la plaine côtière où la densité diffuse de l'habitat crée une continuité ville-campagne. Les villes principales sont : Thiruvananthapuram (889 000 habitants), capitale de l'État (son nom est souvent utilisé sous sa forme coloniale de Trivandrum), Kozhikode (880 000 habitants) et Kochi (1 350 000 habitants).

Le taux de natalité, 17,2‰, est un des plus bas de l'Inde (25,4‰). Le taux de mortalité global, 6,6‰ ainsi que la mortalité infantile, 11 ‰, sont également faibles. Ces chiffres ont permis au Kerala de limiter sa croissance démographique à 9,4% sur la période 1991-20018, alors qu'elle est de 21,3% pour l'ensemble du pays. Le Kerala est le seul État indien dans lequel le sex ratio, 1,05, est favorable aux femmes. On peut trouver une explication partielle à ce phénomène dans l'existence autrefois d'une organisation sociale matrilinéaire, ce qui vaut encore aujourd'hui une place relativement plus enviable aux femmes kéralaises.

L'espérance de vie, 73 ans en moyenne, y est également l'une des plus élevées de l'Union indienne (62 ans). Le niveau de vie au Kerala est relativement élevé. Le revenu par habitant est passé de 5 100 Rs en 1992 à 30 000 Rs en 2012, 72 % des foyers sont reliés au réseau électrique et 73 % ont l'eau courante. Cependant le chômage est important et de nombreux Kéralais travaillent à l'étranger, ils sont plus d'un million dans les pays du Golfe. Ils contribuent notablement à l'économie kéralaise par les revenus qu'ils rapatrient dans leur état d'origine.

La langue principale est le malayalam qui fait partie des langues dravidiennes, famille linguistique dominante en Inde du Sud.

Religion

D'après le recensement de 2001, le Kerala compte 56 % d'hindous, 24 % de musulmans et 19 % de chrétiens.

Cette arrivée progressive, et plus ou moins pacifique, des musulmans et des chrétiens ajoutée à l'activité maritime séculaire qui implique le brassage de population, expliquent sans doute la cohabitation plutôt harmonieuse des différentes communautés religieuses qui prévaut au Kerala jusqu'à présent.

La communauté chrétienne date de l'arrivée en 52 de saint Thomas qui y fonde l'une des premières Églises de la chrétienté ; puis elle est augmentée de chrétiens syriaques venus de Bagdad en 192. Cette communauté chrétienne parle le malayalam et ses membres s'appellent eux-mêmes les Nazaréens. Ils sont encore très influencés par le judaïsme et ont des relations avec les Nestoriens de l'île de Socotra. Cependant ce n'est qu'avec l'arrivée des colons portugais et de leurs missionnaires que la communauté chrétienne a pris de l'importance grâce au nombreuses conversions vers le catholicisme. Aujourd'hui, les trois quarts des Kéralais chrétiens sont catholiques.

Contrairement à ce qui s'est passé en Inde du Nord, l'arrivée au Kerala de populations musulmanes ne s'est pas faite par des conquêtes militaires, mais par l'apport progressif de commerçants. En effet, dès le VIIe siècle des marchands musulmans installent des comptoirs sur la côte kéralaise, s'y établissent et se marient à des femmes dravidiennes.

Le Kerala se distinguait par la présence d'une communauté importante d'israélites la plus nombreuse qui soit recensée en Inde. Celle-ci, qui comptait 2 500 membres en 1945, se réduit désormais à une dizaine d'individus (Juifs de Cochin) à la suite d'une émigration massive vers Israël.

Économie

L'économie du Kerala est principalement agricole, secteur qui emploie 17 % de la population active. La noix de coco sur la côte, le thé et le café sur les hauteurs, sont cultivés de manière intensive comme le caoutchouc (91 % de la production nationale), l'anacardier et les épices qui de tous temps ont été une richesse de la région. Les épices généralement cultivées au Kerala sont le poivre (96 % de la production nationale), la cardamome, la vanille, la cannelle et la noix de muscade.

La pêche en mer ou dans les Backwaters, et ses industries de transformation, sont aussi des activités importantes (crevettes, palourdes, homards et huîtres).

Les ressources minières kéralaises, bien que n'employant que 0,1 % de la population active, ne sont pas négligeables, on y extrait du monazite pour l'industrie nucléaire, de l'ilménite, du rutile, du zircon, de la bauxite et du kaolin.

Les nombreuses rivières descendant des Ghats ont permis la construction de barrages pour l'irrigation et la production d'énergie hydraulique. Cependant, les nuisances écologiques et humaines causées par l'inondation des vallées ont mobilisé l'opinion et les autorités sont en butte à une forte opposition telle celle suscitée par la construction du barrage Athirapally sur la Chalakkudy.

L'industrie textile et le tourisme sont les autres secteurs importants de l'économie kéralaise.

La variété des paysages, le climat, la richesse du patrimoine et la beauté de certains sites font du Kerala une destination touristique recherchée.

La longue côte kéralaise abrite de nombreuses et très belles plages parmi lesquelles on peut citer Kovalam à 16 km au sud de Thiruvananthapuram ou Varkala. Les stations climatiques, telles Munnar ou Nelliampathi, développées par les colons britanniques qui venaient s'y réfugier pour échapper à la fournaise de l'été, sont toujours appréciées. L'abondance et la qualité de la flore et de la faune retiennent également l'attention.

Les bayous (backwaters), la « Venise du Kerala », attirent un nombre important de touristes auxquels sont proposés des croisières sur des bateaux aménagés, les kettuvallams ou house boats. Le tourisme médical se développe depuis quelques années.

Le tourisme a pris son essor au Kerala dans les années 1980. Actuellement c'est un secteur important de l'économie qui représente 6,3 % du PIB, a un taux de croissance de 13 % et emploie 700 000 personnes. En 2005, le Kerala a accueilli près de 7 millions de touristes dont 350 000 étrangers, essentiellement de novembre à mars.

Galerie

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Backwaters


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Plantation de thé

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