Julie Mehretu

Un article de Nezumi.

Julie Mehretu plasticienne contemporaine éthiopienne, née à Addis Abeba en 1971.

Biographie

Après des études au Sénégal, elle part aux États-Unis, passe son adolescence au Michigan et obtient un MFA (Master of fine Arts) à la Rhode Island School of Design. Elle est en résidence au Musée des Beaux-Arts de Houston en 1998-99 puis s’installe à New-York où elle vit et travaille, avec sa partenaire la plasticienne Jessica Rankin.

Plusieurs de ses œuvres ont été présentées lors de l’exposition “Ethiopian Passages” en 2003. Elle fut l'une des deux éthiopiens présents lors de l'exposition "Africa Remix" (Dusseldorf-Paris-Stockholm-Tokyo-Johannesburgh).

Elle a également illustré les traductions anglaises de la poétesse grecque Sapho, sous le titre Poetry of Sapho, pour lequel elle a réalisé vingt imprimés en double page, qui viennent alterner avec les doubles pages des textes grecs accompagnés en face de leur traduction anglaise. Ces gravures sont composées de linéaments noirs qui rappellent les abstractions de Kandinsky. Elle se situent à mi-chemin entre formes architecturales (l’artiste se passionnant pour les civilisations perdues) et formes graphiques (la calligraphie et les hiéroglyphes).

En septembre 2005, elle a été lauréate du Prix MacArthur, très important dans la création artistique moderne.

Le MOMA a intégré plusieurs de ses œuvres dans ses collections permanentes, et elle expose de manière presque continue à New York, Berlin et Londres.

Ses très grands tableaux évoquent la relation fluide et changeante de l’individu et de la communauté à l’âge de la mondialisation[. Ils consistent en de grands tourbillons de couleurs et de formes distinctes ou non, qui expriment la vitesse de la foule, l'architecture moderne, le nombre conséquent d'objets qui régissent notre existence moderne. Chacune des œuvres est à la limite entre la figuration et l'abstraction, et rappelle par maints détails le cubisme et le futurisme du début du XXème siècle. Le trait est frénétique, comme la trace du passage humain. Ses toiles superposent des éléments (colonne, façade, porte ...) à des documents graphiques, des planimètres, des élévations. Julie Mehretu propose un langage plastique singulier, fondé sur le contraste. Elle superpose en effet des formes architecturales figuratives avec des couleurs furtives abstraites, qui suggèrent le mouvement et la vitesse et dégagent une énergie débordante.

Dans la lignée des esthétiques futuristes et cubistes de la première moitié du XXème siècle, Julie Mehretu propose dans ses toiles de vertigineuses transcriptions plastiques des dynamiques et lignes de forces du monde urbain, de l’hybridation de ses architectures et de ses habitants, de la globalisation et de l’extrême rapidité de ses échanges qui viennent s’inscrire dans un paysage de plus en plus dense, uniformisé et vertical. Il s’agit de traduire visuellement la modernité technique et urbaine, à l’aube du XXIème siècle, par la distorsion des lignes figuratives, des plans et autres perspectives, Julie Mehretu propose un langage plastique singulier, fondé sur le contraste. En effet, chacune de ses peintures confronte la rigueur et l’ordonnancement d’un langage topographique et architectural figuratif, avec des structures architectoniques souvent discrètement suggérées par des couleurs claires et ternes à l’arrière-plan, à l’état de filigrane, de ruines, telles des toiles d’araignée reliquats d’une méga-structure urbaine, à un tumulte de lignes, de formes géométriques et d’aplats de couleurs vives qui explose au premier plan.

En 2011, pour Éloge du doute, Punta della Dogana, à Venise, Julie Mehretu a réalisé deux immenses tableaux, l’un horizontal, l’autre vertical occupant tout le « cube » de Tadao Ando, cœur idéal de l’édifice symbole d’une ville historiquement fondée sur le commerce, en d’autres termes sur le mouvement, et pourvue comme aucune autre d’un caractère changeant dû à l’omniprésence de l’eau. Ces œuvres, centrées sur le changement perpétuel qui marque la vie de la ville aujourd’hui, élargissent la réflexion à la ville d’autrefois, recherchant dans l’héritage de la peinture de la Renaissance, son usage de la lumière et de la profondeur, la règle de composition selon laquelle la verticalité renvoie au rapport avec le divin et l’horizontalité est réservée aux choses humaines. Ces deux œuvres, qui brouillent la limite entre figuration et abstraction tout en maintenant comme point de repère le monde réel, sont des métaphores exemplaires du caractère toujours plus complexe et multiforme du XXIème siècle, que l’artiste représente sans renoncer aux moyens traditionnels du dessin et de la peinture. En s’inspirant de recherches sur l’histoire de Venise, qu’elle met en correspondance avec New York.

Julie Mehretu déclare:
Ce sont avant tout des espaces et des structures culturelles, humaines, qui sont représentées. Mes peintures se situent dans un non-lieu : un terrain vide, une carte topographique abstraite. En combinant plusieurs types de plans et dessins architecturaux, j’ai essayé de créer une vision métaphorique et tectonique d’une histoire structurelle. J’ai voulu ancrer mes peintures dans le temps et dans l’espace. Il y a donc bien, un ancrage historique et géographique, qui implique un regard ambivalent sur l’homme contemporain. Il s’agit de représenter les stratifications multiformes de lieux, d’espaces et de temps qui conditionnent la formation de l’identité personnelle et collective .

Expositions (sélection)

  • 2012 dOCUMENTA (13) Cassel
  • 2011 Éloge du doute, Punta della Dogana, Venise
  • 2010 Julie Mehretu: Grey Area, Solomon R. Guggenheim Museum, New York
  • 2009 Julie Mehretu: Grey Area, Deutsche Guggenheim, Berlin
  • 2008 Julie Mehretu: City Sitings, North Carolina Museum of Art, Raleigh USA
  • 2007 Julie Mehretu: Black City, Kunstverein Hannover / Louisiana Museum, Humlebaek
    • Julie Mehretu: City Sitings (traveling through 2008), The Detroit Institute of Arts, Detroit
  • 2006 Black City, MUSAC - Museo de Arte Contemporáneo de Castilla y Léon
    • Julie Mehretu – Heavy Weather, Crown Point Press, San Francisco
    • The Unhomely: Phantom Scenes in Global Society, 2nd International Biennial of Contemporary Art in Seville, Espagne
  • 2005 Drawings, The Project, New York
    • Currents, St Louis Art Museum, St Louis
  • 2004-2007 Africa Remix : Dusseldorf-Paris-Stockholm-Tokyo-Johannesburgh
  • 2004 Matrix, University of California Berkeley Art Museum
    • Julie Mehretu: Drawing into Painting, REDCAT, Los Angeles
    • Déjà-vu, Carlier gebauer, Berlin
    • Landscape Allegories, Thomas Dane, Londres
  • 2003 Julie Mehretu: Drawing into Painting, Palm Beach Institute of Contemporary Art
  • 2002 Julie Mehretu: Renegade Delirium, White Cube, Londres
  • 2001 The Project, New York
    • Art Pace, San Antonio
  • 1999 Module, Project Row Houses, Houston
  • 1998 Barbara Davis Gallery, Houston
  • 1996 Paintings, Sol Kofler Gallery, Providence, USA
  • 1995 Ancestral Reflections, Archive Gallery. New York, NY
    • Ancestral Reflections, Hampshire College Gallery, Amherst, MA

Galerie

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dOCUMENTA (13) Cassel ; 2012

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