Jean-Michel Alberola

Un article de Nezumi.

Jean-Michel Alberola, plasticien contemporain français né en 1953 à Saïda (Algérie), vit et travaille à Paris. Depuis 1982, il est représenté par la Galerie Daniel Templon à Paris.

Biographie

Peintre associé à la Figuration libre, Jean-Michel Alberola interroge l'idée «de la fin de la peinture» chère au XXème siècle, au travers de toiles et d'oeuvres peintes à-même le mur. Dans les années 80, Jean-Michel Alberola était préoccupé, comme d’autres peintres de sa génération, par le devenir de la peinture et la pertinence de sa pratique.

Acteon Invenit (1987) présente onze aquarelles, onze photographies, onze visages identiques. Une façon peut-être de représenter, et les circonstances des onze années qu’il vient de vivre, et l’héritage des années soixante-dix dont il inclut la parole : une période où l’image photographique relève aussi de l’objet trouvé, de la citation et où lui-même poursuit ses obsessions à travers toutes sortes d’images, dans un jeu d’accumulations questionnant à la fois le statut et les pouvoirs actuels de la peinture.

Pour Jean-Michel Alberola, la seule façon de rendre une pratique picturale pertinente aujourd’hui est de la remettre dans les choses du monde. Alberola poursuit une perspective essentielle de son travail : engager sa peinture dans un rapport dialectique au réel, inscrire sa pratique dans le devenir de l’histoire. Alors l’image cesse d’être immédiatement lisible en s’ouvrant à l’opacité du monde.

Peintre avant tout, il utilise, ans la lignée des conceptuels, photographies, cartes postales, objets trouvés, films et textes. Il mêle savoir-faire et connaissance de l’histoire de la peinture pour nous parler de la provenance de la toile à travers la discontinuité du récit. D’une toile d’abord séduisante et sur laquelle il revient inlassablement, consacrée à la religion avec notamment la figure emblématique de Suzanne et les vieillards, au mythe avec Diane et Actéon, il construit depuis 1982 une mythologie personnelle. D’après l’histoire, Actéon est mort pour avoir vu ce qu’il n’aurait pas dû voir. L’appropriation de ce nom par l’artiste manifeste une volonté de mêler l’histoire de la peinture et la sienne. Il ne veut pas distinguer, refuse toute hiérarchie entre les éléments qui composent son œuvre, les pensées et choses accumulées dans son atelier, les faits ou trouvailles glanés au gré de ses nombreux voyages.

Albérola est un moraliste, un polémiste. Il est fidèle à la méthode d'en appeler à la peinture pour développer des fictions incommodes et enchantées. Il est très sensible à l'actualité. C'est un des rares Français qui juge plus important de s'opposer aux critiques flottantes qui dominent la peinture depuis des années.

D'une « intranquillité » permanente naissent des corps analysés, de nombreuses crucifixions, des portraits, des paysages, et autant de carnets de dessins, de toiles et de citations, d’écrits et de livres d’artiste. Le temps se charge de l’insaisissable pendant que Jean-Michel Alberola médite sur les significations contemporaines des œuvres du passé (de Nicolas Poussin à Gustave Courbet, des frères Le Nain à Francis Bacon, d’Henri Matisse à Pablo Picasso, etc.). De la mort à la résurrection, du corps de l’artiste en morceaux à l’icône, comment remettre inlassablement en scène la peinture ? En la laissant signer elle-même son impureté, son excès, revendiquer la saturation et le désordre qui l’animeront toujours. « Plus abstraite est la vérité que tu veux enseigner, plus il te faudra séduire les sens en sa faveur. »

Les sculptures en néon de Jean-Michel Alberola, dessinant des paroles ambiguës, entre prophétie provocatrice, slogan politique et jeu de mot interrogent la valeur du slogan, du mot d'ordre à l'origine de la création. Les oeuvres en néon mêlent réflexion politique et artistique et questionnent le spectateur sur sa relation à l'oeuvre d'art et sa commercialisation. Cette présence surprenante du néon maniifeste la volonté de Jean-Michel Alberola d'être un artiste imprévisible proche de l'esprit de continuation et de remise en cause propre à l'art de la fin du XX° siècle.

En 2003, l'aménagement et la décoration des espaces d'accueil de la Maison rouge, à Paris lui ont été confiés.

Il déclare : "Chaque tableau est toujours pour moi un fragment : je demande à ce que l’ on ne considère jamais un tableau seul, ce qui compte, c’ est l’ ensemble de l’ histoire qui avance. Un tableau est comme un mot et pour faire la phrase, il faut beaucoup de mots ou de tableaux."

Expositions personnelles (sélection)

1982

1983

  • Foire de Stockholm, Suède (Daniel Templon)
  • Galerie Raab, Berlin, R.F.A.
  • Engström Gallery, Stockholm, Suède
  • Foire de Venise, Italie (Daniel Templon)

1984

  • Les images peintes 1978-83, galerie municipale de Saint-Priest, musée des Beaux-Arts du Havre, abbaye de Fontevraud
  • Remake, galerie Kaj Frosblom, Helsinki et galerie Grafiart, Turku, Finlande
  • Présentation de l'Actéon Invenit, Ghislain Mollet-Viéville, Paris

1985

  • Courir deux lièvres à la fois, Arnolfini Gallery, Bristol, Angleterre
  • Présentation du toréador aléatoire, Gimpl Fils Gallery, Londres
  • La Peinture, l'Histoire et la Géographie, centre Georges-Pompidou, Galeries contemporaines, Paris

1986

  • De tous les saints (baptême), Institut français, Naples, Italie
  • La Peinture, l'Histoire, la Géographie et le Commerce, Kunsthalle, Düsseldorf
  • Retour d'Afrique, Institut français, Naples, Italie

1987

  • Impressions d'Afrique, association Centre d'art contemporain Passages, Troyes ; musée de la Chaussure, Romans-sur-Isère et Musée Faure à Aix-les-Bains
  • Présentation de l'ex-voto, galerie Pietro Sparta, Chagny
  • Reine de banlieue, château de Saint-Ouen
  • 11 ans après, école des Beaux-Arts de Mâcon

1988

  • Diverses considérations concernant la première apparition de B. Gracian à Rouen, chapelle du lycée Corneille et chapelle Saint-Louis à Rouen

1989

  • Galerie des Beaux-Arts, Bruxelles, Belgique
  • Galerie Catherine Issert, Saint Paul de Vence, avec Bertrand Lavier et Erik Dietman

1990

  • Galerie Kaj Forsblom, Helsinki, Finlande, musée des Beaux-Arts, Toronto
  • Galerie Pascuale Trisorio, Naples, Italie
  • Astronomie populaire, musée des Beaux-Arts, Nîmes
  • Galerie Marthe Carreton, Nîmes
  • Galerie Daniel Templon, Paris

1991

  • Galerie Catherine Issert, Saint-Paul, avec Bertrand Lavier et Erik Dietman
  • Commanderie Saint Jean, musée du Nimègue, Pays-Bas

1992

  • Eric Linard Editions, Strasbourg
  • Les rendez-vous de l'ARC, présentés par Bernard Marcadé, musée d'Art moderne, Paris

1993

  • Galerie Daniel Templon, Paris
  • Avec la main droite, musée d'Art moderne, cabinet d'Art graphique, centre Georges-Pompidou

1994

  • Ce qu'il reste de l'Impression d'Afrique !, galerie Patrick Martin, Lyon
  • Quelque chose, galerie Knapp, Lausanne

1996

  • Qu'y a-t-il dans les poches du Gilles ?, Fond régional d'art contemporain de Picardie
  • Un groupe de ..., galerie Natacha Knapp, Lausanne

1997

  • Jean Michel Alberola, musée d'Art moderne de la ville de Paris
  • Autour de 39 polaroïds de Georges Perec, commissaire Jacques Poli, école régionale des Beaux-Arts de Rouen
  • Figures et paysages, œuvres du Frac Île-de-France, un choix de Y. Michaud, CRAC Altkirch
  • Version originale sous-titrée, Galerie nationale slovaque, Bratislava

1998

  • Corpus, galerie Knapp, Lausanne
  • Il parle, je peins, Fond régional d'art contemporain de Picardie
  • Ni pelote, ni poker, musée des Beaux-Arts de Chartres
  • Un air connu, musée d'Art et d'Histoire de Genève
  • Une semaine de vacances, galerie du Grand Wazoo, Amiens

1999

  • Présentation de trois murs peints, galerie Item, Paris
  • Plakate in der Stadt, un projet du FRAC Picardie, Weimar
  • Un parasite, galerie Daniel Templon, Paris

2000

  • Terriblement forain, centre d’art contemporain Passages, Troyes
  • Le voisin, chapelle des Jésuites, Arles

2002

  • J’ai l’impression de parler à un mur, galerie Daniel Templon, Paris
  • Je ne m’appelle pas Pierrot, je m’appelle Ferdinand, Institut franco-japonais, Tokyo

2003

  • FRAC Picardie
  • Triennale d'Echigo-Tsumari (Japon)

2004

  • Chez Daniel, galerie Daniel Templon, Paris

2005

  • Galerie Catherine Issert, Saint-Paul-de-Vence
  • Galerie Daniel Templon, Paris

2006

  • Les Grands et les Petits, La Verrière Hermès, Bruxelles
  • La Force de l'art 2006, Paris
  • La Tristesse du Roi, Creil

2007

2008

  • La précision des terrains vagues (extension), Musée d'art moderne de Saint-Étienne
  • Jean-Michel Alberola, rétrospective huile sur toile, Musée des Beaux-Arts de Nancy

2009

  • L'Œuvre Imprimé ,BnF François Mitterrand, Paris 13°

Galerie

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Triennale d'Echigo-Tsumari (Japon) 2003

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