James Coleman

Un article de Nezumi.

James Coleman, né en 1941 à Ballaghaderreen, comté de Roscommon, artiste contemporain irlandais.

James Coleman a étudié au National College of Art and Design, à Dublin et à la University College Dublin et puis il fut à Paris et à Londres avant Milan, où il y est resté vingt ans.

Il vit et travaille à Dublin et à Paris.

Il réalise des installations et des vidéo lié au glissement : séquences d'effacement, d'images immobiles, de sons désynchronisés. Souvent, les situations sociales sont dépeintes avec une précision qui, paradoxalement, crée une ambiguïté narrative. Ainsi en 1991 Line of Faith, littéralement «Ligne de foi», est une sorte de making off d’une séance de prise de vue photographique au cours de laquelle James Coleman s’est essayé à la reconstitution d’une illustration d’époque de la bataille de Bull Run (1861). La caméra suit, en longs plans fixes, la reconstitution idéalisée. À l’écran, s’éternisent de minutieuses mises en place de cavaliers sabreurs et de fantassins, de blessés agonisants ou déjà morts, écrasés sous leur monture de carton-pâte, qui conversent de choses et d’autres, comme indifférents à l’histoire qu’ils figurent.

Dans l’œuvre de James Coleman, les images s’échappent des champs de références certains et fiables qui pourraient leur donner sens. Les mécanismes d’interprétation s’en trouvent fatalement perturbés. Le spectateur découvre que cette image, que l’on croyait «digne de foi», n’est rien que «ligne de fuite(s)».

James Coleman a représenté l'Irlande à la Biennale de Paris en 1973. Le titre de Doctor of Fine Arts honoris causa lui a été remis par l'université nationale d'Irlande à NUI Galway en juin 2006.

  • 2007 : Documenta 12 de Cassel
  • 2009 : La Force de l'art 2009 à Paris
    James Coleman présente pour un film-vidéo projeté sur grand écran plein jour qui montre le « making of » de la reconstitution photographique d’une gravure de Currier & Ives représentant la première bataille de la Guerre de Sécession, la bataille de Bull Run aussi connue sous l’intitulé la Première Bataille de Manassas (21 juillet 1861). Tourné dans un décor semblable à celui de la représentation gravée, les personnages, en habits d’époque, rejouent l’affrontement. Cependant, au fur et à mesure que la caméra tourne, des éléments viennent perturber la narration. En effet, tandis que certains groupes d’acteurs semblent non pas jouer mais seulement répéter leur rôle dans un coin, tous les professionnels requis pour une production de cinéma apparaissent également à l’écran si bien que la vidéo est à la fois la reproduction animée de la gravure de Currier & Ives et le documentaire du tournage du film lui-même. Entre performance, théâtre et production cinématographique, le film joue sur l’ambiguïté qui sépare la fiction de la réalité et bouscule nos attentes. De plus, si, lorsqu’on se trouve à une certaine distance, l’image apparaît clairement, elle est brouillée par les multiples pixels au fur et à mesure que l’on s’en approche jusqu’à devenir complètement illisible si l’on est très proche.

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