Inde

Un article de Nezumi.

L'Inde, dont le nom officiel actuel est la République de l'Inde, est un grand pays d'Asie du Sud. Sa superficie est d'environ 3,1 millions de kilomètres carrés (soit 5,6 fois la France) et sa population est de 1,1 milliard d'habitants (soit 18 fois la population française). New Delhi est la capitale de l'Union indienne et la ville la plus peuplée est Bombay. La monnaie est la roupie indienne.

Histoire

L'histoire moderne de l'Inde est liée au Royaume-Uni, qui la colonisa à partir du XVIIIe siècle jusqu'en 1947, date à laquelle elle reprend son indépendance notamment grâce au célèbre Gandhi.

Durant le IIe millénaire av. J.-C., des tribus de pasteurs parlant une langue indo-européenne envahirent, à partir du nord-ouest, tout le sous-continent indien. En s'installant dans la vallée du Gange, elles y assimilèrent les cultures qui les avaient précédées.

Géographie et climat

L'Inde possède trois grandes régions naturelles :

  • au nord, des chaînes plissées : l'Himalaya est la principale et la plus haute (le Kangchenjunga, 8598 mètres) ; le Karakorum la prolonge au nord-ouest. Les énormes quantités de sédiments provenant de l'érosion de ces montagnes se sont accumulées au sud. Ils ont été plissés à l'ère tertiaire pour former les basses montagnes des Silawiks. De gigantesques glaciers occupent les vallées et alimentent le Gange, l'Indus et leurs affluents. On constate avec le changement climatique actuel une diminution sensible de ces glaciers. C'est une région où il y a des tremblements de terre fréquents ;
  • au sud de l'ensemble montagneux, se déploie la grande plaine indo-gangétique. Elle correspond à la ligne de séparation de plaques tectoniques profondes de plusieurs milliers de mètres. Cette dépression a été comblée par les énormes dépôts alluviaux apportés par le Gange, le Brahmapoutre et les rivières du Pendjab qui se réunissent avec l'Indus. La fonte des neiges sur l'Himalaya et les pluies d'été causent souvent des crues importantes qui provoquent des inondations catastrophiques, en particulier à l'est dans le Bengale ;
  • au centre et au sud, le plateau du Deccan occupe l'essentiel de la péninsule indienne. Le socle est formé de roches cristallines. Il a été soulevé et disloqué. Il est recouvert de sédiments, mais aussi d'épaisses couches de basalte. Les bordures du plateau forment les ghâtes occidentales et orientales qui forment des escaliers abrupts avec jusqu'à 2600 mètres de dénivelé par rapport aux plaines alluviales et aux deltas donnant sur la côte de Malabar ou de la côte de Coromandel. Le socle renferme de grandes richesses minérales (houille, métaux et pierres précieuses).

Climat de l'Inde

L'Inde a un climat tropical. Le territoire indien est localisé de part et d'autre du tropique du Cancer. Vu sa position en latitude, l'Inde devrait être un désert. Il n'en est rien, grâce au phénomène climatique de la mousson d'été. De septembre à mars, la mousson d'hiver apporte de l'air sec et frais provenant de l'Asie occidentale. L'air se déplaçant vers le sud se réchauffe progressivement. Il ne fait pas trop chaud (18 ℃ en janvier à Calcutta). Par contre, au printemps, la température s'élève et la sécheresse s'accentue. Il fait 30 ℃ en moyenne à Calcutta en mai. Les conditions de vie deviennent insupportables : ceux qui le peuvent se réfugient dans les régions plus élevées où l'air est plus frais. En juin commence la mousson d'été. L'air humide et chaud de l'océan Indien est attiré par les basses pressions continentales créées au-dessus de terres surchauffées. Des pluies très importantes tombent sur les reliefs exposés au trajet des vents venant du sud. Il tombe 1,50 mètre de pluie à Calcutta entre mai et octobre. Les masses d'air bloquées dans leur trajet par les hauteurs de l'Himalaya stagnent sur l'Inde et y déversent leur eau (il tombe près de 12 mètres par an à Tcherrapunji dans l'Est de l'Inde). Cependant, cette mousson d'été n'est pas régulière dans son commencement, son intensité et sa durée. Seule la chaîne de l'Himalaya connaît des hivers très froids et des étés frais en raison de l'altitude.

La répartition des pluies crée trois Indes :

  • l'Inde sèche (avec moins de 500 millimètres annuels de pluie) dans l'ouest. La végétation est une steppe à arbustes épineux et même un désert (désert de Thar, où la mousson d'été ne parvient pas). Une seule récolte annuelle de blé ou de millet est possible, il faut irriguer ;
  • l'Inde intermédiaire, avec 500 millimètres à 1 mètre de pluies. Elle se trouve dans le plateau du Deccan et dans la moyenne vallée du Gange. Le paysage végétal naturel est la savane. C'est là que les irrégularités de la mousson d'été posent le plus de problèmes. On y cultive le blé et le millet, mais l'irrigation est indispensable pour assurer les récoltes ;
  • l'Inde humide, où il tombe plus de 1 mètre d'eau. Elle est localisée dans la moitié est de l'Inde, dans la région côtière des Ghates occidentales bordant la mer d'Oman, ainsi que dans la partie nord de la plaine gangétique. La végétation naturelle y était la forêt dense (la jungle indienne). Mais celle-ci a été défrichée pour laisser la place aux champs. L'abondance de l'eau de pluie y permet la riziculture. Deux récoltes sont possibles chaque année (une de saison humide et une de saison sèche).

Les fleuves principaux sont l'Indus qui, avec ses affluents, draine surtout le Pakistan ; le Gange et le Brahmapoutre qui ont un delta commun au Bengale.

La population de l'Inde

L'Union indienne est le deuxième pays le plus peuplé du monde derrière la Chine et devant les États-Unis. Sa densité moyenne est très élevée (plus de 300 habitants par kilomètre carré) et se concentre le long des fleuves et des littoraux. Le désert du Thar et l'Himalaya sont les régions les moins peuplées.

La population de l'Inde augmente rapidement. En 1951, il y avait 361 millions d'habitants ; ils étaient 683 millions en 1981 et sont plus de 1 100 millions aujourd'hui. Cette augmentation pose le redoutable problème d'assurer la nourriture, l'instruction et l'emploi à des dizaines de millions d'individus supplémentaires chaque année. Cette augmentation considérable est due à une baisse très sensible de la mortalité et à une natalité qui reste élevée. La mortalité qui était très élevée dans les années 1950 (environ 40 décès pour 1 000 habitants) est voisine de 12 pour mille aujourd'hui. Ce progrès est surtout spectaculaire avec l'effondrement de la mortalité infantile grâce aux soins médicaux (vaccination) et à une meilleure alimentation des mères et des enfants. Par contre, la natalité reste préoccupante. Les femmes indiennes avaient près de 6 enfants en 1951, elles en ont encore plus de trois aujourd'hui. Pourtant dès 1951, le gouvernement indien a mené une politique anti-nataliste, comme le recul de l'âge au mariage (18 ans pour les femmes et 21 ans pour les hommes). Des mesures contraignantes de stérilisation masculine ont été appliquées en 1975–1976, elles ont causé le renversement du gouvernement d'Indira Gandhi en 1977 et ont été alors abandonnées. Actuellement des efforts sont faits pour développer la contraception.

En raison de son étendue spatiale et de son histoire, l'Inde a une population très diverse. La plus grande partie de la population relève du groupe des Aryens (peau blanche) qui, à partir de l'Iran actuel, ont envahi l'Inde au milieu du deuxième millénaire av. J.-C. Ils ont refoulé vers le sud les plus anciens habitants, les Dravidiens (peau noire). En Inde on parle plus de 650 langues dont une quinzaine ont des effectifs importants. Chaque région a une langue dominante que souvent le gouvernement local tente d'imposer face à l'hindi. Deux langues officielles permettent aux Indiens de communiquer : l'anglais langue de l'ancien colonisateur, surtout utilisée par les élites et l'hindi. Les systèmes d'écriture sont très variés.

En Inde il y plusieurs religions. Plus de 80 % des Indiens sont hindous ; mais de nombreuses religions sont pratiquées parmi lesquelles l'islam introduit dès le VIIIe siècle par les conquérants arabes et renforcé par les conquérants mongols (les musulmans représentent plus de 10 % de la population), le bouddhisme (philosophie d'origine indienne, née au VIe siècle av. J.-C., mais peu pratiquée en Inde), le sikhisme (environ 2 %, très nombreux au Pendjab), le jaïnisme apparu au VIe siècle av. J.-C. et le christianisme introduit à partir du XVIe siècle par les colonisateurs portugais, néerlandais, anglais et français (les chrétiens comptent pour 3 % de la population). Il n'y a pas de religion officielle imposée. Les relations entre hindous et musulmans sont parfois violentes (émeutes, attentats…).

L'hindouisme est très présent dans la vie quotidienne des Indiens, surtout dans les campagnes. La religion marque la naissance, le mariage et la mort : les personnes qui meurent ne sont pas enterrées mais incinérées sur un bûcher allumé par le fils. La société traditionnelle indienne est divisée en castes qui sont des groupes hiérarchisés et fermés.

Trois agglomérations dépassent 14 millions d'habitants : Bombay, Delhi et Calcutta. Trois autres villes concentrent de 5 à 7 millions d'habitants : Chennai, Bangalore et Hyderabad.

Art contemporain indien

L' art contemporain indien a bien sûr subi la plupart des influences de l'art contemporain mondial. Mais la puissance des traditions culturelles indiennes, la révolution industrielle mais aussi le poids de l'espace rural, des religions, des castes influencent une production très riche, originale et peu connue en France.

L’Inde est la plus grande démocratie du monde, un nouvel acteur économique de premier rang et le deuxième pays le plus peuplé de la planète. À cet égard, elle suscite un immense intérêt, souvent des passions et une attention croissante de la part du public français et européen, mais elle demeure encore lointaine et mal connue. L’art contemporain indien est emblématique de cette jeune société en plein essor et sa très dynamique scène artistique contemporaine est composée aussi bien d'artistes vivant dans les grandes métropoles indiennes, comme Mumbay (Bombay) ou New Delhi que dans les pays développés anglo-saxons, Canada, États-Unis, Grande Bretagne, Australie. Mais, même exilés, même critiques vis-à-vis de leur terre natale tous les artistes restent profondément liés à la culture indienne.

Les plus grands artistes rendent compte des profondes mutations de la société indienne à travers leur perception de la politique, fondements de la démocratie, question de la partition d'avec le Pakistan, montée de la classe moyenne, de la religion avec ses croyances et sa spiritualité, de l’identité nationale, régionale, linguistique, sexuelle, liée aux castes. Ils expriment les angoisses collectives liées à l’urbanisme, à l'exode rural, à l'essor des mégalopoles, au devenir de l’artisanat et des traditions ancestrales, à l'explosion de la modernité. Ils mettent en lumière la confrontation entre l'héritage culturel et les technologies actuelles, les drames du foyer, de la famille, du mariage, la longue et délicate émancipation féminine, le sort des homosexuels et des malades du Sida.

Voir aussi

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