Hans-Peter Feldmann

Un article de Nezumi.

Hans-Peter Feldmann plasticien contemporain allemand né en 1941 à Hilden

Biographie et œuvre

Dans les années 1960, Feldmann étudie la peinture à l'Université des Arts et de Design Industriel de Linz en Autriche. Il a commencé à travailler en 1968, par la production de petits livres réalisés à la main qui allait devenir une des constantes de son travail. Ces livres modestes, sobrement intitulés Bilde (photo) ou Bilder (photos), comprennent une ou plusieurs reproductions d'un certain type précis de photo, les genoux des femmes, des chaussures, des chaises, des stars de cinéma, etc . Leurs sujets sont isolés dans leur cadrage et présentés sans légende. En 1979 Feldmann décidé de se retirer du monde de l'art et de faire des livres et des photos pour lui-même. En 1989, le conservateur Kasper König persuade Feldmann d'exposer à nouveau dans une galerie .

Hans-Peter Feldmann devient alors un des initiateurs du courant de l'art conceptuel dénommé art d’appropriation. Il produit depuis ses débuts des œuvres utilisant des objets trouvés ou des photographies récupérées, issues de journaux ou achetées dans des marchés aux puces. Auteur de nombreux livres d’artiste, il réfléchit par sa pratique aux enjeux de l’originalité et de la copie, de l’unicité et du multiple. 272 pages, une importante exposition organisée par la Fondation Antoni Tapies, lui a été dédiée en 2002, suivie en 2003 d’une grande rétrospective que lui a consacrée le musée Ludwig à Cologne.

Abondante et protéiforme, livres, lettres, installations, performances, son œuvre puise ses sources dans la société de consommation de masse et se présente selon des modalités de collection, d’inventaire et de classification.

  • Profil without words (2000) est la réplique d'un magazine d'actualité duquel on a retiré tous les textes pour n'en retenir que les photographies, leur séquence et leur positionnement dans la page. Faisant parler les images par elles-mêmes, ce projet révèle la mise en forme visuelle des affaires courantes que produisent les médias imprimés. Conçu dès la fin des années 1960, il ne verra finalement le jour que le 7 février 2000, grâce à l'initiative de museum in progress et la collaboration du magazine profil.
  • En 2001 le Museum Folkwang Essen expose «100 ans», une exposition composée de 101 portraits photographiques de personnes âgées de 8 mois à 100 ans.
  • En 2008, à l'International Center of Photography, il remplit une pièce avec les premières pages encadrées de 100 journaux, de New York, Paris, Dubaï, Sydney, Séoul et ailleurs, imprimés le 12 septembre 2001, le lendemain des attentats du World Trade Center.
  • Présenté à Dortmund un livre, "1967 à 1993, Die Toten, RAF bis heute" reproduit des images de journaux de toutes les vies perdues à cause de la violence et le terrorisme ne imprégné l'histoire allemande contemporaine.

En 2010, il est récompensé par le Prix Hugo Boss, devenant à 69 ans, le plus âgé des lauréats de ce prix. Le montant de ce prix est de 100 000 $. Il réinvestit cette somme en 100 000 billets de 1$, qu'il colle sur les murs du Musée Guggenheim, en 2011, lors de l'exposition faisant suite à ce prix. Des billets usagés, épinglés à l’horizontale. Vue de loin les murs sont d’une teinte verte dégradée, morne et fade. Ces billets matelassent l’espace, le colonise. Vue de près on relève sur eux des traces, des marques, laissées par le temps et par leurs propriétaires temporaires. Ces billets évoquent leur circulation, la saleté d’un objet qui passe de mains en mains. Ils illustrent la folie, et le caractère obscène, du pouvoir marchand. Ce prix étant divisé en une même valeur unitaire, le montant global perd alors de sa puissance, penser voler l’ensemble est impossible, ou très fastidieux, et ne voler qu’un billet ne rapporterait rien.
Il déclare : « J'ai 70 ans, et j'ai commencé à faire de l'art dans les années 50. A cette époque, il n'y avait pas d'argent dans le monde de l'art. Donc pour moi, 100.000 dollars, c'est vraiment beaucoup. C'est vraiment incroyable, et je voulais montrer la quantité que ça représente. Au cours des dix ou quinze dernières années, l'art est devenu de plus en plus monumental. C'est, à mes yeux, une forme de maniérisme. L’art essaye d'utiliser la taille pour avoir encore plus d'impact ».

Hans-Peter Feldmann, en réaction avec les pratiques courantes du marché de l'art, ne limite pas les tirages de ses œuvres et par ailleurs, ne les signe pas.

Expositions (sélection)

  • 1972 - Billeder af Feldmann (Bilder von Feldmann), Daner Galleriet, Copenhague
    • documenta 5, Kassel
  • 1977 - Eine Stadt: Essen, Museum Folkwang Essen
    • documenta 6, Kassel
  • 1990 - Hans-Peter Feldmann, das Museum im Kopf, Portikus, Frankfurt; Kunstverein für die Rheinlande und Westfalen, Düsseldorf
  • 1995 Take Me (I'm Yours) Serpentine Gallery, Londres
  • 1999 Bücher, Neues Museum Weserburg Bremen
  • 2001 Hans-Peter Feldmann, «100 ans», Museum Folkwang Essen
    • Hans-Peter Feldmann 272 pages, Fundacio Antoni Tàpies Barcelona
  • 2003 Biennale de Venise
  • 2006 Hans-Peter Feldmann in der Antikensammlung der Kunsthalle zu Kiel, Kunsthalle Kiel der Christian Albrechts-Universität, Schleswig-Holsteinischer Kunstverein Kiel
  • 2007 Les Morts, Museum am Ostwall in Dortmund, Die Toten, RAF bis heute
  • 2009 - Biennale de Venise
  • 2010 - Hans-Peter Feldmann, Malmö Konsthall, Malmö, Suède
    • Les Rencontres d'Arles, France
    • Dublin Contemporary
  • 2011 100 000$ Guggenheim Museum, New York (en tant que lauréat du Prix Hugo Boss)
  • 2012 Serpentine Gallery, Londres
  • 2013 Deichtor Hallen, Hambourg
  • 2015 Postcards (cartes postales de la Tour Eiffel, Paris), Take Me (I'm Yours), Monnaie de Paris
  • 2016 303 Gallery New-York

Galerie

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Genoux, 1969


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Postcards, 2015

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Sculptures


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100 000 $, Musée Guggenheim, 2011

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