Gina Pane

Un article de Nezumi.

Gina Pane est une artiste française d'origine italienne née à Biarritz en 1939 et décédée à Paris en 1990,

Biographie et œuvre

Gina Pane fait ses études aux Beaux-Arts de Paris de 1961 à 1966.

Gina Pane a réalisé des peintures géométriques avant de commencer à s’investir dans les sculptures et les installations. Proches des explorations de Bruce Nauman et Robert Morris, ses premières peintures, hors d’une recherche formelle, engagent déjà ses thèmes de travail futurs, où la relation du corps à la nature détermine ses sculptures, "pénétrables", et surtout, ses performances.

Figure majeure de l’art corporel des années 1970, elle a composé une série de performances, minutieusement préparées et documentées, où chaque geste, souvent lié à la dimension douloureuse du corps, est accompli avec une dimension rituelle.

Gina Pane distingue elle-même trois périodes dans son évolution artistique :

Une première période, de 1968 à 1970-71, où, par ses actions corporelles, elle met en question la relation personnelle à la nature : « Pierres déplacées » (1968), « Terre protégée » (1968-1970) ou "Enfoncement d'un rayon de soleil" (1969). Ses actions ou ses installations se déroulent souvent dans l'intimité.

Médiatisée dans les années 1970, « Action Escalade non-anesthésiée, 26 juin 1971 » est l'une de ses premières actions réalisées au sein de son atelier. Cette seconde période pose la problématique du corps actif face au public. Le support du travail est l'espace-temps. De l'œuvre d'art proprement dite, il reste le relevé photographique d'un certain nombre de moments soigneusement choisis et l'objet performatif. Les actions constituent une recherche d'un autre langage, d'une pratique biologique de l'existence par une tentative de transformation de l'individu au travers d'une volonté de communion avec l'Autre.

Par l'absolu de la créativité d'une démarche en constant renouvellement, Gina Pane bouleverse l'esthétisme et donne une nouvelle image de la beauté. En 1973 à la Galerie Diagramma à Milan, Gina Pane réalise par exemple une action nommée « Azione sentimentale » devant un public au premier rang exclusivement féminin. Dans cette dernière, l'artiste répète deux fois la même séquence, avec pour accessoire un bouquet de roses rouges, puis un bouquet de roses blanches. Passant progressivement de la station debout à la position fœtale, elle exécute d'abord un mouvement de va-et-vient avec le bouquet, avant de se mettre les épines d'une rose dans le bras et de pratiquer une incision avec une lame de rasoir dans la paume de sa main. Son bras se transforme alors en rose, la blessure évoquant les pétales et l'avant-bras représentant la tige de la fleur.

À la fin des années 1970, Gina Pane entreprend la troisième phase de son évolution artistique : Les « Partitions ». Le rôle du corps et sa relation au monde demeurent le sujet central. Le langage mis en place dans ses actions est alors utilisé dans un travail de création autonome. La représentation de la blessure devient symbolique. Les « Partitions » mêlent des photographies de ses précédentes blessures à divers objets (jouets, verre, etc.) déjà présents dans ses actions. Dans les dernières « Partitions », la matérialité du corps se retrouve traduite au travers de matériaux tels le bois, le fer, le verre et le cuivre. Par la voie du souvenir, de ses actions et par les évidentes références à l'histoire de l'art d'Ucello à Memling, Gina Pane révèle une démarche profondément liée au sacré.

Citation
« Vivre son propre corps veut dire également découvrir sa propre faiblesse, la tragique et impitoyable servitude de ses manques, de son usure et de sa précarité. En outre, cela signifie prendre conscience de ses fantasmes qui ne sont rien d’autre que le reflet des mythes créés par la société… le corps (sa gestualité) est une écriture à part entière, un système de signes qui représentent, qui traduisent la recherche infinie de l’Autre. »

Expositions (sélection)

  • 1968 : Papiers collés, peintures et structures affirmées, Galerie Simone Heller, Paris
  • 1972 : Gina Pane, Galerie Diagramma, Milan
  • 1974 : Constats des actions : Transfert, Azione sentimentale, Psyché (essai), Galerie Stadler, Paris
  • 1976 : Gina Pane – Images = images, Galerie Stadler, Paris
  • 1978 : Atelier « Performance », cycle d’enseignement par Gina Pane, Centre Georges Pompidou, Musée national d’art moderne, salle de cinéma, Paris
  • 1981 : Gina Pane : Partitura dell’azione : « C’est la nuit, chérie… », Multimedia Arte Contemporanea, Brescia
  • 1982 : Petit voyage Oh! Oh! en couleurs - Partition Action, Kunstlerhaus Bethanien, Daad, Berlin
  • 1983 : Partitions, Galerie Arapède, Tours ; Galerie Isy Brachot, Paris
  • 1985 : Gina Pane, École nationale d'art décoratif, Limoges.
  • 1986 : La Légende dorée, 1984-86, Musée d'art moderne, Villeneuve d'Ascq
  • 1987 : Gina Pane, Galerie Christine et Isy Brachot, Bruxelles
  • 1989 : Gina Pane, œuvres récentes, Galerie Joseph Dutertre, Rennes ; Kunst Station, Sankt Peter, Cologne

Post-mortem

  • 1996 : « Gina Pane », Les revues parlées, Musée national d'art moderne, Centre Pompidou, Paris
  • 2012 : Vivement demain MAC/VAL Vitry-sur-Seine
  • 2015 : L'Effet Vertigo

Galerie

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Expériences corporelles


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Mots de mur, 1984, MAC/VAL

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