Elaine Sturtevant

Un article de Nezumi.

Elaine Sturtevant, artiste américaine née en 1930 à Lakewood (Ohio) et décédée le 7 mai 2014 à Paris, considérée comme l'inspiratrice du mouvement "appropriationniste".

Biographie

Elaine Sturtevant retourne complètement le concept d'originalité. Toutes ses œuvres sont de copies de celles d'autres artistes, aucune n'est originale.

Son travail comprend des copies des œuvres de Andy Warhol, Marcel Duchamp, Joseph Beuys, Frank Stella, Félix González-Torres. Elle maîtrise aussi bien la peinture, la sculpture, la photographie et le cinéma afin d'effectuer une gamme complète de copies des travaux des artistes qu'elle a choisis.

Sturtevant se saisit d'œuvres connues qui ont acquis un statut historique ou qui ont été fortement médiatisées. Au second registre appartenaient par exemple les drapeaux de Jasper Johns, qui étaient les premières œuvres qu'elle a choisi de reproduire. Elles figuraient aux côtés de « Warhol Flowers », d'« Oldenburg Shirt », de « Stella Concentric Painting » et de « Segal Sculpture » dans sa première exposition personnelle à New York, en 1965 (Bianchini Gallery). Par la suite, de nombreuses pièces de Roy Lichtenstein, J. Beuys, Michael Heizer et Keith Haring devaient subir le même traitement.

Sturtevant opère alors dans un rapport de quasi simultanéité avec son modèle. Une proximité qui n'a pas manqué de provoquer des réactions d'hostilité dans la mesure où la part d'invention et d'originalité formelles de ces œuvres n'avait souvent pas été encore définitivement assimilée et où son intervention dans ce processus d'assimilation passait pour un pur et simple plagiat. Dans le cas d'œuvres historiques, comme pour M. Duchamp, la distance impose aujourd'hui une conscience plus critique des enjeux de la reproduction. Mais dans un cas comme dans l'autre, le choix de l'œuvre est un facteur crucial dans le travail de Sturtevant : procédant par séries, elle n'a pas seulement besoin que l'œuvre dupliquée soit relativement vite identifiable par le public, mais aussi que celle-ci, par sa structure et son statut, ajoute une nouvelle dimension à sa propre activité.

Elle s'écarte aussi d'un artiste comme Mike Bidlo qui envisageait ce travail de copie dans la perspective d'une désacralisation de l'art, une désacralisation supposée le rendre accessible au plus grand nombre. Ses interventions aspirent plutôt à un statut théorique où il est d'ailleurs moins question du pouvoir et de l’autonomie de l'originalité, de la force et de l'omniprésence de l'art, que des répercussions que la répétition, le double et l'image digitale ont sur la notion de représentation. Prise globalement, son travail de reprise a pour ambition d'éclaircir le statut et la fonctionnement de l'image.

En 2011, elle obtient le Lion d'Or de la Biennale de Venise, pour l'ensemble de son œuvre.

Elle meurt le 7 mai 2014 à Paris, ville où elle résidait depuis 1992.

Quelques expositions

  • 1992 Stuttgart, Württembergischer Kunstverein
  • 2004 Elaine Sturtevant - The Brutal Truth, Francfort, Museum für Moderne Kunst
  • 2006 New York, Whitney Biennal
  • 2008 Sturtevant, Consortium de Dijon
  • 2009 Sturtevant: Modes of Thought, Londres, Tate Modern
  • 2010 Sturtevant : The Razzle Dazzle of Thinking., Paris, MAM
  • 2011 Biennale de Venise
  • 2011 Éloge du doute au Palais Grassi, Venise
  • 2015 Slip of the Tongue - Punta della Dogana - Fondation Francois Pinault, Venise

Galerie

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Stella, the Mariage of Reason and Squalor, 1990

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