Dynamo, un siècle de lumière et de mouvement dans l'art 1913-2013

Un article de Nezumi.

Dynamo, un siècle de lumière et de mouvement dans l'art 1913-2013, exposition réalisée en 2013 au Grand Palais, Paris.
Commissaire général : Serge Lemoine,

Propos

Cette exposition recouvre 100 ans de recherches et de réalisations d'artistes réunis par le désir de perturber la perception, et de faire prendre conscience au "regardeur" de la fragilité de ses certitudes, de son système perceptif et nerveux, et, au-delà, de son système psychique. Ces artistes conçoivent la création artistique comme l'invention de dispositifs qui remettent en cause à la fois la définition de l'art et la position du spectateur, appelé à se soumettre à des épreuves. Le modèle est celui du laboratoire, le principe d'une recherche entre sciences exactes et phénoménologie.
De tout temps, les artistes ont voulu représenter ce qui bouge, le mouvement et la lumière ; mais leurs œuvres, figuratives et forcément immobiles, n'en rendaient que l'idée. Il y a un siècle, en 1913, en fixant une roue de bicyclette sur un tabouret et en la faisant tourner, Marcel Duchamp montre que le mouvement et la lumière sont un matériau artistique comme un autre ; il ouvre la voie aux recherches cinétiques et optiques

Historiquement, et en tenant compte de l'évolution technique, ces recherches ont d'abord fait partie de l'abstraction géométrique, et ses dispositifs statiques, peintures ou sculptures, puis de l'art optique (Op Art) et de l'art cinétique, désormais sans limite avec l'informatique.

Ce qui est montré dans l'exposition met les sens à l'épreuve. Flashs aveuglants, miroirs mobiles, lumières changeantes et brouillards colorés perturbent profondément non seulement le regard, mais le corps. Les repères spatiaux s'évanouissent et la perception s'affole. Ce cercle est-il un cercle ou un carré ? Où sont le haut et le bas ? Ce vide est-il profond ou étroit ? Ai-je bien vu ? Qu'ai-je vu ?

L'exposition fait le choix de remonter le temps ; elle débute avec les contemporains et s'achève avec les pionniers du mouvement. Pour autant, la présentation n'est pas chronologique : les générations sont mélangées pour montrer les liens et dialogues que nouent, de tout temps, les artistes entre eux. Les œuvres sont regroupées en sections thématiques.

Souvent on remarque la sobriété des moyens utilisés, la plupart étant des matériaux industriels courants, et l'aspect minimaliste des œuvres ou des installations. Les titres des œuvres en témoignent : ils sont brefs et factuels. Les effets, par contre, surprennent, séduisent ou déroutent autant qu'ils interrogent nos sens. L'Art optique nait de cette « tension entre la simplicité du fait et complexité de l’effet».

Les œuvres peuvent se classer en 3 grandes familles, pas forcément chronologique. La première est celle où le mouvement se crée dans le cerveau même du spectateur, par des "effets d'optiques", lignes parallèles, concentriques, carrés. La seconde utilise 3 dimensions, sculptures, tableaux en relief, et l'effet optique intervient avec le déplacement du spectateur devant l'œuvre, voire même dans l'œuvre pour en découvrir les subtilités. L'installation de Felice Varini, sous le préau, permet d'admirer 24 cercles orange, à condition de se placer en un endroit précis de la terrasse.
Enfin le mouvement peut être créé par des moteurs, des programmes mécaniques ou informatiques, ou des jeux de lumières variables.

Les évolutions de l'art optique et cinétique

  • 1913 : Marcel Duchamp fixe une roue de bicyclette sur un tabouret. L'esthétique du mouvement, circulaire, cyclique et sans doute légèrement hypnotique en fait une œuvre pionnière de l'art alors appelé cinétique. Rotary Glass Plates de 1920 en est une version plus complexe: trois plaques portant des motifs de spirales sont fixées sur une hélice.Toujours en 1913, Robert Delaunay peint la série des Formes circulaires (soleil et lune) avec des couleurs complémentaires. La juxtaposition de celles-ci (ou contrastes simultanés) produit un éclat coloré vibrant.
  • Années 1930 : Alexandre Calder est lui aussi très tôt fasciné par le mouvement30. En 1931, après une visite à Piet Mondrian qu'il qualifie de « choc », il abandonne la représentation figurative pour l'abstraction. Il veut faire une « peinture en mouvement ». Ce seront des « Mobiles », nom donné par Marcel Duchamp à ses assemblages de formes en équilibre et mouvantes. Plus tard vient le « Stabile », un mobile reposant sur un support fixe. Mouvement (cyclique ou perpétuel) et équilibre sont désormais des principes esthétiques au même titre qu'une forme, une ligne ou que la couleur.
  • Années 1950 : En 1955 l'exposition « Mouvement » à la galerie parisienne Denise René présente Yaacov Agam, Pol Bury, Alexander Calder, Marcel Duchamp, Arne Jacobsen, Jesus-Rafael Soto, Jean Tinguely et Victor Vasarely. Ce dernier, à l'origine de l'initiative, rédige une petite plaquette surnommée le « Manifeste aune » à cause de la couleur du papier. Ces « Notes pour un manifeste » revendiquent la « présence de l'art » et non pas sa « compréhension », l'emploi de matériaux contemporains, la participation du spectateur, un langage fondé sur la perception des rapports entre couleur, forme, lumière et mouvement. Le texte reconnait le cinéma comme une expression artistique à part entière.

Artistes présentés

L'exposition présente 200 œuvres de 142 artistes, dont beaucoup de vivants, certains encore jeunes.

Parmi ceux-ci (liste partielle):

Galerie

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