Culture de l'Irlande

Un article de Nezumi.

Culture de l'Irlande

Vision globale et historique

Peuplée depuis le Mésolithique, l'Irlande, abritée par sa position insulaire, a développé une culture originale marquée par l'héritage celtique. Parmi les peuples celtes qui s'établissent dans l'île à partir du VIIIesiècle av.J.-C., les Gaëls imposent leur civilisation. Les plus anciens témoignages en langue celte (gaélique) sont des inscriptions funéraires gravées vers le Ve siècle en caractères dits «oghamiques» dans le Kerry.

L'Irlande est christianisée à partir du Ve siècle par saint Patrick. Le passage de l'Irlande païenne au christianisme s'effectue pacifiquement, les druides et les familles royales se convertissant les premières. Les évangélisateurs savent composer avec les croyances ancestrales et préservent la culture préchrétienne. Une culture originale se forge ainsi, synthèse entre le christianisme monastique et la tradition gaélique.

Par leurs transcriptions, les moines irlandais contribuent à la transmission des récits des filid, poètes appartenant à la classe sacerdotale des druides. Deux grands cycles mythologiques, chefs-d'œuvre de la littérature gaélique, nous sont ainsi parvenus, le cycle de l'Ulster (branche rouge) et le cycle Fenian (ossianique) qui content l'histoire de héros légendaires tels que Cu´ Chulainn Medb, Finn Mac Cumhail et Déirdre.

La politique d'anglicisation menée par les Tudors contribue au déclin des traditions gaéliques; mais la disparition des derniers bardes, vers 1650, est sans doute aussi due à l'épuisement du genre et à l'impossibilité de trouver des maîtres capables de transmettre une technique particulièrement difficile à maîtriser. Les grands écrivains irlandais, comme Jonathan Swift, Oliver Goldsmith ou George Bernard Shaw, s'expriment désormais en anglais. Cette Renaissance irlandaise, qui adopte la langue anglaise sans renier le vieux fonds celtique et irlandais, produit des œuvres marquantes, comme les poèmes de William Butler Yeats, les pièces de Sean O'Casey, les écrits de George Russell, sous le pseudonyme de AE, ou de James Joyce.

À Dublin, l'Abbey Theatre, fondé en 1904 par Yeats et lady Gregory, permet l'essor d'un théâtre illustré par Padraic Colum et John Millington Synge. Parmi les écrivains irlandais contemporains, on peut citer Brendan Behan qui écrit en gaélique et en anglais, Edna O'Brien, Frank O'Connor, Sean O'Faolain et, plus proche de nous, Roddy Doyle.

Au Moyen Âge, les arts de la calligraphie et de l'enluminure atteignent un niveau de qualité rare, comme en témoigne le Livre de Kells, dont la calligraphie est l'une des plus belles de l'époque. Après la conquête anglo-normande, au XIIe siècle, l'art connaît une longue éclipse. Ce n'est qu'après le XVIIe siècle que peintres et sculpteurs irlandais s'affirment de nouveau. Ce sont des peintres irlandais, comme George Barret et le paysagiste Nathaniel Hone (1714-1784), qui fondent avec sir Joshua Reynolds la Royal Academy de Londres, en 1768. Daniel Maclise peint les magnifiques fresques de la Galerie royale de la Chambre des lords. Nathaniel Hone Jr., John Keating, Sean O'Sullivan et Walter F.Osborne font partie des peintres les plus connus du XIXe siècle.

Dès le XIIe siècle, la harpe devient le symbole de l'Irlande; elle accompagne les chanteurs et poètes, dont le plus célèbre, Torlogh O'Carolan, compose quelque deux cents chansons sur des thèmes divers, qui sont publiées à Dublin, en 1720. Un festival annuel, le feis, destiné à préserver et à encourager l'utilisation de la harpe, est créé peu après. Cette tradition populaire est perpétuée par Thomas Moore, qui fait largement appel aux travaux de ses prédécesseurs dans ses fameuses Mélodies irlandaises.

Riche d'une musique originale, l'Irlande ne produit que tardivement des œuvres plus conventionnelles. Les nocturnes du pianiste John Field remportent vers 1830 un succès qui dépasse les frontières de l'Irlande. Le compositeur Michael William Balfe est connu pour son opéra The Bohemian Girl. Le ténor John McCormack est l'un des plus grands chanteurs contemporains de classique. L'Irlande est également le berceau de nombreux chanteurs et musiciens de rock: VanMorrison, U2, les SawDoctors, Sinead O'Connor, les Pogues et les Cranberries.

Riche de plus de 500 000 ouvrages, la National Library of Ireland, à Dublin, est la plus grande bibliothèque publique d'Irlande. La bibliothèque de Trinity College, fondée en 1601, conserve environ 2,8millions de volumes, dont le Livre de Kells. Le National Museum abrite des spécimens remarquables de l'artisanat exécutés sur métal, au début de la période d'évangélisation de l'Irlande, dont la broche de Tara, le calice d'Ardagh, la châsse de la cloche de Moilough. La National Gallery of Ireland, à Dublin, présente une importante collection d'œuvres des différentes écoles de peinture européennes.

Cinéma

Le cinéma irlandais a une histoire récente et les principaux films évoquant l'Irlande sont souvent le fait de réalisateurs américains ou britanniques:

  • L'Homme tranquille de John Ford sorti en 1951 ;
  • La Fille de Ryan de David Lean sorti en 1970 ;
  • Barry Lyndon de Stanley Kubrick sorti en 1975 ;
  • Gens de Dublin de John Huston sorti en 1987 ;
  • My Left Foot de Jim Sheridan sorti en 1989 ;
  • Les Commitments de Alan Parker sorti en 1991 ;
  • Le Cheval venu de la mer de Mike Newell sorti en 1994 ;
  • Au nom du père de Jim Sheridan sorti en 1994 ;
  • Michael Collins de Neil Jordan sorti en 1996 ;
  • The Van de Stephen Frears sorti en 1996 ;
  • Le Général de John Boorman sorti en 1997 ;
  • Les Cendres d'Angela de Alan Parker sorti en 1999
  • Bloody Sunday de Paul Greengrass sorti en 2002 ;
  • Le vent se lève de Ken Loach sorti en 2006 ;
  • Hunger de Steve McQueen sorti en 2008.

Art contemporain

Irish Museum of Modern Art

Le principal lieu d'exposition d'art contemporain est l'Irish Museum of Modern Art (Musée Irlandais d'Art Moderne), aussi désigné par l'abréviation IMMA, à Dublin, ouvert en mai 1991. Il est situé dans l'ancien Royal Hospital de Kilmainham, un bâtiment du XVIIe siècle, près de la gare de Heuston à l'ouest du centre-ville de Dublin.

Le musée se concentre principalement sur l'achat d'œuvres contemporaines d'artistes encore en vie et n'achète que dans le marché primaire : c'est-à-dire aux studios et aux galeries. Il accepte aussi les dons d'œuvres d'art postérieures à 1940 et, grâce à quelques généreux donateurs, tend à avoir une collection représentative de l'art de cette période. Vu sa jeunesse, le musée jouit d'une collection tout à fait respectable et propose des expositions d'œuvres de ses propres fonds.

Les anciennes écuries du Royal Hospital ont été restaurées, agrandies et converties en studios d'artistes, ce qui permet au musée d'avoir un programme d'artistes en résidence. Il a aussi un club d'amis du musée, organise des programmes éducatifs et organise des évènements partout dans le pays où il organise l'exposition de ses œuvres en dehors de ses murs.

Quelques plasticiens contemporains irlandais:

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L'IMMA, dans l'ancien Royal Hospital de Kilmainham

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