Culte des ancêtres

Un article de Nezumi.

Le culte des ancêtres est une pratique commune à beaucoup de religions sans implication de dieux, comme l'animisme, sans être pour autant universel. Il subsiste par ailleurs, sous des formes les plus diverses dans pratiquement toutes les religions, y compris les monothéismes.

Sommaire

Description

Le culte des ancêtres n’est pas une religion particulière, il s’agit d’un fait culturel et d’une pratique sociale qui traverse les différents courants religieux et qui peut même concerner des personnes et des familles ne se réclamant pas d’appartenances religieuses.

Le culte des ancêtres a été étudié dans les sociétés de l'Afrique de l'Ouest et australe, en Polynésie et en Mélanésie, chez plusieurs peuples indo-européens (chez les Scandinaves et les Germains) et en Asie ( en Chine, Viêt Nam, Népal et au Japon. On prête généralement aux ancêtres une grande autorité, les dotant du pouvoir d'infléchir le cours des évènements ou d'assurer le bien-être de leurs descendants. La protection de la famille est un de leurs principaux soucis. Considérés comme des intermédiaires entre le ou les dieux suprêmes et le peuple, ils peuvent communiquer avec les vivants par les rêves ou par la possession. L'attitude à leur égard est un mélange de crainte et de respect. S'ils sont négligés, les ancêtres peuvent provoquer des maladies et d'autres malheurs. Propitiation, supplication, prière et sacrifice sont les moyens par lesquels les vivants sont censés pouvoir communiquer avec leurs ancêtres.

Le culte des ancêtres révèle la valeur accordée à la famille et aux liens établis entre le passé et le présent. Les croyances et les pratiques attachées à ce culte permettent de renforcer la famille, de valider la structure politique traditionnelle et d'encourager le respect des anciens encore vivants.

Japon

D'après les anciennes croyances du Japon, incluant la vénération des forces magiques de la nature, l'âme reste en relation avec le corps ou demeure près de lui après la mort. Elle revient ensuite sous forme de démon ou de fantôme tourmenter les vivants qui peuvent les apaiser par des offrandes et des invocations.

Ces notions sont étroitement liées à l'agriculture, jadis élément vital du pays. Des paysans sédentaires cultivaient la terre en fonction des cycles naturels. Il s'agissait pour eux d'influencer favorablement ou de dominer les forces cosmiques en usant de magie et de rites.

Les hommes cherchaient à posséder la force magique qu'ils croyaient être à la base de tout accomplissement exceptionnel. Ils croyaient que les chamans et plus tard l'empereur, auquel furent attribuées les fonctions de grand prêtre, étaient capables de maîtriser les énergies de la nature.

Les rites du culte des ancêtres, souvent différents selon les régions, visent des résultats immédiats : écarter les dangers, obtenir le bonheur, la prospérité et guérir les maladies. Pour que les ancêtres soient bien disposés envers les humains, des offrandes de nourriture leur sont faites et leurs noms sont évoqués au cours de cérémonies cultuelles périodiques. Dans La croyance japonaise, les ancêtres habitent les montagnes en hiver, viennent dans les rizières au printemps pour surveiller les récoltes, puis retournent dans les montagnes après avoir reçu leurs offrandes.

Ces offrandes et ces évocations sont réalisées dans les pagodes, temples et cimetières, mais le plus souvent à domicile, devant le Butsudan pour les bouddhistes ou le Kamidana pour les adeptes du Shinto.

Viêt Nam

Aa Viêt Nam, après les obsèques, le retour à la maison est marqué par une cérémonie, celle de la paix du cœur, le ngu tế. La tablette, aujourd’hui la photographie, prend sa place sur l’autel et le mannequin de soie est enterré près de la tombe. Pendant les 49 jours (chung thất) qui suivent, on brûle de l’encens et l’on offre quotidiennement un repas. Pour les bouddhistes ont lieu des prières de pénitence à la pagode. Le 50ème jour une cérémonie clôt cette période. Le second anniversaire de la mort ou grand sacrifice, le đại tường, achève la période de deuil social. C'est à ce moment là que la tablette rejoint l’autel des ancêtres.

Tous les ans à partir de la troisième année anniversaire la famille est réunie pour un grand repas devant les ancêtres. Cette cérémonie est à distinguer de celle qui a lieu pendant les premiers jours de l’an, à l’occasion de la fête du Tết . Là, les ancêtres sont accueillis au milieu de la dernière nuit de l’année pendant au moins trois jours avant d’être reconduits.

En dehors de ces périodes particulières, les ancêtres sont informés et consultés pour toutes les grands évènements de la vie tels les mariages, naissances, succès aux examens etc. L’autel des ancêtres ne doit pas être confondu avec d’éventuels autres autels tels ceux qui honorent différents génies dont le plus connu est celui du Foyer, Ông Táo.

Fête des morts

La fête des morts est un rituel pratiqué dans de nombreuses cultures et religions, qui consacrent souvent un ou plusieurs jours fériés à la commémoration des défunts.

Japon

Au Japon, la cérémonie O-Bon, d'origine bouddhiste a lieu du 13 au 15 août (autrefois du 13 au 15 juillet). Obon est un diminutif pour le mot Urabonne/Urabanna (于蘭盆会 / 盂蘭盆会) qui dérive du nom d'un sûtra, le Ullambana sûtra. Ullambana signifie en sanskrit "pendu à l'envers en enfer". Durant Obon, les offrandes faites aux morts permettent d'amoindrir la douleur de ces âmes en peine.

La légende associée à O-Bon veut que Mokuren, un disciple de Shakyamuni, ait eu une vision de sa défunte mère, tourmentée dans le Royaume des Esprits Affamés, où elle payait pour son égoïsme. Bouleversé, il alla demander au Bouddha comment il pourrait sauver sa mère de ce royaume. Bouddha lui répondit : « Au quinzième jour de juillet, fais donner une grande fête en l'honneur des sept dernières générations de morts. » Le disciple fit comme demandé et de ce fait, libéra sa mère. Il découvrit par la même occasion l'abnégation dont avait fait preuve sa mère et les multiples sacrifices qu'elle avait fait pour lui. Le disciple, heureux de la libération de sa mère et reconnaissant envers celle-ci pour sa gentillesse, dansa de joie. De cette danse de joie vient le Bon Odori.

Népal

Lors de la fête népalaise de Gai Jatra (« fête des vaches »), principalement dans la communauté Newar, chaque famille qui a perdu un de ses membres l'année précédente construit un « gai » constitué de branches de bambou, de décorations en papier, de vêtements et de portraits du défunt.

Traditions chrétiennes

Dans la tradition chrétienne, le 2 novembre ( et non le 1er novembre, jour de tous les Saints ) correspond à une célébration des morts par des messes, en particulier pour les défunts de l'année écoulée. La messe a une valeur de purification des péchés véniels pour atteindre la vision béatifique.

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