Christian Jaccard

Un article de Nezumi.

Christian Jaccard plasticien contemporain français, né à Fontenay-sous-Bois en 1939.

Biographie

De 1956 à 1960, Christian Jaccard étudie à l’École des Beaux-Arts de Bourges .

Il perturbe l’acte classique ou traditionnel de la peinture. Libre de tout châssis, la toile, posée au sol, est imprimée à l’aide de ce que Jaccard nomme des « outils » : objets naturels (plantes et insectes), papier, ruban.

Son travail le situe dans des préoccupations proches de celles du groupe "Supports/Surfaces" dont il n'a pas fait partie. Néanmoins, des expositions consacrées à Supports/Surfaces ont parfois associé Christian Jaccard.

Durant cette période, sa démarche s'effectue à partir d'empreintes d'outils, de cordelettes sur toiles libres, parallèlement à l'appropriation du feu comme autre outil de marquage dont les combustions lentes ou fulgurantes s'inspirent des pratiques ancestrales de l'écobuage dites cultures sur brûlis : celles-ci consistaient à brûler herbes et forêts pour fertiliser le sol.

A partir de 1971, Christian Jaccard utilise des « outils » cordes, ficelles, nœud. Ces outils remplacent le pinceau pour produire des traces sur la toile.

Vers 1973, il brûle ces outils contre la toile, qui porte ainsi la trace de leur combustion.

De 1979 à 1981 : « Les anonymes calcinés » soumettent à la chaleur destructrice des toiles anonymes du XVIIe, XXVIIIe, XIXe et Xxe siècles – portraits, scènes religieuses, puis des calicots publicitaires de cinéma. La combustion attaque certaines parties de l’image pour en laisser d’autres plus visibles.

1984 Son « chemin de Cendres » rejoint le land-art, brouillant encore une fois les pistes pour échapper à toute classification.

Il poursuit maintenant sa démarche à Bieuzy dans la chapelle de la Trinité, Castennec depuis mai 2006, dans le cadre des expositions de L'art dans les chapelles.

Citations

« Quand j’ai compris que la suie est à la cendre ce que le vide est au bleu, j’ai réalisé que je n’avais pas éprouvé de choc émotionnel aussi fort devant la sublime vérité de l’apparence depuis le 14 janvier 1961 au contact des sculptures de jeu d’Yves Klein à Krefeld. ».
Pierre Restany

Les traces pulvérulentes laissées par les flammes issues du gel thermique et leur caractère ambivalent est chargé par la symbolique de la poussière, la force créatrice ; on la compare à la semence et au pollen des fleurs. Dans la Genèse, l'homme est dit formé de la poussière du sol et sa postérité comparée à la poussière.
A contrario elle est signe de fin. Certains peuples couvraient de poussière leur crâne en signe de deuil et on fait allusion à la poussière de la mort. Cette cendre aux tonalités noires est l'autre aspect emblématique des marques laissées par la combustion. Le noir est la couleur de la substance universelle de la materia prima et de l'indifférenciation primordiale. Il absorbe la lumière et ne la rend pas. Il évoque les ténèbres de la nuit, l'obscurité des origines, ce gouffre aux profondeurs abyssales.
Mais grâce à lui, il incarne la terre fertile, le réceptacle qui prépare une renaissance de la vie.Et dans mes rêves, l'apparition du noir m'invite à prendre contact avec mon univers instinctif primitif qu'il s'agit d'éclairer, alors que le blanc aurait tendance à m'oppresser.
Christian Jaccard

Expositions récentes

  • 2000 La Couleur à l’épreuve du feu, céramiques d’artistes de 1885 à 2000, musée de la faïence, Marseille
    • Mémoires provisoires, FRAC Auvergne, Vichy
  • 2001 Grands papiers du FRAC Picardie, abbaye Saint-Jean des Vignes, Soissons
  • 2002 Eclipse, œuvres sur papier, Aldébaran, Baillargues
    • Autour de supports/surfaces, dessins et objets, collection du musée d’Art moderne, Saint-Étienne ; musée de Valence, Valence
    • Questions de peinture, Centre international d’Art contemporain, Carros
    • The 12th Space International Print Biennal, Sungkok Art Museum, Séoul
    • 1992-2002, 10 ans d’art, galerie municipale Julio Gonzalez, Arcueil
    • Les années 1970, l’art en cause, CAPC, Bordeaux
  • 2003 Le Maître des ombres, FRAC Auvergne, espace Boris Vian, Montluçon
    • 20 ans, FRAC Basse-Normandie, Caen
    • La réponse est dans le ciel, station de métro Saint-Germain-des-Prés, Paris
  • 2004 Autre vie, avec Dominik Barbier, Les Instants Vidéo, Friche La Belle de Mai, Marseille
  • 2005 Arborescence, Moulin Ventabren
  • 2007 L'eau et le feu ici et là : fiction déambulatoire réalisée sur le site de la friche industrielle de Ligugé enregistré dans un film signé Jean-Louis Le Tacon présenté aux Rencontres des Arts de Thevet-Saint-Julien.
  • 2013 Biennale de Melle 2013 , œuvres in situ, Église Saint-Savinien et pigeonnier

Galerie

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Église St Savinien de Melle, œuvre in situ, 2013
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Toile brûlée, 2013

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