Chishô Daishi

Un article de Nezumi.

Chishô Daishi (智証大師 , ちしょうだいし)), est le nom posthume de Enchin (円珍), un moine Tendaï à l’origine de la branche ésotérique Jimon (寺門) de la secte. Enchin est né en 814 et mort en 891 au début de l'époque de Heian.

Biographie

Enchin est né en 814 dans le village de Kanakura (金倉), province de Sanuki (讃岐国), actuelle préfecture de Kanagawa, situé à proximité de Zentsuji (善通寺), lieu de naissance de Kukai qui est son grand-oncle. Son nom de famille est Wake (和氣) et son prénom social Onjin (遠塵). Il suit à l'âge de quatorze ans son oncle le moine Nintoku (仁德) au monastère Enryaku-ji sur le mont Hiei et devient disciple de Gishin, 2e patriarche de l’école. Ordonné à dix-neuf ans, il passe, selon la règle, douze années à apprendre les techniques de concentration shikan et à étudier les trois grands sutras, celui du Lotus (Hokke kyo 法華經), celui de La Lumière d’or (Konkômyô kyô ) et celui des Rois vertueux (Ninnô kyô). Il participe ensuite à des disputes doctrinales à la cour au cours desquelles il se distingue par sa science et ses connaissances ésotériques. En 847, il est nommé Aumônier de la Cour et accède au titre de Grand Maitre de la Loi.

En 853, il se rend en Chine, alors domaine de la dynastie Tang, sur un bateau coréen. A Fuzhou, il apprend le sanskrit avec le moine indien Prajnatara, et étudie les sutras du Lotus et Avatamsaka ainsi que l’Abhidharmakhosa sastra. Il se rend ensuite au mont Tiantai (jap. Tendaï-san) sur la tombe de Tche-yi (538-597), fondateur de Tiantai. Il étudie les doctrines de l’école, le dhyana et le samadhi, dans son monastère principal, le Guoqingsi. En 855 il se rend à Chang'an où il s'instruit sur l'onction (skt. abisheka - jap. kanjo 灌頂) au Qinglongsi. Il approfondit ensuite ses connaissances en ésotérisme au monastère Daxingshansi, premier centre de traduction vajrayana en Chine, puis en 856 auprès du moine Liangxu au Kaiyuansi de Yuezhou près de Shaoxing. Il retourne ensuite au Guoqingsi où il établit une salle de méditation à l’intention de ses compatriotes.

Il rentre au Japon en 858, rapportant avec lui de nombreux textes bouddhiques et des objets de culte. Après un un bref séjour au temple de Kanakura (金倉寺), 76e des 88 stations de pèlerinage de Shikoku, il est affecté au Sanno-in (山王院) situé au pied du mont Hiei, dédié au kami protecteur de la montagne et de l’école. Il se rend souvent à la cour où ses doctrines trouvent un écho favorable ; en 864, il administre l'onction à l'empereur Seiwa ainsi qu'à une trentaine de courtisans. Il est nommé en 866 abbé du Mii-dera, dont il sollicite officiellement la transformation en centre d’enseignement ésotérique en 868, lorsqu’il est promu abbé du Enryaku-ji et donc 5e patriarche de Tendaï.

Les disciples d’Ennin, 3e patriarche mort en 864, n’acceptent pas ce choix. La querelle aboutit à la fin du Xe siècle à la scission de Tendaï en deux écoles : Sanmon (山門), « école du Mont », lignée d’Ennin basée au Enryaku-ji, et Jimon (寺門), « école du Temple », lignée d’Enchin basée au Mii-dera.

Enchin gravit les échelons de la hiérarchie monastique : Hogen (法眼 Pont de la Loi), Hoko (法橋 Œil de la Loi) en 890, et à sa mort en 891 Maitre Ajari (阿闍梨).

Écrits et pensée

Il est en particulier l’auteur des commentaires du Traité du Lotus - Hokke Ron Ki (法華論記) et du Sutra Vairocana - Dainichikyo Shiiki (大日經指歸) ainsi que du Juketsu Shu (授決集), qui constituent les textes de base de l’enseignement de Jimon. On lui doit aussi le Hokke Gengi Ryakuyo (法華玄義略要), condensé du Sens du sutra du Lotus de Zhiyi, et le Koen Hokke Gi (講演法華儀). En 868, il transforma le pavillon Ninjuden (仁寿殿) du Mii-dera en une bibliothèque pour les textes apportés de Chine, le Toin (唐院).

Bien que l’intérêt pour l’ésotérisme ait été partagé par les autres grands moines de Tendaï, à commencer par Saicho et Ennin, Enchin se distingue par l’emphase qu’il place sur cette forme de bouddhisme. Il propose une interprétation ésotérique du Sutra du Lotus et adopte le Sutra Vairocana au cœur de son enseignement. Le bouddha Shakyamuni est assimilé à Vairocana. Par ailleurs, il accorde de l’importance aux vertus confucéennes qu’il lie au respect pour les dieux (kami) locaux, comme celui du mont Hiei.

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