Cathédrale d'Évry

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La cathédrale de la Résurrection Saint-Corbinien cathédrale diocésaine de confession catholique, dédiée à l'évêque Corbinien de Freising, située dans la commune d'Évry (Essonne). La cathédrale d'Évry est la seule construite en France au XXe siècle.

Situation

Comme jadis, la cathédrale est construite au cœur du centre-ville à proximité directe de l'hôtel de ville, de l'hôtel de la chambre de commerce et d'industrie de l'Essonne, non loin de l'université d'Évry-Val d'Essonne, de la gare d'Évry - Courcouronnes et du centre commercial Évry 2. Elle est complétée par la maison diocésaine et le monastère de la Croix et de la Miséricorde des dominicaines. Jean-Paul II.

Histoire

Nommé au siège épiscopal de Corbeil-Essonnes en 1978, Monseigneur Herbulot découvre l'église Saint Spire de Corbeil-Essonnes érigé en cathédrale lors de la partition du diocèse de Versailles en 1966 et un évêché situé à quelques kilomètres de là, à Saint Germain lès Corbeil dans une ancienne école primaire. Le centre "vital" du département est, pour sa part, à proximité de la préfecture dans la ville nouvelle d'Évry.

La première étape est le transfert en 1984 de l'évêché dans une nouvelle "maison diocésaine" fonctionnelle située sur un terrain vague près du futur centre de la ville d'Évry. Œuvre de l'architecte Jean-Paul Ganne elle est, déjà, réalisée en brique. La municipalité avait, pour sa part, prévu le transfert de la mairie édifiée alors dans le village non loin de la Seine.

L'étape suivante est celle de l'édification du lieu de culte. Évry ne possédait, à l'époque, que l'église du village dédiée à Saint Pierre et Saint Paul ainsi qu'une église moderne, construite à moindres frais dans les premiers "nouveaux quartiers", ressemblant plus à un hangar qu'à un lieu de culte : Notre Dame de l'Espérance. La municipalité socialiste était pour sa part très favorable à l'édification d'une cathédrale, le maire considérant qu'une ville-préfecture sans cathédrale n'en était pas vraiment une.

En dehors des fonds, il fallait également un architecte. L'évêque se tourna alors vers Mario Botta, un architecte suisse qui s'intéressait à l'humanisation du nouveau centre-ville. Il était d'autre part, dans ses réalisations, spécialiste du travail de la brique. C'est, en effet, ce matériau hautement symbolique, (on y retrouve les quatre éléments,terre, eau, air et feu) qui a été choisi pour le nouveau centre ville. La cathédrale porterait le nom de "Cathédrale de la Résurrection" et serait dédiée à Saint Corbinien, premier évêque de Freising-Munich, né au VIIIème siècle près d'Arpajon sur le territoire du futur diocèse. Dès les premières esquisses, Botta proposa une forme cylindrique taillée en biseau. Le 3 mai 1990, une délégation comprenant Monseigneur Herbulot, le Père Bobière Vicaire Général et l'architecte était reçue au Vatican par Jean-Paul II pour lui présenter la maquette de l'édifice.

À Pâques 1991, Monseigneur Herbulot bénissait les trois premières pierres. Le chantier ne commençait réellement qu'en juillet 1992. Les fondations terminées au mois de novembre, l'ossature constituée d'un double cylindre de béton pouvait être édifiée. Elle était achevée en mai 1993. La pose des 800.000 briques de Toulouse, destinées à l'habillage intérieur et extérieur, commençait alors. En octobre, l'évêque procédait à la bénédiction des cloches. En octobre 1994 étaient plantés les vingt-quatre tilleuls argentés du toit. Un défaut de conception de ce dernier, nécessitant son remplacement, devait entraîner un retard d'un an d'une partie du chantier.

La cathédrale était ouverte le mardi 11 avril 1995 à l'occasion de la messe chrismale. Le jour de Pâques, 16 avril, était célébrée la première messe dominicale. Moins de dix ans avaient suffi pour financer et mener à bien la construction.

Description

Mario Botta, connu pour ses réalisations et notamment le San Francisco Museum of Modern Art, explique avoir été inspiré par les constructions byzantines et romanes d'Italie du nord pour la sobriété des formes et l'utilisation de matériaux bruts utilisées dans l'architecture de cette nouvelle cathédrale. Cette inspiration byzantine se retrouve dans la forme choisie, le cercle, fortement symbolique, car étant la première forme des habitations humaines, la forme spontanée de regroupement des assemblées et le symbole de la perfection divine, l'architecte reprenant les propos de Saint Augustin : « Dieu est semblable à un cercle dont la circonférence est partout et le centre nulle part ».

Le bâtiment adopte ainsi un plan cylindrique d'un diamètre de trente-huit mètres avec une emprise au sol de mille six cents mètres carrés, sur des fondations profondes repose une ossature constituée d'un double cylindre de quatre mille mètres cubes de béton recouverts de huit cent quarante mille briques artisanales, son point culminant orienté au nord-ouest atteignant trente-quatre mètres5. La forme cylindrique empêchant la mise en place d'une véritable façade, l'architecte décida de couper le cylindre en biseau, la pente orientée vers le sud-est, plaçant le point bas du toit à dix-sept mètres du sol. Ce toit est percé de deux larges verrières en escalier et en arc de cercle apportant une lumière zénithale, au centre desquels se trouve une charpente métallique en triangle reposant sur trois corbeaux. Le toit est sommé par une couronne de béton, éclairée d'or la nuit et surmonté par vingt-quatre tilleuls argentés, symbole de vie, de résurrection, des vingt-quatre heures du jour, des douze apôtres additionné des douze tribus d'Israël. Ils sont plantés dans mille deux cents mètres cubes de terre végétale. Au nord-ouest, au-dessus d'une excroissance renfermant un escalier, se trouve un campanile soutenant cinq cloches et une croix métallique, le tout pesant trois tonnes. Trois portails permettent d'accéder à la cathédrale, le traditionnel au sud-est, le portail de cérémonie à l'ouest, surmonté d'un pont pour l'accès au musée, et le portail de l'est, les deux derniers donnant de plain-pied dans la nef.

La nef occupe un cylindre de vingt-neuf mètres de diamètre, son sol placé en contrebas de l'entrée principale, comme dans l'ancienne église paroissiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, est couvert de granit noir. L'accès au chœur, large de quinze mètres et derrière lequel se trouve un vitrail symbolisant un arbre, se fait par un déambulatoire avec des marches "au pas de l'âne", larges et peu élevées, éclairé lui par douze vitraux œuvres de Kim En Joong de douze couleurs, du gris au blanc, symbolisant les douze apôtres et la progression des ténèbres vers la lumière8, mais pour l'artiste « une couleur ne correspond pas à un apôtre en particulier. On ne peut pas mettre un nom sur chaque vitrail ». Au-dessus de ce chœur, une volute accueille le musée Paul Delouvrier et le Centre d'art sacré. Au centre du chœur, l'autel est en marbre blanc de Carrare, son pied descend jusqu'au centre de la crypte où sont disposées vingt-quatre tombeaux pour les évêques du diocèse. À gauche du chœur le baptistère cylindrique, lui aussi en marbre blanc, permettant les baptêmes par immersion, pèse neuf tonnes. La cathèdre de l'évêque à droite est mise en valeur par une disposition particulière des briques.

Au fond de la nef, sous l'entrée principale au sud-est se trouve la chapelle de Jour, aussi appelée chapelle du Saint-Sacrement, de forme octogonale, symbolisant les sept jours de la semaine plus celui de la Résurrection. Elle est éclairée par un puits de lumière au levant derrière l'autel, le sol est couvert de dalles de granit noir polies et brutes dessinant un labyrinthe rappelant celui de la cathédrale Notre-Dame de Chartres. Le mobilier de la cathédrale a lui aussi été conçu par l'architecte Mario Botta et réalisé en chêne de Bourgogne.

Les cinq cloches ont été baptisées, la plus grosse, Mario Maria Giuditta Tobia Tomaso pèse six cent quarante kilogrammes et sonne en Sol3, la seconde, Corbinien pèse quatre cent cinquante kilogrammes et sonne en La3, la troisième, Marie pèse trois cent cinquante kilogrammes et sonne en Si3, la quatrième, Antoinette Marie-Thérèse-de-Saint-Augustin pèse cent quatre vingt dix kilogrammes et sonne en Ré4 et la cinquième François-Michel pèse cent cinquante kilogrammes et sonne en Mi4. L'édifice ainsi réalisé permet la participation de mille quatre cent fidèles, avec huit cent places assises.

Les œuvres d'art

L'escalier "au pas de l'âne" qui conduit du portail principal au baptistère est éclairé par douze vitraux abstraits : douze couleurs, douze apôtres. Le premier vitrail en grisaille signifie la terre, l'ombre d'où jaillira la lumière ; le douzième, blanc et bleu pour dire la lumière, le ciel. Ils ont été dessinés par le Père Kim En Joong, prêtre dominicain d'origine coréenne. Auteur d'œuvres résolument abstraites, il se déclare amoureux des couleurs, mais pour lui "une couleur ne correspond pas à un apôtre en particulier. On ne peut pas mettre un nom sur chaque vitrail". Le Père Kim est également l'auteur des vitraux qui encadre les deux principaux portails.

Le baptistère se trouve à l'entrée du chœur, visible. Offert, tout comme l'autel, par le diocèse de Munich, il est taillé dans un bloc de marbre de Carrare et sa forme ronde rappelle celle de la cathédrale. Il est aujourd'hui protégé par un couvercle transparent destiné à empêcher de stupides visiteurs d'y jeter des pièces de monnaie. L'évêque a voulu, par sa forme, renouer avec la tradition des baptêmes par immersion tels qu'ils étaient pratiqués dans l'Église primitive. Ce choix est d'autant plus justifié que se multiplient les baptêmes d'adultes. Pour des raisons de commodité, ce type de baptême n'est cependant pratiquée qu'exceptionnellement à la cathédrale. Lors des baptêmes traditionnels, le prêtre y puise l'eau pour en asperger le front du catéchumène.

Contrairement à ce que pensent certains visiteurs, les croix de consécration placées dans le fond de la cathédrale ne sont pas le Chemin de Croix. Ici pas de tableaux plus ou moins figuratifs représentant la Passion du Christ. Placé dans l’escalier qui descend vers le chœur, il est constitué de trois grandes plaques de bois pétrifié poli provenant de l’Arizona, de deux arcs et d’une croix en bronze doré. C'est l'œuvre de Jean-Christophe Guillon, un artiste grenoblois.

Le premier panneau de couleur rouge représente le monde romain. Il intègre à lui seul les sept premières stations. Le second, de couleur noire, placé verticalement, rappelle la mort du Christ "debout" sur la Croix, les nervures blanches étant l’annonce de la Résurrection. Les arcs de bronze, portant gravés les numéros des stations, qui séparent les deux premiers panneaux symbolisent la Couronne d’épines. Le troisième panneau, le plus blanc, est une "quinzième" station, celle de la Résurrection. Il rejoint la Croix de gloire en bronze.

Historiquement, le tabernacle était destiné à recevoir les hosties consacrées au cours de la messe pour constituer une "réserve" destinée aux malades ou aux fidèles n'ayant pu assister à l'office. Lieu de la présence réelle du Christ ressuscité, le tabernacle est placé non pas derrière l'autel, emplacement assez traditionnel avant la réforme liturgique, mais à gauche de celui-ci. De forme cubique, supporté par une poutre métallique, comme les autres sculptures, il est l'œuvre du sculpteur Louis Cane. Il est recouvert sur cinq faces de mosaïques inspirées des dessins utilisés dans la primitive Église. Les thèmes de la décoration sont les symboles habituels des premiers chrétiens : colombe, raisin, pain, poisson...

À l'opposé du chœur, la chapelle de Jour est située sous l'entrée principale, en léger contrebas de la nef. De forme octogonale, rappel du "huitième jour" celui de la Résurrection, elle est orientée à l'est (cette orientation traditionnelle des églises n'a pu être retenue pour la cathédrale en raison de la déclivité du terrain). Elle est éclairée par un "puits de lumière" situé derrière l'autel. Sur le sol en granit noir, un labyrinthe, imité de celui de la cathédrale de Chartres, symbolise le cheminement de la vie chrétienne. À l'entrée, une inscription indique l'emplacement d'une des premières pierres. L'autel et les sièges en chêne sont travaillés dans le même style que les bancs de la nef.

Le sculpteur Gérard Garouste a réalisé pour la chapelle trois œuvres en fer forgé doré. C'est tout d'abord une Vierge à l'Enfant. Son style particulièrement moderne peut surprendre. Seul le visage de Marie est représenté, sa tête et ses épaules sont recouvertes d'un manteau. L'Enfant Jésus porte lui aussi un manteau. Il est placé en avant de sa mère comme s'il avançait vers le visiteur. Chaussé d'une sandale, il lève son bras gauche en signe d'autorité, son visage sans âge est intemporel. La partie inférieure représente un buisson de roses, symbole du Rosaire, la prière à Marie par excellence.

Situé près du puits de lumière, le tabernacle, renfermant les hosties consacrées, évoque le pain de Vie : une corbeille contenant des pains est entourée de deux poissons.

La troisième sculpture est un Christ placé face à l'autel. Inspiré de l'évangile de Saint Jean, il représente un cep de vigne dont les branches constituent les bras de la Croix. Au centre, une pièce de bronze doré, ayant la forme d'une tête d'un bélier, représente le tombeau vide, la pierre roulée, le Christ ressuscité et les gardes endormis. Au dessus, à la place de la traditionnelle inscription "I.N.R.I.", une autre pièce évoque la pierre angulaire, l'artiste y a gravé l'inscription "Je suis l'alpha et l'oméga" signifiant que le Christ est à la fois le commencement et la fin.

Le Musée Paul Delouvrier

Le Musée Paul Delouvrier est intégré dans la cathédrale, dans sa partie arrière. Le but était de réaliser un musée d'art religieux multicultuel. En 2004, le diocèse d'Évry-Corbeil-Essonnes rachete quatre des six étages des locaux dans le but d'en faire un musée d'art diocésain. En septembre 2007, le musée ouvre ses portes aux visiteurs. L'Agence Nationale d'Art Sacré reste propriétaire des deux derniers étages où elle organise périodiquement des expositions.

Le musée est organisé sur trois niveaux. Le premier accueille des expositions temporaires. Le deuxième est dédié à l'art contemporain avec plusieurs toiles données par des mécènes privés ou des artistes, notamment Gérard Fromanger, Anne Deguelle, Louis Cane, Colette Deblé. Le musée se donne ici pour objectif d'aider et d'offrir un tremplin aux jeunes talents. Le troisième niveau est consacré à l'art sacré liturgique dont un Christ au roseau attribué à Giovanni Caracciolo, aux toiles anciennes et à l'art sacré éthiopien. Une grotte artificielle présente les « Boîtes à Rêves » de Madeleine Schlumberger, miniatures d'évènements théologiques de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Galerie

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Le clocher
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Le tabernacle de Louis Cane
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Le baptistère

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