Céleste Boursier-Mougenot

Un article de Nezumi.

Céleste Boursier-Mougenot plasticien contemporain français né en 1961 à Nice; il vit et travaille à Sète.

Biographie et œuvre

De 1985 à 1994, Céleste Boursier-Mougenot, musicien de formation, a été le compositeur de la compagnie Side One Posthume Théâtre du metteur en scène Pascal Rambert.

A partir de 1994, Céleste Boursier-Mougenot réalise des installations. Ses matières premières sont le son et l'espace. Il est surtout célèbre pour ses installations sonores, notamment son concert de mandarins guitaristes, From Here to Ear. Il a été le premier artiste français lauréat de l’International Studio Program (PS1) à New York en 1998-1999. En 2009, il est lauréat du prix Les David de l’art contemporain.

À partir de situations ou d'objets les plus divers, dont il parvient à extraire un potentiel musical, il élabore des dispositifs qui étendent la notion de partition aux configurations hétérodoxes des matériaux et des médias qu'il emploie, pour générer le plus souvent en direct, des formes sonores qu'il qualifie de vivantes.

Déployé, en relation avec les données architecturales ou environnementales des lieux d'exposition, chaque dispositif constitue le cadre propice à une expérience d'écoute en livrant, au regard et à l’entendement du visiteur, le processus qui engendre la musique. Depuis quelques années, il étend sa pratique à la chorégraphie, en appliquant à des objets en mouvement sa démarche compositionnelle.

Il expose ses œuvres dans le monde entier. Céleste Boursier-Mougenot travaille depuis 1999 avec la Galerie Paula Cooper à New York, avec la Galerie Xippas à Paris, depuis 2006 et la Galerie Mario Mazzoli à Berlin depuis 2013.

Céleste Boursier-Mougenot est nommé pour le Prix Marcel Duchamp 2010

Expositions (sélection)

Œuvres (sélection)

  • Clinamen se présente comme une ou plusieurs piscines bleutées, à la surface de laquelle des bols de porcelaine blanche évoluent et tintinnabulent, créant ainsi un paysage visuel et auditif, à la fois apaisant et immersif. La simplicité apparente de l’installation est inversement proportionnelle à la fascination qu’elle exerce sur le visiteur. Les récipients, qui se percutent dans un bassin circulaire sous l’effet d’un léger courant, produisent une mélodie similaire à celle générée par des bols tibétains. La persistance rétinienne et auditive engendrée par le dispositif invite ainsi le spectateur-auditeur à s’abstraire de son environnement pour se concentrer exclusivement sur l’écoute.
    Rien ou presque n’est laissé au hasard dans le processus de composition très élaboré de ces piscines, pourtant nées dans l’appartement même de l’artiste. Car c’est en compositeur que Céleste Boursier-Mougenot configure les différents paramètres qui permettent la transformation de ces objets en un instrument sophistiqué capable de générer ses propres sonorités sans qu’aucun interprète n’intervienne. L’œuvre est d’emblée envisagée comme la transposition d’une partition en un dispositif visible qui génère une forme sonore.
    Cette installation a été exposée dans de nombreuses institutions culturelles: Vidéo sur Youtube
  • Acquaalta. L’acquaalta est cette inondation annuelle touchant la lagune vénitienne. Céleste Boursier-Mougenot imagine un paysage lacustre qui entraîne le visiteur dans une expérience visuelle, tactile et auditive modifiant sa perception des lieux : « le déploiement dans l’espace d’un dispositif, en relation avec un lieu ou une situation, correspond pour moi à ce que d’autres musiciens accomplissent en faisant des concerts. »
    En traversant cet espace inondé, le visiteur est introduit dans un flux d’images créant les prémices d’un voyage halluciné qui l’amènerait à naviguer à travers sa propre psyché. L’artiste complète ce paysage par un zombiedrone, principe qu’il a déjà expérimenté et qu’il définit ainsi : « un système de traitement du signal vidéo crypte les images, ne laissant apparaître sur l’écran que les parties en mouvement dans le cadre. Tout le reste se fond dans un noir opaque. L’effet saisissant de la transformation de l’image vidée de son message est accompagné par un son lancinant, provenant de la conversion du flux des images en un continuum sonore. »
    Les visiteurs parcourent l’exposition, leurs mouvements étant filmés et retransmis en direct sur les murs. Tous se retrouvent sur une île, lieu d’un éboulement minéral où chacun pourra s’allonger pour mieux se noyer dans les images environnantes. Tout au long du parcours, le visiteur est acteur de l’exposition, son sujet et son objet. Le rapport entre nature et culture est ici renversé, l’artiste étant un simple médium, permettant aux visiteurs de donner des formes à leur sensations, soit l’oubli de soi face à des images et des sons hypnotiques.
  • Rêvolutions a été sélectionné pour représenter la France à la 56e Biennale internationale d'art de Venise 2015. Le comité de sélection a choisi ce projet pour son association de l’imaginaire et de la contemplation à une réflexion subtile sur les systèmes de contrôle de l’homme et de la nature, des notions d’hybridation et de vivre ensemble. L'enjeu est de transformer le pavillon en « îlot organique », où les arbres, habituellement statiques, deviennent mobiles.
    Trois pins sylvestres d’environ 5 m de hauteur dansent une chorégraphie en fonction de paramètres issus de leur métabolisme, de façon discrète. Les arbres se meuvent selon des renseignements envoyés par trois types de capteurs embarqués : des sondes Granier pour mesurer leur métabolisme, donnée la plus importante pour l’artiste, des capteurs de localisation de type GPS et des télémètres laser pour éviter que les arbres, dans leur mouvement, ne se percutent ou percutent une personne. Les arbres évoluent donc en fonction de leur métabolisme, des variations du flux de leur sève, de leur sensibilité aux passages de l’ombre à la lumière. Cette hybridation de la machine et de la nature suggère une vision animiste des arbres. La nature reprend ainsi possession des algorithmes inventés à l’origine pour la diriger.
    L’œuvre est inspiré par des découvertes scientifiques récentes car la botanique vient de démontrer que les plantes généraient des courants électriques de faible tension (1 à 10 millivolts) en fonction de la différence de potentiel entre elles et leur substrat. Ce courant se traduit par des signaux qui, dans le cas des arbres de l’installation, sont reconditionnés et amplifiés afin de composer une pièce musicale diffusée en directe dans les salles adjacentes.vidéo sur Dailymotion

Galerie

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Clinamen , Tokyo, 2013
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aquaalta, Palais de Tokyo, Paris 2015

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Averses, Biennale de Lyon 2015
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Rêvolutions, Venise 2015

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