Bruno Perramant

Un article de Nezumi.

Bruno Perramant plasticien contemporain français né en 1962 à Brest
Bruno Perramant vit et travaille à Paris.

Biographie et œuvre

Résidences

  • Domaine de Certes (DRAC Aquitaine, Conservatoire du Littoral), Audenge, 1990-1991
  • La Napoule Art Foundation, mars-avril 1993
  • Villa St-Clair, Sète, été 1994
  • Marunuma Residence, Tokyo, 1994-95
  • Villa Medicis Hors les Murs, AFAA, New-York, 1999
  • Villa Médicis, Rome, 2007-08

La peinture de Bruno Perramant s’inspire des méthodes d’élaboration de fictions telles qu’elles se pratiquent au cinéma. Il est l'héritier direct du mouvement de la Figuration narrative. Du simple croquis au storyboard complet qui présente le déroulement de l’histoire, ces éléments guident la réalisation de l’œuvre. Ils rencontrent l’intérêt qu'il porte au processus de réalisation plutôt qu’au résultat, et lui suggèrent de nouvelles formes polyptyques.

Bruno Perramant travaille souvent par séries, élaborant son œuvre dans un rapport à l’histoire de l’art fortement ancré dans un réel qui n’existerait que dans l’apparition. Son travail il nous offre, à grands coups de pinceau d’une peinture très liquide, des images symboliques de nos mythologies contemporaines. C’est encore le spectacle du quotidien que Bruno Perramant révèle dans La Couverture rouge – Léviathan, avec ce personnage coupé du monde. Le spectateur devient voyeur et contemple l’intimité des autres, comme face à un film sous-titré, on s’interroge sur la cohérence entre l’image et le texte dans Au bord de l’eau. L’abstraction s’y mêle à la représentation figurative, nourrie de références picturales historiques, impressionnistes en particulier.

Pour Révolution, 2001 Polyptique de 5 toiles (Centre Pompidou) , son travail est composée de deux grands paysages et de trois tableaux de plus petit format. Cette œuvre inspirée d’un documentaire sur le terrorisme dans les années 70 morcelle son sujet en séparant ses différentes composantes, le cadre spatial, les personnages, répartis sur plusieurs supports. Ainsi étudiées tour à tour, elles sont comme des repérages, des notes prises pour un tournage ou un casting, avec des agrandissements et des plans larges. Ces éléments se rassemblent d’eux-mêmes autour de la question que l’on devine écrite sur l’un des paysages : « Mais tous ces morts ?». Grâce à cet ensemble, l’artiste propose un embryon de narration.

Un couple flirte dans la verdure. Quatre toiles forment le polyptyque intitulé Love Story n° 2 (2004), comme les croquis d’un story-board ou quatre prises de vue faites à la volée. Une petite histoire semble se dérouler, ce couple est peut-être dans un jardin, dans la nature. Face à l’homme agenouillé, la femme assise passe la main entre ses jambes ; l’homme s’étend ensuite sur sa compagne, allongée sur le dos, les jambes légèrement ouvertes ; puis les attitudes s’inversent et l’homme tient la femme contre lui, dans ses bras ; enfin on discerne le visage de l’homme, pensif et lointain, tandis que sa compagne reste allongée à ses côtés. La rapidité d’exécution de l’œuvre est manifeste, lisible sur la couche picturale peu épaisse, raclée et parfois lacunaire. La verdure qui environne le couple est tracée à grands coups de pinceau et la peinture, très liquide, a même coulé sur lui. Resserrée sur l’homme et la femme, la composition est cadrée à la manière d’une scène filmée. Le spectateur semble devenir le voyeur qui s’invite à contempler l’intimité d’autrui.

En 2013 Le peintre expose ses toiles de souffleurs. Le héros de cette histoire sans parole, puisqu’il ne parle plus, est un proche. Dont on ne saura rien. Sinon que c’est un vieil homme chenu, aux airs de Matisse tenant son fusain au bout d’un bambou, de musicien ou de souffleur de verre. Dans cette suite énigmatique de petits tableaux, Perramant affuble son héros de toutes sortes de tubes, protubérances prolongeant sa bouche. Le plus souvent, une longue tige de bois évidée dont aucun son ne semble sortir. Sauf peut-être une musique intérieure.

Bruno Perramant déclare : « Une œuvre est le lieu d’existence du présent et le présent d’une œuvre est comme un accord plaqué. Un accord musical est composé de plusieurs notes dans une durée égale. C’est peut-être une image à appliquer aux polyptyques. Des présents compatibles. Le présent perceptible comme un point, non pas un point qui se déplace sur l’échelle d’une durée mais un point où se croisent différentes strates, différentes couches temporelles »

Expositions (sélection)

  • 1988 ODC, Aix-en-Provence, France
  • 1994 Matsuzakaya, Tokyo, Japan
  • 1995 Z.a. Mocca Foundation, Tokyo, Japon
  • 2002 « Voilà la France », Ce. S.A.C., Caraglio , Italie
    • « Lieber Maler, male mir ... , Kunsthalle », Vienna, Austria
    • « Peintures : contrainte ou recette », Ecole des Beaux-Arts, Rennes, France
  • 2003 FRAC Auvergne, Clermont-Ferrand
  • 2005 «Nouvelles vagues», collection du MNAM, Centre Pompidou,
  • 2006 « Le Mouvement des images / Art, cinéma », Centre Georges Pompidou, Paris, France
  • 2007 « Être présent au monde » Musée d'art contemporain du Val-de-Marne
  • 2008 «Nouveaux spectres», In Situ/Fabienne Leclerc, Paris, ; «Nuovi Spettri», Villa Medicis, Rome, Italia
  • 2012 «Les aveugles», Collège des Bernardins, Paris
  • 2014 «Le Maître des anges rebelles», Galerie In Situ - Fabienne Leclerc, Paris
  • 2014 Avec et sans peinture, MAC/VAL

Galerie

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Love Story n° 2 (2004)

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La couverture rouge (Léviathan) , 2011
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Souffleur, 2013

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