Bonsai

Un article de Nezumi.

Un bonsai ou bonsaï, ou encore banzaï (japonais 盆栽, bansai) , est, selon la tradition japonaise, un arbre ou une plante dans un pot.

Histoire

Le mot signifie littéralement une plante (généralement un arbre ou un arbuste) cultivée sur un plateau ou dans un pot (盆 bon signifiant coupe ou plateau et 栽 sai, plante).

La culture des plantes dans des pots a débuté en Égypte il y a environ quatre mille ans, essentiellement pour des raisons pratiques, d'utilité et de mobilité. Les Grecs, Babyloniens, Perses et Indiens en copièrent la technique. Les Chinois furent les premiers à cultiver des arbres dans des pots dans un but esthétique, à l'ère de la dynastie des Han (-206 à 220). À cette époque on ne parlait pas encore de bonsaï, mais de penjing (pénjǐng 盆景) (représentation d'un paysage dans une coupe). Peu après, sous la dynastie Qin (220 - 581) apparurent les 盆栽 pénzāi (arbre unique dans une coupe).

Un événement marqua la fin du siècle du XIe siècle, celui de l'entrée du bouddhisme zen au Japon. Des influences nouvelles venues de Chine apparurent au Japon imprégnant principalement les hautes classes de la société. Durant l'Ère Kamakura (1192 à 1333), les bonsaïs étaient assimilés à des objets d'art. Ils symbolisent l'éternité et l'harmonie entre l'homme et la nature. Ils étaient signe de grandeur pour les seigneurs de l'époque. Objets de luxe, ils évoquaient bien un nouvel état d'être dont le raffinement était poussé à l'extrême.

Le XVIIe siècle fut l'époque des grandes créations. Les principaux styles étaient déjà connus des éleveurs de l'époque. Le choix des arbres se portait sur un grand nombre de conifères et d'arbrisseaux couramment utilisés par ailleurs. Les bonsaïs étaient installés dans des grands vases en céramique, finement travaillés, aux couleurs vives et brillantes, ce qui donnait une véritable allure à ces arbustes de l'époque.

Au XIXe siècle, après la chute du gouvernement féodal en 1868, le pays ouvrit les portes d'une ère nouvelle. Le Japon tout entier, n'étant plus limité à lui-même, se tourna vers l'Occident. De ce fait, les échanges commerciaux se firent plus nombreux. Ainsi, les voyageurs et les grands collectionneurs transportèrent du Japon une moisson de plantes et d'arbustes peu connus. Le grand siècle de l'exotisme fit connaître les bonsaïs en Europe. Ces arbustes souvent centenaires et plus, se transmettaient en héritage comme un bien précieux et symbolisaient pour les Européens le raffinement nippon.

Pendant longtemps les bonsaïs furent réservés aux classes dominantes, féodales et religieuses, appréciant surtout les bonsaïs colorés. La première exposition nationale de bonsaïs à Tokyo date de 1914. Les pépinières les plus actives se trouvaient dans le quartier Bunkyô à Tokyo. Mais ces élevages durent déménager à Ômiya en 1925, deux ans après le tremblement de terre de Kanto en 1923. Les grands producteurs de bonsai avaient beaucoup souffert des incendies et ont décidé de s'éloigner de la ville jusqu'à Ômiya qui possédait une bonne terre pour nourrir les bonsaï, de l'eau pure et de l'air frais.

La culture des bonsaïs n'a été reconnue comme art au Japon qu'en 1934. Depuis lors, une exposition annuelle se déroule au musée d'Art de la capitale.

Les styles

Dimensions

Les bonsaïs sont habituellement groupés en trois catégories, selon leur dimensions ; de nombreux noms japonais distinguent avec précision les différents paliers, mais on les classe souvent d'après « le nombre de mains » qu’il faut pour les transporter, ainsi :

  • Mame ou Shôhin : bonsaï à une main (jusqu'à 13 cm pour les Mame, et jusqu'à 23 cm pour les Shôhin), souvent très fascinant pour l’amateur ; on parle souvent de « mini-bonsaï ». Cette taille restreint de manière importante le nombre des variétés qui sont susceptibles d’être travaillées en mame : de trop grandes feuilles qui seraient difficilement réductibles donneraient à l’arbre une disproportion inesthétique (quelques variétés répandues : Buxus, Lonicera nitida, Acer palmatum, Pinus pentaphylla, Ulmus parvifolia, Juniperus chinensis, et Serissa, Carmona, Portulacaria).
  • Kotate-mochi ou Komono : bonsaï à deux mains, de 15 à 60 cm, jusqu’à 130 cm, puis Chūmono jusqu’à 60 cm, est sans doute le plus répandu parmi les amateurs ; sa taille permet de travailler sa structure et sa ramification avec beaucoup plus de finesse, et ainsi donne plus de liberté créatrice au bonsaïka. À peu près toutes les variétés conviennent à cette catégorie.
  • Ômono: bonsaï à quatre mains (il faut en effet deux personnes pour porter ces grands bonsaïs), de 60 cm à 1,20 m voire plus, était autrefois au Japon un signe de la prospérité du propriétaire ; aujourd’hui, il reste un bonsaï imposant, et souvent vénérable par son âge.

Classification des bonsaïs en fonction de la forme qui leur est donnée. La création des styles renvoie constamment aux formes des arbres dans la nature. Cependant le bonsaï ne cherche pas le mimétisme avec la nature, mais l’évocation en miniature de la puissance de l’arbre : il doit posséder l'essence d’un grand arbre.

  • Chokkan : tronc droit formel. Très apprécié des puristes, la ligne que dessine le tronc est difficile à obtenir, il doit en effet être conique tout en restant parfaitement droit.
  • Tachiki (ou Moyogi) : Tronc droit informel. Le tronc révèle quelques courbes.
  • Shakan : tronc incliné, comme penché par le vent.
  • Kengai : tronc en cascade, il retombe en dessous du pot. De nombreux arbres poussant à flanc de montagnes donnent l’impression de « tomber dans le vide ».
  • Han-Kengai  : tronc en semi-cascade ; en général, le sommet de l’arbre le plus bas ne dépasse pas le bord du pot. On voit dans certains cas un autre sommet qui monte mais reste cependant assez bas.
  • Bankan : tronc tortueux s’enroulant sur lui-même en torsade. C’est l’image en Occident : « un arbre qui souffre », il s’inspire des arbres qui ont eu des difficultés dans leur croissance.
  • Bunjingi, dit style du lettré, du fait que ses créateurs étaient des personnages de l'aristocratie : ce style se distingue fortement des autres : le tronc mince reste dénudé sur une grande partie avant de montrer quelques masses de feuillages uniquement dans la partie aérienne. L’ensemble donne une impression de légèreté et une grande élégance.
  • Hôkidachi : en forme de balai, le tronc droit distribue tout le feuillage à partir du même point (situé au tiers ou à la moitié de l’arbre). Le feuillage se répand de part et d’autre dessinant un rond ou un ovale.
  • Fukinagashi, battu par le vent, à la différence du Shakan, les branches et le tronc expriment un même mouvement.
  • Neagari  : les racines sont exposées au-dessus du niveau de terre.
  • Sekijojû : les racines enserrent la roche avant de plonger dans la terre. Situation observable à l'état naturel en montagne où l'arbre a poussé sur une pierre et ensuite l'érosion a progressivement mis ses racines à nu.
  • Ishitsuki :l'arbre (ou les arbres) est planté dans la roche (celle-ci contient de la terre). Ce style représente les îlots rocheux qui bordent les côtes du japon.
  • Sabamiki : tronc fendu et déchiré.
  • Sharimiki : tronc écorcé à la façon des arbres soumis à des catastrophes naturelles.

Paysage miniature, forêt de bonsai :

  • Nom donné en fonction du nombre d’arbres : 2 : Soju, 3 : Sambon Yose, 5 : Gohon Yose, 7 : Nanahon Yose, 9 : Kyuhon Yose, + de 9 : Yose-ue. C'est le style le plus difficile à réaliser car il faut créer un ensemble et non un individu.

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Bonsai de palmier

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Pépinière de bonsai à Ômiya

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