Biennale de Lyon 2022
Un article de Nezumi.
La 16e édition de la Biennale de Lyon se tient du 14 septembre au 31 décembre 2022. Initialement prévue en 2021, elle a été repoussée à 2022, pour cause de COVID. Le thème retenu par les commissaires Sam Bardaouil et Till Fellrath « manifesto of fragility » raconte une civilisation en crise.
Propos
La 16e édition de la Biennale de Lyon affirme la fragilité comme intrinsèquement liée à une forme de résistance initiée dans le passé, en prise avec le présent et capable d’affronter l’avenir. Elle imagine un monde qui, au lieu de considérer la vulnérabilité comme une marque de faiblesse, l’exploite pour tenter de reprendre le pouvoir.
Elle est conçue comme une pluralité de voix résilientes qui se nourrissent de tendresse et s’épanouissent dans l’adversité. Des communautés se forment où le mot, l’image, le son et le mouvement se rencontrent, aboutissant à la rédaction d’un manifeste pour un monde irrémédiablement fragile.
Que ce soit à travers les problèmes qu’elles abordent ou les matériaux qu’elles utilisent, les diverses approches de ces artistes représentent des compréhensions variées de notre état actuel d’incertitude mondiale et ont le potentiel d’éclairer notre réflexion sur les voies génératives de résistance. En reconnaissant que les artistes, passés et présents, sont souvent parmi les voix les plus vulnérables de nos sociétés, l’exposition rassemble également des œuvres d’art et des objets couvrant des millénaires qui dévoilent leurs cicatrices et leurs difformités, partagent des récits oubliés de troubles et attirent l’attention sur les traces indélébiles du temps. Et c’est précisément là, au cœur de leur fragilité, que commence la promesse d’un monde véritablement changé.
Les lieux sont les Usines Fagor, macLYON, Musée Guimet, IAC-Institut d’art contemporain-Villeurbanne, Musée d’Histoire de Lyon- Gadagne, Lugdunum- Musée & Théâtres romains, Place des Pavillons (7ème), URDLA à Villeurbanne, Jardin du Musée des Beaux-arts, Musée de Fourvière, parc LPA-République, Parc de la Tête d'Or, Gare Lyon Part-Dieu.
Au MAC Lyon deux expositions présentent des points de vue singuliers:
Les nombreuses vies et morts de Louise Brunet part
de la vie méconnue de Louise Brunet, qui fut envoyée en prison pour son rôle dans la révolte des Canuts de Lyon en 1834, pour se retrouver quelques années plus tard dans un périlleux voyage de Lyon jusqu’aux fabriques de soie du Mont Liban. En brouillant les frontières entre réalité et fiction et en rassemblant une pléthore d’œuvres d’art, d’objets et d’archives couvrant deux millénaires. L’exposition propose une reconsidération de l’Histoire, comme une accumulation de nombreuses petites histoires, où les voix souvent oubliées d’une personne marginalisée deviennent centrales pour remettre en question l’écriture de la narration. En donnant à Louise Brunet la possibilité d’acquérir des corps, des genres et des âges différents, imaginés comme existant dans et en dehors de l’Histoire, l’exposition met en évidence le corps en tant que réceptacle d’une gamme stupéfiante d’expériences et de formes d’être. Racialisé, sexué, appauvri ou colonisé, le corps, et ses diverses représentations, devient un lieu de réflexion, de deuil et de célébration. En juxtaposant différentes conceptions du corps, en combinant une grande variété de médiums, de territoires et d’époques, l’exposition aborde une série de questions politiques, économiques et écologiques, où la fragilité est reconsidérée comme une source de résistance générative.
Beyrouth et les Golden Sixties revient sur un chapitre tumultueux du développement du modernisme à Beyrouth, de la crise libanaise de 1958 au déclenchement de la guerre civile en 1975. À travers 230 œuvres de 34 artistes et plus de 300 documents d’archives, l’exposition examine cette époque romancée d’influence mondiale à Beyrouth pour souligner comment les collisions entre l’art, la culture et les idéologies politiques polarisées ont transformé la scène artistique de Beyrouth en un microcosme des tensions dans cette région du monde. Incarnant elle-même sans doute un manifeste de fragilité, Beyrouth continue d’évoquer à la fois la vulnérabilité et la détermination et évoque des formes de résistance, suscitées par l’urgence du moment et le désir de ne pas être oubliée.
Artistes (sélection)
- Mohamad Abdouni
- Gabriel Abrantes
- Ann Agee
- Amina Agueznay
- Remie Akl
- Mohammed Al Faraj
- Hashel Al Lamki
- Abdullah Al Othman
- Julio Anaya Cabanding
- Giulia Andreani
- Mali Arun
- Dana Awartani
- Joachim Bandau
- Clemens Behr
- Nina Beier
- Semiha Berksoy
- Eugène Bideau
- Lucile Boiron
- Phoebe Boswell
- Sarah Brahim
- Leyla Cárdenas
- E. Caryocost
- Julian Charrière
- Jean Claracq
- Clément Cogitore
- Nicolas Daubanes
- José Dávila
- Philippe De Lassalle
- William De Niewkerque
- Daniel De Paula
- Sarah Del Pino
- Caroline Deschamps
- Michael Zeno Diemer
- Etienne Dinet
- E. Duneau
- Buck Ellison
- Eva Fàbregas
- Philipp Fleischmann
- Léo Fourdrinier
- Rafael França
- Chafa Ghaddar
- Olivier Goethals
- Pedro Gómez-Egaña
- Marta Górnicka
- Nicki Green
- Klára Hosnedlová
- Jr. Hudinilson
- Néstor Jiménez
- Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
- Nadia Kaabi-Linke
- Annika Kahrs
- Özgür Kar
- Mohammed Kazem
- kennedy + swann
- Michelle & Noel Keserwany
- Tarik Kiswanson
- Nadine Labaki & Khaled Mouzanar
- Richard Learoyd
- Hannah Levy
- Marie Lle
- Georges-Brunet Mahuet
- Randa Maroufi
- Lucy Mc Rae
- Jesse Mockrin
- Filwa Nazer
- Ailbhe Ní Bhriain
- Eva Nielsen
- Toyin Ojih Odutola
- Hans Op de Beeck
- Organon Art Cie
- Daniel Otero Torres
- Laurent Pecheux
- Aurélie Pétrel
- Joanna Piotrowska
- Carlo Portelli
- Christina Quarles
- François Réau (Fondation Bullukian)
- Erin M. Riley
- Sara Sadik
- Cemile Sahin
- Ugo Schiavi
- Markus Schinwald
- Sylvie Selig
- Seher Shah
- Jeremy Shaw
- Muhannad Shono
- Taryn Simon
- Kim Simonsson
- Valeska Soares
- Studio Safar
- Young-jun Tak
- Lucia Tallová
- Francisco Tamagno
- Philipp Timischl
- Salman Toor
- Evita Vasiljeva
- Puck Verkade
- WangShui
- Munem Wasif
- James Webb
- Hannah Weinberger
- Raed Yassin
- RuYi Zhang
- Yunyao Zhang
Jeunes artistes internationaux:
- Amandine Arcelli, née en 1991 à Montpellier
- Jimmy Beauquesne, né en 1991 à Courcouronnes
- Adji Dieye, née en 1991 à Milan (Italie)
- Olof Marsja, né en 1986 à Gällivare (Suède)
- Louise Mervelet, née en 1994 à Paris
- Pierre Unal-Brunet, né en 1993 à Lyon
Beyrouth et les Golden Sixties
- Shafic Abboud
- Etel Adnan
- Dia Al-Azzawi
- Fateh Al-Moudarres
- Adel Al-Saghir
- Farid Aouad
- Simone Baltaxé Martayan
- Alfred Basbous
- Joseph Basbous
- Michel Basbous
- Jumana Bayazid El-Husseini
- Assadour Bezdikian
- Huguette Caland
- Rafic Charaf
- Georges Doche
- Aref El Rayess
- Helen El-Khal
- Simone Fattal
- Laure Ghorayeb
- Paul Guiragossian
- Mia Habis & Omar Rajeh
- Farid Haddad
- John Hadidian
- Jamil Molaeb
- Nicolas Moufarrege
- Mehdi Moutashar
- Saloua Raouda Choucair
- Mahmoud Said
- Nadia Saikali
- Dorothy Salhab Kazemi
- Hashim Samarchi
- Mona Saudi
- Juliana Seraphim
- Cici Sursock
- Khalil Zgaib
Artistes classiques
- Henri-Gatien Bertrand
- Louis Boulanger
- Louis Bouquet
- Nicolas Guy Brenet
- Joseph-Auguste Brunier
- Jean-Baptiste Charlier
- Vittorio Amedeo Cignaroli
- Antoine Coysevox
- Pierre Combet-Descombes
- Alexandre-François Desportes
- Johann Ludwig Rudolph Durheim
- D. Gros
- Lucien Jonas
- Jean-Baptiste Monnoyer
- Alexandre Promio
- Augustin Thierriat
- Vachon-Imbert
- Abraham Van Der Eyk
- Alessandro Varotari dit Padovanino
Galerie
Ugo Schiavi, Grafted Memory System, 2022
Sylvie Selig, Weird Family
Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Where is My Mind?, 2020
