Art cinétique

Un article de Nezumi.

L'art cinétique et optique est un courant artistique fondé sur l'esthétique du mouvement.

Fondements

De tout temps, les artistes ont voulu représenter ce qui bouge, le mouvement et la lumière ; mais leurs œuvres, figuratives et forcément immobiles, n'en rendaient que l'idée. Il y a un siècle, en 1913, en fixant une roue de bicyclette sur un tabouret et en la faisant tourner, Marcel Duchamp montre que le mouvement et la lumière sont un matériau artistique comme un autre ; il ouvre la voie aux recherches cinétiques et optiques

Ces artistes conçoivent la création artistique comme l'invention de dispositifs qui remettent en cause à la fois la définition de l'art et la position du spectateur, appelé à se soumettre à des épreuves. Le modèle est celui du laboratoire, le principe d'une recherche entre sciences exactes et phénoménologie.

Le mouvement est principalement représenté en sculpture où l'on a recours à des éléments mobiles. Mais l'art cinétique est également fondé sur les illusions d'optique, sur la vibration rétinienne et sur l'impossibilité de notre œil à accommoder simultanément le regard à deux surfaces colorées, violemment contrastées. Dans ce dernier cas de cinétisme virtuel, on parle de Op Art.

Dans les années 1950 Alexander Calder invente le mobile, sculpture formée de fils et de pièces métalliques qui sont mises en mouvement par le déplacement de l'air ambiant. L'expression art cinétique est adoptée vers 1954 pour désigner les œuvres d'art mises en mouvement par le vent, les spectateurs et/ou un mécanisme motorisé.

Les premières œuvres optiques sont basées sur le contraste entre le blanc et le noir. C'est alors soit la persistance rétinenne, soit l'interprétation que fait le cerveau qui va donner naissance à une illusion d'optique ou de mouvement dans l'œuvre. Victor Vasarely et Bridget Riley expriment le mieux ce début de l'art cinétique. En 1955, Vasarely publie le Manifeste jaune qui théorise l'art optique et cinétique.

Un effet de moiré est obtenu en entrelaçant des lignes d'abord noires et blanches, puis en couleur. La superposition des trames donne l'effet d'une œuvre changeante et mouvante au spectateur qui se déplace alors que les couches de lignes sont immobiles. Alberto Biasi, Dieter Roth, Jesús Rafael Soto, Youri Messen-Jaschin ou encore Yvaral ont travaillé à de telles compositions.

Le GRAV : Certains artistes opto-cinétiques se sont réunis dans un collectif, le Groupe de Recherche d'Art Visuel (GRAV) avec pour but de permettre à tous de pouvoir approcher leur art (Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, François Morellet, Francisco Sobrino, Joël Stein, Yvaral). C'est pourquoi ils ont privilégié un art accessible directement par le spectateur où ce dernier peut toucher et manipuler les œuvres. Ainsi le manifeste du GRAV contenu sur un tract distribué lors de la 3e biennale de Paris en octobre 1963 s'intitulait Assez de mystifications et contenait les lignes suivantes :

« Nous voulons intéresser le spectateur, le sortir des inhibitions, le décontracter.
Nous voulons le faire participer.
Nous voulons le placer dans une situation qu'il déclenche et qu'il transforme.
Nous voulons qu'il s'oriente vers une interaction avec d'autres spectateurs.
Nous voulons développer chez le spectateur une forte capacité de perception et d'action. »

Quelques artistes cinétiques

Voir aussi

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