Animisme

Un article de Nezumi.

Le mot animisme a été inventé par le médecin allemand Georg Ernst Stahl pour réfuter la séparation platonicienne, puis cartésienne, entre le corps et l'âme et y opposer une vision de l’âme couvrant tout l’être humain. C’est uniquement par la suite que les limites sémantiques du mot vont inclure des synonymes comme paganisme.

Le biologiste Geoffrey Miller a montré que les chances de survie des humains étaient grandement augmentées s’ils développaient un mécanisme permettant de projeter des intentions sur les objets de leur milieu, en particulier bien entendu autres humains et animaux divers) pour prédire leurs réactions. Cette disposition a donc été favorisée par la sélection naturelle et l’animisme pourrait en constituer une conséquence.

Les sociétés animistes peuvent être monothéistes ou polythéistes. En effet, on peut considérer qu’il y a une âme dans chaque objet et croire en un dieu créateur unique.

On distingue deux types d’animisme majeurs :

  • le chamanisme qui considère que seules de rares personnes peuvent entrer en communication avec les divinités à travers la transe ;
  • ou, comme le vaudou, une conception qui considère que c’est la divinité elle-même qui vient prendre possession des individus.

Grands principes

Edward Tylor est l’un des premiers sociologues à avoir établi une théorie intéressante sur l’animisme. Aujourd’hui, ses théories sont discutées, mais il n'en reste pas moins que le tylorisme a posé des concepts de base primordiaux qui ont permis de mieux définir et cibler l’animisme.

Ainsi, l’animiste croit en l’existence d’esprits ou de génies cohabitant avec les hommes et qui lui sont révélés chaque jour par des événements mystérieux participant à sa vie quotidienne.

Lors de rêves, fièvres ou sous l’effet de drogues, l’animiste considère qu’il se scinde en deux parties : le corps qui subit les altérations d’état, et l’âme, qui s’en échappe pour aller dans un ailleurs. Le sujet vit des événements fictifs, voit des choses qui n’ont pas lieu mais, pour l’animiste, si ces visions existent là, sous ses yeux, à des moments particuliers de sa vie, alors elles existent en permanence dans un ailleurs, de façon indépendante à lui-même. Il y a donc pour l’animiste deux réalités : une tangible et corporelle et une autre intangible issue du domaine des esprits.

Exemple : le fait que l’on puisse voir lors de visions l’image d’êtres morts prouve que les morts existent toujours sous une autre forme après la mort.

En partant de cette conception de base, on comprend le cheminement conceptuel établi par l’animiste : si un individu peut se dédoubler, puisque l’homme peut fréquenter les deux réalités, alors l’homme possède une part de lui-même qui peut aller où bon lui semble, dans le passé, le futur et ailleurs même. Cette croyance concerne aussi les animaux, végétaux et objets, puisque ceux-ci existent aussi dans nos rêves

Hiérarchisation de Tylor

  1. l’animisme : cette conception serait le point de départ de la pensée religieuse et se retrouverait chez les sociétés dites primitives.
  2. le fétichisme : souvent confondu avec l’animisme, le fétichisme serait en fait une version idolâtrée de ce dernier. L’homme attribuerait dès lors une dimension divine aux éléments terrestres avant de les réunir dans des Panthéons qui contrôleraient la destinée humaine. Ce phénomène découle logiquement de l’animisme comme étant une constatation de l’impuissance de l’homme à contrôler les événements de ses rêves et délires. Le monde spirituel, inaccessible à l’emprise de l’homme, est alors considéré rapidement comme supérieur à ce dernier...
  3. le polythéisme hiérarchisé : propre aux peuples « semi-civilisés ». On attribue un pouvoir croissant à certaines divinités au dépend des autres qui leur sont inférieures. Les divinités en question deviennent des dieux. De plus, ces divinités subissent une personnification importante au cours de cette évolution (cf. la mythologie grecque).
  4. le monothéisme : qui affirme l’existence d’un seul et unique Dieu créateur et régisseur du monde. C’est le choix d’une divinité supérieure dans le panthéon et que l’on monte au stade de divinité suprême et absolue. Le monothéisme serait donc l’aboutissement de toute religion aux yeux des tyloristes.

Il n’est cependant pas rare de rencontrer au sein même des civilisations animistes un dieu primordial, antérieur au restant des esprits, et donc une pensée de type monothéiste. Dans la mythologie grecque, le perfectionnement des dieux grecs va même vers une multiplicité et non une unicité de ceux-ci. Au début de la Cosmogonie, il n’y a que deux divinités primordiales, tandis que par la suite le panthéon s’élargit de façon considérable, spécialisant le rôle de chaque divinité.

L’animisme, à la différence des religions, ne tente pas de rassembler les peuples ni ne se soumet à une vérité seule et indivisible. Les animismes sont multiples. Ils possèdent des analogies, mais aussi des différences chez des clans peu distants géographiquement. À ce titre, il est bon de signaler que les totems n’ont pas fonction d’icônes ni d’idoles, mais de lien symbolique entre la nature et le sacré.

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