Aire de conservation du Ngorongoro

Un article de Nezumi.

L'aire de conservation du Ngorongoro, en anglais : Ngorongoro Conservation Area (NCA), est une zone protégée située dans le Nord de la Tanzanie, au sud-est du parc national du Serengeti.

Description

L'aire de conservation du Ngorongoro est située dans le Nord de la Tanzanie, à 180 kilomètres à l'ouest d'Arusha, dans le district de Ngorongoro de la région d'Arusha. Elle est entourée par les parcs nationaux de Manyara et de Tarangire au sud-est, les parcs nationaux d'Arusha et du Kilimandjaro à l'est, le site Ramsar du lac Natron au nord-est, le parc national du Serengeti qui constitue sa frontière au nord-ouest et le lac Eyasi qui constitue sa frontière au sud. D'une étendue de 8 288 km2, l'aire de conservation s'étend d'environ 960 mètres à 3 648 mètres d'altitude (mont Loolmalasin).

La plus grande partie de l'aire est constituée du massif du Ngorongoro, chaîne de montagnes, de cratères et de plateaux d'origine volcanique faisant partie de la vallée du grand rift. Ces reliefs stoppent les nuages venant du sud et de l'est qui déversent leurs précipitations (de 500 à 1 700 millimètres par an) qui, associées aux températures tropicales (jusqu'à 35 °C), permettent l'établissement d'une flore et d'une faune tropicale. Cette zone montagneuse est encadrée au sud par le lac Eyasi, au nord-est par le bassin du lac Natron et au nord et à l'ouest par la plaine du Serengeti.

La diversité des paysages entraînant des variations climatiques importantes sont à l'origine de la formation de nombreux écosystèmes préservés. En dessous de 1 300 mètres d'altitude, la savane herbeuse est prédominante à cause des faibles précipitations. Au-delà, elle laisse place à des broussailles puis une forêt tropicale dense formée de Croton species, Acacia lahai, Acacia seyal, Albizia gummifera, Podocarpus latifolius, Hagenia abyssinica et Olea chrysophylla. Yushania alpina couvre les pentes du mont Oldeani tandis que des genévriers d'Afrique se trouve sur le mont Makarut.

Le site de l'aire de conservation du Ngorongoro abrite plusieurs sites archéologiques dont quatre principaux : les gorges d'Olduvai, Laetoli, le lac Ndutu et l'abri sous roche de Nasera qui renferment des os fossiles d’Australopithecus boisei (1,75 million d'années), d'Homo habilis et de nombreuses espèces animales éteintes ainsi que des empreintes de pas d'hominidé datant de 3,6 millions d'années trouvées en 1975.

L'intérieur du cratère du Ngorongoro est occupé par une savane parsemée de lacs et de marais plus ou moins temporaires ainsi que de deux petites forêts de Acacia xanthophloea et Rauvolfia caffra (forêt de Lerai) et de Cassipourea malosana, Albizzia gummifera et Acacia lahai (forêt de Laiyanai). L'extrémité Est de la plaine du Serengeti qui se trouve dans l'aire de conservation du Ngorongoro est formée d'une savane parsemée de Acacia tortilis et Commiphora africana. Les bords du lac Eyasi sont couverts de Acacia mellifera et Dalbergia melanoxylon qui résistent bien aux conditions plus arides.

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Situation du parc

Faune

Situé dans une zone densément peuplée par une faune variée, l'aire de conservation du Ngorongoro est un lieu de transit et de séjour de nombreux animaux migrateurs, principalement des mammifères. Ces animaux se déplacent au fil des saisons entre le cratère du Ngorongoro, la plaine du Serengeti et le Kenya. En été, 1,7 million de gnous, 470 000 gazelles, 260 000 zèbres et des milliers d'autres mammifères, prédateurs et oiseaux, fuyant les conditions arides qui s'installent et recherchant des pâturages, quittent la plaine du Serengeti pour se réunir dans l'aire de conservation du Ngorongoro et plus particulièrement dans le cratère du même nom.

Ces mammifères sont surtout représentés par des ongulés comme le rhinocéros noir, l'éléphant d'Afrique, le Cobe des roseaux, le buffle, l'hippopotame, le gnou, le zèbre, l'éland, la gazelle de Grant et la gazelle de Thomson mais aussi par les prédateurs qui les suivent. Ainsi, le cratère du Ngorongoro abrite de nombreux léopards, chacals, hyènes, chats dorés africains, guépards et la plus forte concentration de lions d'Afrique tandis que les lycaons se font de plus en plus rares.

L'avifaune compte plus de 500 espèces d'oiseaux dont les plus communs sont l'autruche, le pélican, le flamant rose et le flamant nain mais aussi des espèces moins connues comme des rapaces (gypaète barbu, aigle de Verreaux, vautour percnoptère, busard pâle, faucon crécerellette, faucon taita, etc), des perroquets (inséparable de Fischer, etc), des passereaux (rouge-gorge européen, souimanga à ailes dorées, souimanga du Kilimandjaro, etc) et des oiseaux d'eau (tantale ibis, spatule africaine, avocette élégante, mouette à tête grise, etc).

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La vaste caldeira du Ngorongoro

Patrimoine mondial

L'aire de conservation du Ngorongoro, aujourd'hui gérée par le Ngorongoro Conservation Area Authority, est l'héritière d'une série de mesures en faveur de la protection de la nature qui débute en 1928 avec l'interdiction de la chasse dans la zone. L'année suivante, la réserve de chasse du Serengeti couvrant 2 286 km2 est créée et est transformée en parc national en 1951 en incluant la future aire de conservation du Ngorongoro. Cette dernière est détachée du parc en 1959 par l'ordonnance 413 afin de permettre le pastoralisme masaï jusqu'alors interdit dans la zone suivant le statut des parcs nationaux.

Le parc est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979.

Extraits de la décision:

Valeur universelle exceptionnelle

La zone de conservation de Ngorongoro (809,440 ha) s’étend sur de vastes étendues de prairies, de brousses et de forêts d’altitude, des plaines du parc national du Serengeti au nord-ouest jusqu’au bras Est de la vallée du Grand Rift. Elle a été établie en 1959 en tant que zone d’usage multiple des terres, la faune sauvage coexistant avec des pasteurs Massaï semi-nomades pratiquant l’élevage du bétail. Elle comprend le spectaculaire cratère du Ngorongoro, la plus grande caldeira du monde, avec ses vastes pâturages ainsi que les gorges d’Olduvai, un profond ravin de 14 km de long.

Le bien revêt une importance mondiale pour la conservation de la biodiversité, du fait de la présence d’espèces menacées à l’échelle mondiale (comme le rhinocéros noir), de la densité de la faune sauvage qui vit tout au long de l’année dans le cratère de Ngorongoro et les environs, et de la migration annuelle des gnous, zèbres, gazelles de Thomson et gazelles de Grant et autres ongulés vers les plaines du nord.

La région fait l’objet de fouilles archéologiques de grande envergure depuis plus de 80 ans et a livré une longue séquence de traces de l’évolution humaine et de la dynamique homme-environnement sur une période de près de 4 millions d’années jusqu’au début de notre ère. Ces traces comprennent : des empreintes de pas fossilisées à Laetoli, associées au développement de la bipédie humaine ; une séquence de l’évolution de diverses espèces d’hominiens dans les gorges d’Olduvai, depuis les Australopithèques tels que Zinjanthropus boisei jusqu’à la lignée Homo qui comprend Homo habilis, Homo erectus et Homo sapiens ainsi qu’une forme précoce d’Homo sapiens au lac Ndutu ; dans le cratère du Ngorongoro, des vestiges qui témoignent du développement de la technologie de la pierre et de la transition vers l’utilisation du fer. L’ensemble du paysage de la zone est considéré comme ayant le potentiel de révéler beaucoup d’autres traces de l’émergence de l’homme anatomiquement moderne, du comportement moderne et de l’écologie humaine.

Critère (iv) : La zone de conservation de Ngorongoro a livré une séquence exceptionnellement longue de témoignages cruciaux relatifs à l’évolution humaine et à la dynamique homme-environnement, sur une période de 4 millions d’années jusqu’au début de notre ère, notamment les traces physiques des principales étapes de l’évolution de l’homme. Bien que l’interprétation de nombre des associations établies dans les gorges d’Olduvai reste discutable, leur ampleur et leur densité sont remarquables. Plusieurs des fossiles types de la lignée des hominiens proviennent de ce site. De plus, les recherches futures sur le site sont susceptibles de livrer beaucoup d’autres témoignages sur l’émergence de l’homme anatomiquement moderne, du comportement moderne et de l’écologie humaine.

Critère (vii) : Le paysage extraordinaire du cratère de Ngorongoro, avec sa spectaculaire concentration de faune sauvage, est l’une des plus grandes merveilles naturelles de la planète. Un nombre exceptionnel de gnous (plus de 1 million) traverse le bien lors de la migration annuelle à travers l’écosystème du Serengeti et met bas dans les plaines à végétation rabougrie qui s’étendent de part et d’autre de la frontière entre la Zone de conservation de Ngorongoro et le Parc national de Serengeti. L’ensemble constitue un phénomène naturel d’une beauté véritablement exceptionnelle.

Critère (viii) : Le cratère de Ngorongoro est la caldeira intacte la plus grande du monde. Il fait partie, avec les cratères d’Olmoti et d’Empakaai, de la partie est de la vallée du Grand Rift, célèbre pour sa géologie et dont le volcanisme remonte à la fin du mésozoïque/début du tertiaire. Le bien inclut également le site de Laetoli et les gorges d’Olduvai qui contiennent d’importantes traces paléontologiques liées à l’évolution de l’homme.

Critère (ix) : Les variations du climat, des formes de relief et d’altitude expliquent les divers écosystèmes qui se chevauchent et les habitats distincts, avec des plaines à végétation rabougrie, des forêts d’altitude, la savane boisée, des prairies hautes montagnardes et des landes d’altitude. Le bien fait partie de l’écosystème de Serengeti, l’un des derniers écosystèmes intacts du monde accueillant de larges et spectaculaires migrations animales.

Critère (x) : La Zone de conservation de Ngorongoro abrite une population de quelque 25 000 grands animaux, principalement des ongulés, ainsi que la plus forte densité de prédateurs mammifères d’Afrique, notamment la population de lions la plus dense que l’on connaisse (estimée à 68 en 1987). Le bien abrite également plusieurs espèces menacées telles que le rhinocéros noir, le lycaon, le chat doré et 500 espèces d’oiseaux. Enfin, il accueille l’une des plus importantes migrations animales de la planète, notamment plus d’un million de gnous, 72 000 zèbres et environ 350 000 gazelles de Thomson et de Grant.

Intégrité

Le bien a été inscrit en 1979 sur la base des critères naturels (vii), (viii), (ix) et (x), et en 2010 sur la base du critère culturel (iv). Par conséquent, la déclaration d’intégrité reflète l’intégrité des valeurs naturelles à la date d’inscription en 1979 et de la valeur culturelle à la date d’inscription en 2010.

En ce qui concerne les valeurs naturelles, les prairies et forêts du bien abritent d’importantes populations animales, en grande majorité non perturbées par la culture au moment de l’inscription. Les paysages très divers du bien n’avaient pas subi l’impact du développement ou de l’agriculture au moment de l’inscription. L’intégrité du bien est également renforcée par le fait qu’il fait partie de l’écosystème Serengeti - Mara. Le bien jouxte le Parc national de Serengeti (1 476 300 ha), également inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en tant que bien naturel. La possibilité de circuler à l’intérieur de ces biens ainsi qu’entre ces biens et les paysages contigus, grâce à des corridors de faune praticables, est essentielle pour protéger l’intégrité des migrations animales. La chasse est interdite dans la Zone de conservation de Ngorongoro, mais le braconnage de la faune sauvage est une menace constante qui requiert des capacités en matière de patrouille et de lutte contre les infractions.

Le bien fournit des pâturages aux pasteurs Massaï semi-nomades. Lors de l’inscription, on estimait à 20 000 les Massaï vivant sur le site avec quelques 275 000 têtes de bétail, ce qui était considéré comme étant dans les limites de capacité de la réserve. Aucune agriculture permanente n’est officiellement autorisée à l’intérieur du bien. Il faut que la croissance future de la population Massaï et le cheptel restent dans les limites de capacité du bien, or la sédentarisation croissante, le surpâturage local et l’empiètement agricole constituent des menaces pour les valeurs naturelles et culturelles du bien. Il n’y avait pas d’habitants dans les cratères de Ngorongoro et d’Empaakai, ni dans la forêt, au moment de l’inscription en 1979.

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Entrée du parc

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