Économie du Pérou

Un article de Nezumi.

L'économie du Pérou est la sixième d’Amérique Latine, après le Brésil, le Mexique, l’Argentine, la Colombie et le Chili.

Généralités

Le dynamisme de l'économie du Pérou repose principalement sur les secteurs exportateurs et sur une forte augmentation de la demande interne, tirée par la consommation et l’investissement public et priv

Depuis la politique d'ouverture lancée au début des années 1990, l'économie péruvienne a connu de profonds changements. Des privatisations, pour un total de 10 milliards de dollars, principalement dans les secteurs de télécommunications et de l’énergie, ont été menées entre 1990 et 2000 et il ne subsiste plus aujourd'hui qu'une quinzaine de grands entreprises publiques. Outre la fin des contrôles de l’État, les différents gouvernements ont établi une politique monétaire restrictive, et ont mis en place un environnement fiscal favorable pour les investisseurs. Les conséquences de cette politique économique seront positives. Le taux de croissance du PIB a dépassé la barre de 9% en 2008, après une croissance de 8,9 % en 2007.

Après avoir connu une période d'hyperinflation au cours des années 80, la monnaie péruvienne connaît, quant à elle, une période de stabilité par rapport au dollar et aux monnaies européennes. Le taux d’inflation moyen s’est stabilisé autour de 3%, et reste depuis plusieurs années dans les limites de la fourchette fixée par la Banque Centrale du Pérou (entre 1 et 3%). Le taux de dolarisation de l’économie reste toutefois élevé, s’établissant à 60% des crédits en 2006 au secteur privé contre 82% en 2000. Parmi les grandes orientations financières, figure un axe majeur : la restructuration de la dette publique tant extérieure qu'intérieure. Elle a permis de voir passer la part de la dette interne en 5 ans de 22 à 29%, traduisant la confiance des marchés dans les obligations d’Etat.

Cependant, la pauvreté reste quand même très forte au Pérou. En 2008, dans les zones urbaines, l’extrême pauvreté touchait 5,8% de la population contre 21% en zones rurales, selon l’ONU dont le rapport précise que la proportion totale de pauvres (pauvres et extrêmement pauvres) au Pérou est passée de 54,4% en 1991 à 36,2% en 2008, pour une population totale de 28 millions de personnes.

Ressources

Le secteur de l'exploitation minière, le plus important de l'économie péruvienne, représente plus de 50 % des exportations avec des chiffres approximatifs de quatre milliards de dollars par an. Depuis 1993, le Pérou a doublé sa production de minerais. Les principaux minerais exportés sont le cuivre, l’argent, le zinc, le plomb, l’or, le fer, le molybdène, le tungstène, tous très demandés par les industries de haute technologie.

Le Pérou est un pays de tradition minière depuis l'époque coloniale. C'est ainsi que les mines d'argent et de mercure, exploitées par les espagnols, permirent la survie et le développement de toute l’Europe à l’époque de la Renaissance. La privatisation de l'industrie minière nationale, commencée sous le gouvernement péruvien en 1991, attira plus d’une centaine d'entreprises étrangères. 40% de ces investissements provient du Canada, le reste, d'Australie, des USA, du Mexique, d’Afrique du Sud, de Chine, de Suisse, du Royaume-Uni, du Luxembourg et d'Italie. Les entreprises publiques comme Centromin et Minero Pérou furent pratiquement désactivées et leurs biens liquidés.

Agriculture

Environ 36% de la population active travaille dans l’agriculture.
Le Pérou bénéficie d’un important potentiel grâce à la grande variété de ses climats.
Au premier rang, le maïs (10% des terres cultivées), le riz (7%), la canne à sucre, la pomme de terre, les haricots, le coton, le café (16e producteur mondial) et le blé.

Le Pérou est aussi le principal producteur de feuilles de coca au monde.

L’agriculture se développe dans les régions vallonnées car les autres subissent des conditions désertiques. Cette région concentre les vastes complexes agro-industriel, dont les cultures sont surtout destinées à l’exportation : la canne à sucre et le coton dans le nord, les asperges, les tomates, les raisins, dans le sud, entre autres. S’y cultive une très grande variété de légumes et fruits, tels que mangues, citrons, fraises, avocats, olives, oranges, pommes de terre, haricots, etc.

Les Andes présentent des écosystèmes et des climats variés, avec des températures allant de tempérées autour de 20°C dans les vallées, à glaciales inférieures à 0°C. Les cultures de cette région sont: tubercules (pommes de terre, oca…) céréales (orges, maïs, blé, kiwicha, quinua…) haricots, herbes aromatiques, oignons, ail, kakis, pêches, figues de barbarie, etc.

La Selva (type forêt amazonienne) couvre 59 % du territoire, elle est essentiellement couverte de forêts tropicales, avec des températures moyennes de 25°C.
Parmi les produits qui y sont cultivés : riz, café, cacao, maïs, manioc, palmier, thé et des fruits comme la banane, mandarine, ananas, carambole et de nombreuses espèces de bois comme le cèdre, l'acajou, le noyer.
L’agriculture des régions de montagnes et de forêt tropicale est essentiellement vivrière.

L’élevage au Pérou est une tradition millénaire. Entre autres, on élève des bovins, ovins, chevaux (venus avec les colons espagnols), porcs, poulets et les camélidés (lamas et alpagas, élevés dans les zones d’altitude) et des cochons d’indes (cuys), utilisés dans la gastronomie traditionnelle de nombreuses régions du Pérou.

Chèvres, lamas et alpagas fournissent non seulement de la laine, mais du cuir et des peaux.

80 % de l’élevage national se situe dans les zones de montagne, et les 20 % restants se répartissent entre les régions côtières et de forêts.

Pêche

Cette industrie s'est considérablement développée après la seconde guerre mondiale pour devenir un secteur clé de l'économie péruvienne, représentant une proportion importante des exportations. Le Pérou est l’un des premiers producteurs mondiaux de poisson, avec plus de 9.5 millions de tonnes par an.

Plus des trois cinquièmes des prises sont constitués d'anchois, utilisés pour fabriquer de la farine de poisson, produit dont le Pérou est le premier producteur mondial. Une grande partie de la pêche est destinée au marché interne (surtout les régions côtières) sous la forme de poisson frais et en conserve.

Tourisme

L’essor du tourisme au Pérou a été interrompu dans les années 80 par le terrorisme. Dans les années 90, avec la pacification du pays, fut créée la Commission Nationale de Promotion du Pérou (Promperú) ayant pour mission d’améliorer l’image du Pérou devant la communauté internationale.
Le Pérou possède des attraits touristiques archéologiques, historiques et culturels millénaires ; naturels et de biodiversité ; de cultures vivantes tels que les 44 groupes ethniques amazoniens ou les communautés queshua et aymara des régions d’altitude.

En 2011, le tourisme procure plus de devises que l’industrie de la pêche et que celle du pétrole au Pérou mais loin derrière l’industrie minière.
Le tourisme, en plus de générer des devises, permet aussi la création de très nombreux emplois, souvent dans des régions reculées où il n’existe aucune autre industrie et qui seraient vouées à se dépeupler s’il n’existait pas le tourisme.

Industries

Le Pérou est un pays encore peu industrialisé. Beaucoup des manufactures y sont à petite échelle, mais depuis 1950 des industries modernes se sont installées le long de la côte Pacifique. Les productions traditionnelles sont: textiles, agroalimentaire et artisanat.
Les produits fabriqués dans des usines grandes et modernes, la plupart situées autour de Lima sont : acier, pétrole raffiné, produits chimiques, traitement de minéraux, véhicules à moteur et farine de poisson.

En 2011, la production en électricité du Pérou était de 28 millions de KWh, plus de 80% d’origine hydroélectrique, et le reste provenant de combustibles fossiles.

Voir aussi les fiches cinéma Ann ; le cinéma de Nezumi; les artistes contemporains / Randonnées dans les Pyrénées

Voyages : les merveilles du Japon; mystérieux Viêt Nam; les temples et des montagnes du Népal ; le grand Istanbul; Afrique